Visite du président béninois à l’Elysée:Talon veut rester ami de la France

Visite du président béninois à l’Elysée:Talon veut rester ami de la France

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Beaucoup croyaient que Patrice Talon allait faire les frais du rejet de la politique de la Françafrique au Bénin qui s’est traduit par l’échec de Lionel Zinsou, candidat de la France à l’élection présidentielle de mars 2016. Mais sa visite le mardi 26 avril 2016 à l’Elysée où il a rencontré François Hollande l’a rassuré. Il compte sur le soutien de la France pour réussir son mandat. Ce que l’ancienne métropole lui a garanti.

L’Elysée l’a soigneusement préparée. Cette visite officielle du président béninois, Patrice Talon, en terre française, la première du genre après y avoir trouvé exil deux ans durant alors qu’il était persécuté par le régime Yayi Boni, a de quoi rassurer et resserrer les liens entre les deux pays. En tout cas, François Hollande a mis les petits plats dans les grands pour mettre à l’aise son hôte. On sent du coup que la France qui a perdu la face dans la dernière élection présidentielle béninoise cherchait à engager un nouveau dialogue avec le nouvel élu du Bénin, en raison des enjeux très importants avec ce petit pays, ex-quartier latin de l’Afrique, colonie redoutée des gouverneurs français, vivier de cadres aux compétences dépassant les frontières, laboratoire de la démocratie en Afrique. En retour, Patrice Talon avait un devoir de reconnaissance à l’endroit de cette Grande nation d’Europe et du monde, berceau des civilisations, pays de justice et de grande liberté, qui lui a offert sa protection contre un régime de terreur, d’oppression, d’imposture, de privation de liberté et surtout de fossoyeurs de la démocratie acquise de hautes luttes.« C’est pour moi l’occasion M. le président de dire à la face du monde combien je voudrais remercier la France, les institutions françaises et la justice française pour l’accueil et la protection dont j’ai bénéficié pendant les quelques années d’exil que j’ai connues en France. J’aime bien le dire, je suis le témoin vivant de la grandeur de votre démocratie… », a-t-il témoigné d’entrée de jeu. Même si ce sujet n’était pas à l’ordre du jour, en bon africain, il a tenu à dire aux institutions françaises « Sobédo » qui, traduit du mina en français, veut dire merci pour hier. Maintenant, place aux choses plus sérieuses : les relations franco-béninoises. François Hollande a été le premier à prononcer son discours devant les médias après un long tête-à-tête. Il a rendu hommage à la démocratie béninoise pour le respect des différentes sensibilités et la transparence des élections. Il a salué le choix porté sur Patrice Talon pour diriger le pays avant de le rassurer que la France sera toujours à ses côtés, parce que c’est un ami, parce que c’est un pays de grande culture, parce que c’est un pays où il y a de cadres de haut niveau et un peuple vaillant.

Les enjeux de développement

En ce qui concerne les questions de coopération, François Hollande a annoncé que l’Agence française de développement (Afd) sera là avec les moyens qui sont les siens aux côtés du Bénin et qu’une mission se rendra dans le pays histoire de voir comment amplifier et réorienter ses interventions. Il a aussi rassuré son hôte que la France aidera le Bénin à trouver solution à la crise énergétique qui affecte sérieusement les populations. Le président français a reconnu qu’en matière de sécurité, le Bénin a appuyé la France en participant aux opérations de la Minusma pour intervenir au Mali pour chasser les terroristes et sur d’autres théâtres de tension en Afrique. Il souhaite que les deux pays puissent garder ce niveau de coopération. Et enfin, François Hollande reconnait que le Bénin apporte à la France où il y a beaucoup de cadres béninois qui rendent énormément service à l’économie française et qui peuvent faire pareil dans leur pays. En réponse à tout cela, Patrice Talon, bien qu’ému par l’accueil et la pertinence des sujets abordés, a déploré l’état de la coopération franco-béninoise estimant que celle-ci a traîné un peu les pas. Il a exhorté la France à donner plus d’ambitions à cette coopération. Dans son discours de réponse, le dirigeant béninois a réitéré son ambition d’opérer les réformes politiques et administratives pour améliorer la gouvernance. Patrice Talon qui souhaite profiter de cette coopération pour réussir son mandat a adressé au chef de l’Etat français ses doléances en matière de compétences dont il dit avoir besoin et pour lesquelles il compte sur la France pour les avoir. S’il faut les acheter, le président du Bénin est prêt à en payer le prix. Car, estime-t-il, aujourd’hui, il est difficile de les avoir gratuitement. Le nouveau locataire veut pouvoir compter sur la France pour avoir des cadres, de l’assistance technique pendant quelques mois, quelques années, le temps que le pays parvienne à former les cadres dont il a besoin. Pour la plupart des besoins qu’il a exprimés, Patrice Talon s’en remet à la France pour trouver des solutions. François Hollande l’a écouté avec un sourire bienveillant et a fait des promesses allant dans le sens d’un apport en compétences et d’assistance technique comme l’aurait voulu son hôte. Patrice Talon peut aussi espérer de l’assistance technique en matière de lutte contre l’insécurité et le terrorisme international. Si rien d’extraordinaire ne survienne, Patrice Talon veut gouverner en s’appuyant sur la France.

Fidèle Nanga

Actu Bénin

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