Validation par le gouvernement de la carte universitaire querellée : Talon provoque...

Validation par le gouvernement de la carte universitaire querellée : Talon provoque l’ire des députés

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En adoptant hier en conseil des ministres le décret portant création des quatre universités, un dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, le gouvernement de Patrice Talon vient ainsi corroborer son option pour un passage en force. Ce faisant, ne s’attire-t-il pas davantage la colère des députés et, par ricochet, des populations?

Le gouvernement a maintenu ses deux universités pluridisciplinaires (Abomey-Calavi et Parakou) et les deux autres thématiques (Abomey et Porto-Novo) avec à la clé, la prise d’un décret donnant la liste  des facultés, écoles et instituts qui sont regroupés ou rattachés à ces universités. C’est une grosse surprise quand on sait qu’à l’annonce même du resserrement de la carte universitaire, des foyers de protestations se sont fait constater chez les populations dans presque tous les départements du pays. Cette levée de boucliers a été également remarquée à l’Assemblée nationale où spontanément les députés de la majorité parlementaire et leurs collègues de la minorité ont donné de la voix à travers des manifestes. La suite, c’est la ministre Marie-Odile Attanasso en charge de l’enseignement supérieur qui a été objet d’un lynchage verbal  au Parlement, elle qui quelques jours plus tôt était montée au créneau pour affirmer que les élus du peuple ont une mauvaise compréhension de cette réforme.  On se souvient encore de certains propos du député Gilbert Bangana : « Cette nouvelle carte universitaire est politiquement régionaliste, elle est source de division ». Son collègue André Okounlola embouchait la trompette en ces termes : « Le gouvernement veut tromper le peuple et nous n’allons pas laisser faire. Je ne sais en quoi l’actuelle carte universitaire gène ».  N’en pouvant plus,  la ministre a été obligée de rassurer la représentation nationale qu’un atelier sera organisé, et les différentes préoccupations qui ont été soulevées seront abordées, éclairées pour une carte universitaire plus consensuelle. Dans l’attente de l’organisation de cette assisse, ce sont les députés André Okounlola et Adam Bagoudou qui ont adressé la semaine écoulée, des questions d’actualités au gouvernement pour lui demander des comptes, notamment au sujet de la fermeture annoncée des centres universitaires de Savè et de Tchaourou pour l’année académique à venir.  Des questions d’actualités qui certainement resteront sans réponse puisque contre toute attente, c’est le même gouvernement qui décide unilatéralement de valider, en conseil des ministres, la carte universitaire à polémique. Or, faut-il le rappeler, c’était sous réserve de la tenuede l’atelier pour concilier les points de vue au sujet de cette carte universitaire que les députés ont autorisé la ratification des accords de prêt relatifs au projet de construction de l’Université polytechnique d’Abomey et de la deuxième phase du projet de construction de l’Université d’Agriculture de Kétou. Avec cette nouvelle donne, on se demande si l’Exécutif notamment le chef de l’Etat qui devrait arbitrer, ne s’est pas foutu des élus du peuple et du peuple même ? N’est-ce pas là un passage en force ? En agissant ainsi, le gouvernement n’est-il pas en train de dire par là : « force doit rester à la volonté du chef » ? Les prochains jours nous édifieront sur la suite de ce dossier. Même si le gouvernement a décidé de greffer les autres centres universitaires aux quatre principales et de construire en urgence des amphithéâtres à l’Université d’Abomey-Calavi pour amortir le flux d’étudiants qu’il pourrait y avoir, l’on pourrait prédire déjà des actions musclées de certaines populations dans certaines parties du pays, les jours à venir. Surtout pour une telle décision entérinée la veille d’une rentrée scolaire, même si le ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de la République Pascal Irénée Koupaki a fait savoir que c’est « à l’issue de diverses consultations il était devenu impérieux de revoir cette carte afin de mutualiser les ressources humaines, matérielles et d’offrir aux personnels et aux étudiants de meilleures conditions de travail et d’étude tout en s’efforçant à travers les brassages de construire et de renforcer l’unité nationale ».

Jacques BOCO

Autres points abordés par le Conseil des ministres



Le premier document de stratégie de développement à faible intensité de carbone et résilient aux changements climatiques.
L’intégration des changements climatiques dans la définition des politiques, programmes et projets sectoriels d’Etat ou du secteur privé est devenue aujourd’hui un impératif. Tous les pays doivent donc œuvrer pour un développement durable. Il convient que les politiques et mesures destinées à protéger le système climatique contre les changements provoqués par l’Homme soient adapter à chaque pays. C’est un document de stratégie qui traite aussi bien des questions de développement que des changements climatiques et qui met l’accent sur un développement à faible intensité de carbone notamment la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Le conseil a adopté le document de stratégie dont le plan d’action sera mis en œuvre par le ministère du cadre de vie et du développement durable, le ministère du plan et développement et le ministère de l’énergie de l’eau et des mines.

Création d’un fichier national admission et de nomination des cadres aux emplois de la chaîne des dépenses publiques.
Le conseil a pris acte du compte rendu qui a été fait par le ministre du travail, de la fonction publique et des affaires sociales, relatif à la mise en œuvre du décret portant création du fichier national qui constitue une mesure clé entrant dans le cadre de la dynamisation de l’administration et de sa modernisation. Il s’agit de pourvoir les hautes fonctions de la chaîne des dépenses publiques par appel à candidature.

Le ministre a fait part au conseil des tâches et actions engagées dans ce cadre. Ce fichier qui est en réalité une liste informatisée de cadres aux emplois de la chaîne des dépenses publiques sera disponible avant la fin de l’année 2016.
Coopération entre le Bénin et l’UNESCO.

Le conseil a approuvé la signature de l’accord-cadre de coopération entre le gouvernement du Bénin et l’UNESCO. Il s’agit d’une nouvelle approche de coopération qui passe par le développement du partenariat et la mobilisation de ressources extérieures pour accompagner la réalisation des priorités de notre pays, identifiées dans cinq ministères en matière d’éducation, de science et de culture au cours des cinq prochaines années.

Les fonds qui seront mobilisés dans le cadre de ces accords auprès des partenaires au développement s’élèveront à environ 24 milliards de Francs CFA. Pour sa part, notre pays doit participer avec une contribution de 6 milliards, donc 6 milliards pour mobiliser 24 milliards. Gestion intégrée des ressources en eau phase II (PANGIRE II) sur la période 2016-2020.

A l’issue de l’évaluation de la première phase du Plan d’Action Nationale de Gestion Intégrée de Ressources en Eau (PANGIRE), le gouvernement a décidé de poursuivre son action dans le secteur de l’eau par l’adoption d’une deuxième phase PANGIRE II pour couvrir la période 2016-2020.

La mise en œuvre de cette phase nécessite une approche multidimensionnelle cohérente et efficace ce qui permettra à un plus grand nombre de béninois d’avoir accès à l’eau potable. Le conseil des ministres a pris un décret portant adoption du Plan d’Action Nationale de Gestion Intégrée de Ressources en Eau pour la période 2016-2020.

Projets de décret.
Le conseil a adopté un projet de décret portant nomination des membres de la commission nationale de l’informatique et des libertés. De même, le conseil a adopté le décret portant création d’une agence de cadre de vie pour le développement du territoire en remplacement de l’agence des grands projets urbains. Il s’agit en réalité d’un changement de dénomination pour intégrer la dimension opérationnelle de la mise en œuvre de l’agenda spatial du Bénin. Renforcement des effectifs et modernisation de l’administration publique.

Le conseil a autorisé le recrutement de 80 auditeurs de justice pour renforcer les effectifs des magistrats, greffiers et officiers de justice. Le conseil a également autorisé le recrutement de 3.601 enseignants de la maternelle et du primaire.
Neuvième point : impacts des attaques de criquets et chenilles sur la production agricole et les effets des inondations.
Le ministre de l’agriculture de l’élevage et de la pêche a fait le point au conseil des ministres des pertes de production agricole dues aux attaques de criquets et de chenilles et aussi aux inondations. Des estimations faites, ces pertes se limiteraient à moins de 4% de la production agricole de cette campagne.

Quant au ministre des infrastructures et des transports, il a fait le point des impacts des inondations sur les infrastructures notamment les ouvrages qui ont cédé ici ou là. Le conseil a instruit les ministres concernés à l’effet d’assurer une surveillance très rapprochée dans les zones identifiées.


Matin Libre

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