Vives critiques quant au « désert de compétences »:Le chef de l’Etat remet les...

Vives critiques quant au « désert de compétences »:Le chef de l’Etat remet les pendules à l’heure

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Les Béninois, dans une relative majorité, se sont sentis indignés par l’expression « désert de compétences » utilisée par le président Patrice Talon à l’Elysée. En réitérant son propos, le chef de l’Etat, rentré hier mercredi 27 avril 2016, remet les pendules à l’heure.

« L’hyperbole » s’est avérée « choquante » pour beaucoup de ses compatriotes. Boutade ou emploi technique, l’usage de l’expression « désert de compétences » contenue dans la déclaration du président Patrice Talon à l’Elysée a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Mais le président de la République, Patrice Talon, ne démord pas. Sous un ton ferme, il réitère avec conviction ses déclarations. Une certaine lumière illumine désormais la pensée du chef de l’Etat. Le désert de compétences est la caractéristique de l’administration publique actuelle. Le chef de l’Exécutif, après un diagnostic, n’a trouvé mieux que de qualifier la fonction publique du Bénin de désert de compétences. En effet, du fait des diverses crises qui ont secoué le Bénin par le passé, le pays avait cessé de recruter des cadres dans l’administration publique depuis 1986. Cette situation avait duré près de la moitié d’une carrière. Il en est résulté qu’à partir de 2016, la fonction publique, bras opérationnel du président de la République, selon le professeur Albert Tévoédjrè, a connu d’innombrables départs à la retraite. Cette situation a occasionné une décadence dans l’administration de l’Etat.

Les causes d’une administration incompétente

En clair, il y a eu rupture dans la transmission des expériences à la nouvelle génération de recrues. Les compétences de la fonction publique ont été contraintes à faire valoir leurs droits à la retraite. En conséquence, l’administration publique se trouve très sérieusement handicapée par l’inexpérience de ses employés mus par le gain facile, la recherche effrénée de grands profits. Il s’agit en réalité d’attitudes inopérantes découlant du penchant des jeunes cadres, non pas à se cultiver, à renforcer leurs connaissances, mais à laisser libre cours à leur instinct corruptible. Par ailleurs, il est établi que le personnel de l’administration publique est insuffisant. De plus, il y a un manque criard de cadres reconnus spécialistes des sciences. Dans les formations sanitaires de référence, le défaut de spécialistes est à l’origine du fort taux de la mortalité. Nombre de cadres de conception de la fonction publique sont inopérants. Une quasi-inexistence de spécialistes qualifiés dans les secteurs de l’environnement, des questions de géopolitique ou géostratégie, s’observe. Les rares compétences du pays qui se reconnaissent comme telles, sont soient à leur propres comptes soit au service des pays étrangers. Ce qui explique leur forte présence en France. Le diagnostic révèle donc que l’administration publique ne dispose plus de cadres compétents en quantité et en qualité. Le sentiment d’apatridie de certains ajouté à l’inadéquation entre les effectifs insuffisants et peu performants ont fait dire à l’ancien président Mathieu Kérékou que les cadres africains sont des « intellectuels tarés ». In fine, le Bénin peut être considéré comme un « désert de compétences ». Au surplus, le Bénin sort d’un système politique qui a fait de la plupart des fonctionnaires sa serpillère. Au lieu de les former pour bien les utiliser, l’ex président Yayi Boni a cultivé en eux le goût de la paresse et de l’inconscience professionnelle. Seulement, point n’est besoin de généraliser l’expression à tous les Béninois qui y ont trouvé un mépris vis-à-vis de leur intelligence. Le secteur privé est un secteur dynamique et performant. Il crée la richesse, réduit le chômage et illustre fort bien qu’il utilise à bon escient une partie de l’intelligentsia béninoise. Seulement, Patrice Talon, en tant que président de la République, ne peut pas s’appuyer entièrement sur les cadres du secteur privé pour faire fonctionner l’administration publique.

Jean-Claude Kouagou

Actu Bénin

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