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Vérification de la gestion des frais du contribuable sous le régime Yayi : Les audits, et après ?

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L’administration béninoise, depuis l’avènement de l’équipe du Président Talon, connaît son coup de balai et d’assainissement. Au-delà des actes de suspension de certains décrets du régime défunt de Yayi, et la purge entamée dans l’armée, le président Talon entend connaître ce à quoi a servi l’argent du contribuable sous la gouvernance du docteur Yayi Boni.

À peine installée, l’équipe gouvernementale du président Talon a entamé des missions d’audits des sociétés d’Etat et toutes autres structures étatiques afin de « voir clair » dans la gestion de ces dernières les dix dernières années. Du commun des Béninois, l’initiative est non seulement à saluer mais également à encourager au vu de son but qui consiste désormais à mettre fin à ce mal qu’est l’impunité qui ronge le pays depuis des décennies et qui bloque malheureusement son développement.

Du port autonome de Cotonou aux différents ministères, en passant par le service de passation des marchés publics, tout est répertorié et sera désormais passé au scanner afin que les responsabilités soient situées et que les fautifs ou les présumés coupables de malversations répondent de leurs forfaits devant les juridictions compétentes.

Au nombre des audits entamés, figurent les mairies qui recevront, les jours à venir, la visite de ces experts en contrôle et d’audit. Les premiers rapports de ces audits, comme on pouvait en douter, épinglent des personnalités qui, en attendant le transfert de leur dossier à la justice, boudent les portes pour tenter de noyer le dossier afin de se tirer d’affaire. La pratique, loin de dater du régime Talon, serait « la norme » qui avait toujours eu cours dans le pays sous les régimes qui se sont succédé depuis l’historique conférence des forces vives de la nation tenue en février 1990. Et c’est pour éviter les jeux de coulisses, les manœuvres du genre que les rapports, très considérables, de ces audits sous le régime Yayi ont été gardés dans les tiroirs. Une autre forme et chantage pour que les « coupables » fassent la courbette devant le Chef ? Difficile de le dire.

À l’aune du nouveau départ, les données semblent prendre une autre tournure mais toujours avec un hic. En première loge, le dossier « Segub gate ». Dans cette affaire et selon le rapport de l’audit réalisé, plusieurs sociétés « fictives » ayant travaillé sans véritablement le faire ont été enregistrées y compris des personnalités tant de la sphère politique que du rang des opérateurs dits économiques. Après plus de deux mois d’éclatement de cette affaire ou de publication dudit rapport, on note une accalmie laissant croire le retour du scénario d’antan, celui de dénoncer sans entreprendre des actions idoines.

Qu’est-ce qui bloque le transfert de ce dossier à la justice du pays ? Une interrogation certes pertinente, mais orpheline de réponse car les acteurs qui devraient le faire, visiblement, sont plus préoccupés par d’autres enjeux. Se tablant sur ce dossier, le rapport révèle des dysfonctionnements graves mais les acteurs cités jouissent allègrement de leur liberté, profitent de leur aller et venir sans pouvoir se soucier de quoi que ce soit.
De toute évidence, de sources judiciaires, aucun dossier du genre n’est encore transmis à cette juridiction. Quand on note une lenteur inouïe des procédures judiciaires du pays et quand on se rappelle du fait que l’équipe Talon envisage juste un quinquennat présidentiel de transition ajouté à ce retard constaté, l’on est tenté de s’interroger et de se demander le sort réservé aux autres rapports d’autres audits qui sont en cours de réalisation.

Le développement d’une nation ne se repose aucunement sur de l’impunité et de la complaisance au sommet de l’Etat. Et le statut actuel du Bénin est inévitablement le résultat de cette forme de gouvernance basée sur le clientélisme, le favoritisme et surtout de l’impunité. Le candidat Talon, aujourd’hui président de la République, avait promis au peuple qui lui a donné carte blanche pour le fauteuil présidentiel une rupture. À moins que le sens de « sa » rupture ne soit le même que celui du peuple. Sinon, à quoi bon de prôner une rupture avec les anciennes pratiques si on n’arrive pas à se défaire de ces dernières pour une véritable rupture bien osée ?

Ce qui est évident, c’est cette volonté de ce peuple béninois qui se dit disposé à accompagner le régime actuel pour une amorce véritable et un décollage de l’économie du pays. Mais ce même peuple, dans cette volonté manifeste, exige la punition des acteurs fossoyeurs de leur économie. Le Chef de l’État, Patrice Talon, gagnerait énormément à poursuivre les différents dossiers jusqu’à la justice qui se chargera du reste de la procédure. En le faisant, cela servirait de leçon aux autres qui se rétracteront certainement face aux actes qui ne respecteraient pas les normes et les exigences légales et réglementaires.

Josaphat FINOGBE

aCotonou

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1 COMMENTAIRE

  1. Ce constat ne nous surprend pas. Car parmi ces dossiers il est évident que certains membres de l’équipe gouvernementale sont impliqués. Dans ces conditions ces genres de dossiers doivent être astucieusement retardés et ainsi nous tombons une fois encore dans le régime de deux poids deux mesures : quand ça arrange on encourage mais quand ça dérange on fait taire. C’est vraiment dommage pour le pays. On aurait douté de cette rupture qui a fait revenir presque les mêmes têtes de la tête au pied. On estimons que la grande responsabilité incombe cependant aux hommes de presse qui doivent retentir l’info jusqu’à ce que les dossiers sensibles ne s’éclipsent pas… Merci

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