Une nouvelle page des relations franco-béninoises ouverte

Une nouvelle page des relations franco-béninoises ouverte

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Selon un de ses mots de campagne fétiches, Patrice Talon est en train d’entrer autrement dans l’histoire de son pays. La rencontre avec le président français de ce mardi après-midi à l’Elysée, est comme un gage, sinon un signe que le président de la République est à l’oreille de l’une des plus grandes puissances économiques mondiales.

Après l’âpre bataille qui l’a amené à détrôner Yayi Boni et sa clique, le magnat du coton, pas à pas, est en train de reconstruire l’image d’un pays laissé exsangue et parent pauvre en tout. Patrice Talon sait qu’il ne peut réussir les réformes annoncées, sans partir sur des bases solides. D’où la nécessité d’une diplomatie offensive et réaliste. Car, à l’ère de la mondialisation, aucun pays ne peut plus vivre en autarcie. D’ailleurs, la France, pays, qui depuis longtemps, a tissé des liens séculaires avec nombre de pays africains, a d’ailleurs vu son rôle sur le continent évoluer. Ayant soutenu le candidat Lionel Zinsou à l’élection présidentielle, la France qui se veut toujours en pôle position, a voulu se rattraper. D’où l’invitation envoyée officiellement le 6 avril 2016, jour de l’investiture du chef de l’Etat entrant, pour s’entretenir avec le président français. En effet, les grandes nations n’ont pas d’amis, mais des intérêts. Faut-il le rappeler, sous la Refondation et ses avatars, plus personne ne vendait chère la diplomatie béninoise. L’ancien a été reçu pendant 20 minutes une fois par Nicolas Sarkozy. Une autre fois, au stade en plein match. Il a fallu l’arrivée de Bolloré et ses interventions auprès des présidents français pour que certaines choses rentrent dans l’ordre. Or, cela a été énormément discuté pendant la campagne électorale, le Bénin et son port, sont un atout stratégique pour les grandes puissances. Le voisinage avec le géant Nigeria est un autre atout pas des moindres. Avec un marché de plus de 177millions de consommateurs, le pays de MuhammaduBuhari intéresse plus d’un. D’autre part, tout le monde le sait, la France a besoin de l’uranium du Niger pour subvenir à ses besoins en énergie. Le Bénin, de par sa position géographique, et son port, est un couloir idéal pour transporter le précieux minerai. D’où l’implantation d’Areva au Niger.

Hollande reçoit son hôte avec les honneurs

C’est pour cela que depuis plusieurs années, la coopération française met à disposition son expertise militaire pour sécuriser et faciliter ce transport vital, sinon essentiel pour son économie. Les données se sont compliquées avec l’embrasement de la sous-région par les groupes terroristes. A l’ancienne rébellion touareg, se sont ajoutés de nouveaux groupuscules, comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Boko-Haram. A n’en point douter, ces groupes terroristes constituent une sérieuse menace pour la quiétude des populations, du Niger au Mali en passant par la Côted’Ivoire. Si l’intervention française en Lybie, sous la houlette d’un Nicolas Sarkozy belliqueux, ne s’est d’ailleurs pas soldée par un raté historique, les choses n’allaient pas s’envenimer à ce point. Donc, la diplomatie française a besoin d’un havre comme le Bénin, d’où l’intérêt affiché. Reçu au bas du perron de l’Elysée, honneur rare réservée aux hôtes de marque par les présidents français, Patrice Talon, sait qu’il est désormais attendu au tournant. François Hollande, après l’essai raté pendant la présidentielle, vient de se racheter en ouvrant les portes de son palais au chef de l’Etat béninois avec les honneurs militaires. Quitte à ce dernier de négocier au mieux les intérêts des deux peuples.

Wilfrid Noubadan

Actu Bénin

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