Un plan de projet de société « Osons transformer le Bénin »...

Un plan de projet de société « Osons transformer le Bénin » de Pascal Koupaki

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Scrutin présidentiel de mars 2016 : Zoom sur le projet de société « Osons transformer le Bénin » de Pascal Koupaki
Précurseur de la Nouvelle Conscience, Makandjou Pascal Irenée Koupaki est l’un des 33 candidats en lice pour la présidentielle du 06 mars prochain. Ancien premier ministre de Boni Yayi, le Président sortant, celui qui se prénomme « le mécanicien du Bénin » a rédigé son projet de société intitulé « Osons transformer le Bénin » dans un document de 51 pages, axé sur 7 axes stratégiques. Pour le candidat de la Nouvelle Conscience,

Oser transformer le Bénin, c’est vouloir relever ses défis en élaborant et en mettant en œuvre une stratégie de reformes audacieuses et peut-être douloureuses à court terme, mais bénéfiques à moyen terme pour le peuple. Votre journal vous amène à la découverte des réformes que l’homme de la vague jaune propose aux Béninois pour leur épanouissement.
MES CONVICTIONS
1. De l’expérience de la gestion des affaires publiques dans notre pays, j’ai tiré la conviction qu’il faudra faire naître au cœur de chaque individu une nouvelle conscience. Car seuls les mentalités et comportements nouveaux seront porteurs de la dynamique de développement et de la cohésion sociale. Nous devons absolument opérer une rupture en nous-mêmes. C’est un impératif majeur pour poser les fondations du Bénin Nouveau et de la gouvernance de rupture.
2. A ce titre, l’enjeu pour les prochaines années est la préparation prioritaire de l’avènement d’un citoyen transformé dans son être et qui s’engage dans le chemin lumineux du développement.
3. Le lien entre la politique et la foi est indispensable pour engager le développement de l’homme, dans toutes ses dimensions, dans ses relations avec ses semblables.
4. Le pouvoir qui a un visage humain crée l’espace pour l’éclosion de l’inspiration et des initiatives des citoyens. C’est l’une des clés de notre réussite collective ; car elle permet d’associer tout le peuple à la construction de la Cité.
5. Conduire la destinée du peuple avec méthode, lucidité, réalisme et équité, montrera qu’un Bénin uni, prospère et solidaire est possible maintenant et durablement par le travail, l’abnégation et l’effort persévérant.
6. Il nous faut créer les conditions de l’avènement d’une République de fraternité agissante, et construire les bases d’un Etat-Nation.

MON CREDO
7. Je crois qu’un citoyen (cadre ou non) plus travailleur, volontaire, ponctuel, patriote engagé pour la cause de la République, assurera le rayonnement de notre pays. C’est non seulement un défi, mais une exigence morale. Le seul remède qui vaut, à mon sens, est d’engager notre pays dans la voie des réformes audacieuses qui ont de réelles bases sociales et qui remettent le peuple au travail productif. Ces réformes de l’Etat doivent en effet, se doter de pédagogies institutionnelles afin que chaque corps social de notre pays vive ces processus de transformation comme des défis partagés, ancrés dans une dynamique solidaire et de sacrifice proportionnel. A cet égard, le gouvernant doit être l’inspirateur des réformes qui contribueront à la transformation tant attendue des mentalités et des comportements.
8. Mon crédo, c’est qu’une nouvelle conscience pour mieux gouverner s’impose plus que jamais. Elle reconstruira l’homme béninois par l’éducation civique, le réarmera moralement et le remettra au travail. Elle est la source de notre sursaut patriotique, civique et républicain pour engager la gouvernance de rupture, le redressement économique, l’assainissement des finances et des mœurs politiques.
9. Il nous faut des dirigeants exemplaires, ponctuels, ayant le sens du sacré et de l’engagement, exigeants à l’égard de leur propre personne et dotés d’une volonté inébranlable, un peuple déterminé, des acteurs de développement patriotes et une jeunesse dynamique.
10. La justice et l’éthique ne peuvent être exigées aux citoyens si elles ne sont pas au préalable au cœur des pratiques de gouvernance et un modèle constamment porté par les dirigeants eux-mêmes, élus ou nommés. Je crois en la force de la sanction.
11. Je crois en la Fraternité. Je crois en la Justice. Je crois au Travail qui garantit la prospérité et la fierté de l’être béninois.
12. J’aime notre devise nationale. J’aime le bénin.

LES CHANTIERS DE REFORME
13. Oser transformer le Bénin, c’est vouloir relever ses défis en élaborant et en mettant en œuvre une stratégie de réformes audacieuses et peut-être douloureuses à court terme, mais bénéfiques à moyen terme pour le peuple. C’est forger de nouvelles mentalités pour créer les conditions d’une foi en l’homme et en ses semblables. A cet égard, il est impératif d’organiser le pouvoir d’Etat autour de principes éthiques. Le Bénin de la vertu est le BUT, c’est-à-dire le Bénin de l’unité et du travail.
14. L’axe des réformes comprend sept composantes :
(i) l’axe de l’animation du territoire ou le creuset de la transformation des mentalités ;
(ii) l’axe politique ;
(iii) l’axe administratif et budgétaire ;
(iv) l’axe économique et financier ;
(v) l’axe des secteurs éducatif, social et culturel ;
(vi) l’axe sécuritaire ;
(vii) l’axe environnemental et climatique.
Il reste entendu que chaque volet est considéré comme un grand chantier de réformes publiques, destiné à :
• Rétablir la confiance dans l’individu-citoyen, clé de voûte de notre succès ;
• dégager une façon responsable de penser, de dire et d’agir qui illuminera l’esprit des hommes en qui le peuple a placé son espoir de réussite humaine.

Axe de l’animation du Territoire
15. L’objectif ultime qui soutient la perspective politique est de parvenir à l’animation des villages, des quartiers de ville, des communes et des départements de notre pays, à travers la réalisation d’un projet d’animation du territoire, qui participe à la transformation irréversible de l’être, à la naissance de l’individu6citoyen et à son mieux-être.
16. C’est la première dimension opérationnelle de la transformation du Bénin, qu’elle soit urbaine ou rurale. Cet axe prend sa source dans la nouvelle conscience, renvoie aux dynamiques territoriales, c’est-à-dire à tout ce qui concourt à la vitalisation d’un territoire.
17. Les neuf socles constitutifs de l’animation territoriale comprennent :
 l’animation politique (vie des institutions et des parties politiques, éducation à la vie militaire, conquête et exercice du pouvoir d’Etat et des pouvoirs locaux par les voies légales, l’éthique et la transparence, accès à tous les services publics, lutte contre la pauvreté, les exclusions et les inégalités) ;
 l’animation sociale, culturelle et interculturelle (questions d’accès des populations aux services sociaux de base et aux valeurs sociales, dialogue intergénérationnel) ;
 l’animation juridique et citoyenne (éducation aux droits de l’homme et accès aux services judiciaires dans l’équité) ;
 l’animation religieuse et spirituelle (dialogue entre les religions, éducation à la foi et respect des libertés de croyance, médiation sociale, prévention des crises) ;
 l’animation sportive et ludique (promotion de la santé mentale et physique de la population, organisation des divertissements, entretien du corps physique, apprentissage de l’effort et de l’endurance, développement de la culture de la compétition et de l’esprit d’équipe) ;
 l’animation technologique (accès des populations à la formation aux moyens améliorés de production, de transport, de communication, de consommation, d’élimination des déchets, de sécurité, d’économie d’énergie, d’allègement des activités économiques et domestiques…) ;
 l’animation économique (facilité d’accès au financement et à la sécurisation des activités économiques, facilité d’accès au marché, développement des réseaux de transport, organisation des acteurs économiques en filières économiques, création de labels et valorisation des entreprises locales, organisation de foires…) ;
 l’animation écologique (éducation à la protection de l’environnement et à la gestion durable des ressources naturelles, promotion de technologies et procédés de production, de consommation et de gestion des déchets moins ou non polluants) ;
 l’animation sécuritaire (promotion du respect de l’ordre public comme un facteur de production transversal, un moyen de maintien de la qualité de vie et du bien-être, développement d’initiative de promotion de l’Etat de droit, système d’observance et d’alerte des frustrations collectives, mise en œuvre de plans locaux de sécurisation du territoire, systématisation d’une démarche d’évaluation des impacts sécuritaires des implantations et du déroulement des activités…)
18. Le projet d’animation du territoire libèrera les énergies et visera à faire de chaque homme-citoyen, à la fois acteur de sa propre vie et responsable de la communauté dans laquelle il vit.

Axe politique
19. L’axe politique est la deuxième dimension opérationnelle de la transformation du bénin et concerne l’exercice de la responsabilité politique par rapport au régime politique, à l’intégrité territoriale et à l’unité nation ale, entendue comme la participation de tous les citoyens, quelles que soient leurs conditions et leurs convictions, à la réalisation de projets de société proposés au peuple ; ceci afin de renforcer la fraternité et conduire, dans la justice, le peuple au travail et au bonheur partagé.
20. La préservation de la paix, le renforcement de l’unité nationale, le fonctionnement adéquat de l’Etat, de la société et de l’économie nationale reposent sur une justice de qualité, accessible à tous, diligente, compétente, prévisible, conséquente, responsable et exemplaire. Il faut réunir les conditions pouvant crédibiliser et consolider le système judiciaire, au service de l’Etat de droit et du citoyen. Une nouvelle gouvernance judiciaire est impérative pour restaurer le pouvoir judiciaire dans ses prérogatives. Aussi l’Etat doit-il veiller, grâce à ses organes de régulation, à l’accès équitable des citoyens aux médias publics et privés. Une presse écrite et audiovisuelle professionnelle constitue l’un des piliers de la veille citoyenne.
21. L’objectif principal de cet axe comprend trois volets :
(i) l’animation de la vie publique pour l’éducation des citoyens au militantisme et au civisme ainsi qu’à l’appropriation de l’éthique, socle de la vertu, de leurs droits et devoirs ;
(ii) la mise en place d’un cadre de préparation au leadership politique incarnant les valeurs de la République et la défense constante de la chose publique et de l’intérêt général ;
(iii) la réunion des conditions d’un minimum de bien-être nécessaire à la pratique de la vertu et à la promotion des valeurs humaines.
22. C’est aussi la manière dont tout cadre issu d’un parti politique de type nouveau se fait distinguer par ses méthodes normées de gestion d’une structure de l’Administration ou d’une entreprise publique. Il nous faut des acteurs politiques, des acteurs sociaux, des acteurs culturels, des acteurs traditionnels et des acteurs de développement décidés à vivre en public et en privé selon les règles éthiques, et ayant une capacité d’analyse prospective de la situation économique, moné¬taire, budgétaire, politique, sociale, culturelle, environnementale, sécuritaire, géostratégique et diplomatique afin de formuler des propositions ou des contrepropositions de nature à faire avancer ou provoquer l’ouverture de chantiers de réformes publiques rédemptrices. En d’autres termes, des acteurs ayant une vaste culture de l’humain, des exigences de la Nation et une conviction forte. Cette culture/expérience doit répondre à trois défis comportementaux pour l’acteur politique en particulier :
• répondre de l’équité dans la gestion de la vie publique ;
• répondre de la mise en œuvre des politiques publiques et de l’utilisation efficiente des moyens publics et ;
• répondre de la satisfaction des citoyens quelle que soit leur position géographique d’établis¬sement.
23. Dans ces conditions, être acteur politique c’est penser et agir en responsable engagé par rapport à l’intérêt général et au respect du bien commun. C’est se comporter en serviteur de la cité. C’est assumer pleinement ce sacerdoce, qui concilie l’éthique et la politique pour le bien-être général. Serviteur et justiciable, l’acteur politique doit répondre de ses actes devant la Justice républicaine assainie.
24. La gouvernance politique, vue sous l’angle de la responsabilité politique, exige des hommes et des femmes politiques des qualités et des initiatives : de bonnes idées, une bonne pratique de militantisme, du volontariat et du bénévolat, de la compétence et de l’engagement, une bonne capacité d’organisation et de
planification, un système de délégation de pouvoirs fondé sur la nécessaire décentralisation et la déconcentration, des prédispositions à la justice et à l’équité, des aptitudes pour l’impulsion, la coordination, l’évaluation, le compagnonnage,

le contrôle et la reddition des comptes. La politi¬que, c’est la culture du bien au service exclusif du peuple, pour son épanouissement et son accomplissement. C’est aussi là, le maître-mot de mon engagement dans la vie de la Cité.
25. Nous avons besoin de bons citoyens, car c’est du milieu des bons citoyens que sortent et sortiront de bons hommes d’Etat et de bons politiques. Etre un bon politique, c’est réunir un ensemble de capacités spirituelles, intellectuelles, organisationnelles, civiques, morales, culturelles et techniques pour orienter, gérer ou influencer la gestion des affaires publiques dans le strict respect de
l’intérêt général et du bien commun. De telles capacités sont nécessaires d’autant que l’élu politique ou tout acteur politique devant exercer une fonction élective ou nominative, a besoin de faire preuve d’une large ouverture d’esprit et de crédibilité dans sa démarche de conquête et d’exercice du pouvoir d’Etat et des pouvoirs locaux.
26. Cette crédibilité de l’acteur politique s’apprécie, au-delà de sa compétence technique, à travers sa capacité à :
• proposer des solutions alternatives aux problèmes de développement (rôle d’idéo¬logue, de chercheur, de réformateur et de développeur) ;
• aider le peuple à se débarrasser de ses senti¬ments d’impuissance, de peur, d’incertitude et de pessimisme (rôle de coach, de compa¬gnon et de psychologue) ;
• éduquer le peuple sur les valeurs de la Répu¬blique et les valeurs culturelles positives issues de l’histoire et des régimes successifs (rôle d’éducateur et d’historien) ;
• crédibiliser l’action publique (rôle d’exemple social et de leader) ;
• défendre les intérêts du pays, de la commu¬nauté et la justice (rôle de défenseur de la paix, de la vérité et des droits humains) ;
• servir le peuple au regard de l’intérêt général (rôle ministériel, de délégataire ou de serviteur).
Axe administratif et budgétaire
27. C’est la troisième dimension opérationnelle de la transformation du Bénin, qui pose la clarification du sens de l’Etat dans le contexte de la nouvelle conscience. Sans une bonne administration, un Etat ne peut guère incarner la puissance publique et l’Etat de droit. Cet axe comprend l’ensemble des moyens organisationnels, institutionnels visant la modernisation de l’Etat pour améliorer l’efficacité des services rendus grâce à des innovations pertinentes, à l’amélioration des conditions de travail et à l’élévation de la conscience civique et professionnelle des travailleurs. Elle porte en conséquence sur l’amélioration des règles, des normes, des procédures et des processus dans le but que chaque résultat du programme d’activités soit mesurable en coût financier, en temps, en qua¬lité et en satisfaction des usagers/clients/citoyens.
28. La modernisation de l’Etat, notamment la modernisation de la gestion publique et des structures de l’Etat, reste au cœur de mes cons¬tantes préoccupations. Elle se traduit par :
• la coordination de l’action gouvernementale et la concertation interministérielle au niveau central et déconcentré ;
• le management participatif, la restauration de l’autorité de l’Etat et du leadership par le respect de la parole donnée et des procédures ;
• la dépolitisation de l’administration par la lutte contre le clientélisme dans la gestion des carrières des agents de l’Etat, plus disciplinés et assidus au travail (affectation, nomination, recrutement, surveillance du patrimoine des agents de l’Etat, sanctions disciplinaires, promotions…) ;
• l’effectivité de la décentralisation et de la déconcentration (crédit délégué, décon¬centration des ressources humaines et du système décisionnel, proximité de la chaîne budgétaire et de contrôle financier) ;
• la simplification administrative ;

• la programmation budgétaire et la passation des marchés publics selon des règles de transparence ;
• l’instauration de la formation continue des personnels de l’Etat et du secteur privé ;
• le développement de l’administration électronique et informatique ;
• l’évaluation de l’action publique, la reddition des comptes, la satisfaction des usagers.
29. En définitive, la modernisation de l’administration devra avoir pour finalité
la rationalisation des moyens, l’amélioration du climat des affaires, le relèvement des performances, l’amélioration de l’image des gouvernants et de l’administration, le renforcement de l’attractivité du pays, la promotion des initiatives privées, l’accélération de la crois¬sance économique pour le bien-être des populations. Il s’agit là d’une réelle stratégie de redressement de notre pays et donc d’une rupture avec les pratiques
vécues.
30. En somme, le devoir en tant que gouvernant est de veiller à ce que chacun soit à la place qu’il faut en fonction de ses talents pour que notre pays prenne le chemin du travail bien fait, le travail créateur de richesses et de bien-être collectif. Le gouvernant doit donc s’engager à faire de la méritocratie une réponse forte à toutes les pratiques de médiocratie. Mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut doit être un comportement.
31. La modernisation de l’administration, dans la perspective de la Nouvelle Conscience, vise à promouvoir la culture de l’éthique, la bonne administration des affaires publiques, la bonne gestion des hommes et la promotion du genre. Ses principaux déterminants sont :
• la responsabilisation par l’obligation de rendre compte ;
• la transparence par l’obligation faite aux gouvernants et dirigeants de respecter et de faire respecter les procédures de gestion et d’informer les citoyens des décisions qu’ils prennent, afin que ces derniers puissent participer au suivi de leur mise en œuvre et de leurs impacts ;

• la satisfaction des usagers-clients dans les meilleures conditions d’efficacité et d’efficience possible ;
• la lutte contre la corruption et l’enrichisse¬ment sans cause ;
• la participation, processus institutionnel et social, qui doit garantir les intérêts des parties prenantes dans la conduite des projets de changement qui les concernent et contribuer au contrôle citoyen des moyens et des institutions qui influent sur leur vie ;
• la reconnaissance du mérite et la promotion de l’excellence combattant toutes les formes de gaspillage des ressources humaines ;
• l’exemplarité des gouvernants et des dirigeants, car une élection ne peut instan¬tanément conférer à un homme, les vertus ;
• le désintéressement des gouvernants et des dirigeants ;
• la sanction comme mécanisme de reconnaissance du mérite et moyen disciplinaire de lutte contre l’impunité pour décourager les pratiques contraires à l’éthique et à l’intérêt général.
32. Il faudra prendre un ensemble de mesures perti¬nentes, au plan réglementaire, administratif et financier, qui auront d’une part des conséquences positives sur le niveau, la composition et la qualité des recettes et des dépenses publiques, et d’autre part sur les mécanismes de contrôle budgétaire et financier.

Axe économique et financier
33. C’est la quatrième dimension opérationnelle de la transformation du Bénin. C’est la dimension de la gestion de l’Etat relative au pilotage des politi¬ques publiques en matière de production, de commerce, d’entrepreneuriat, de fiscalité, de
redistribution, de grands travaux d’infrastructures économiques et sociales, de politique monétaire et budgétaire, de politique de l’emploi. Cette dimension inclut également les stratégies de convergence des politiques nationales au titre de l’intégration sous régionale et africaine ainsi que de la coopération internationale.
34. Le gouvernement se préoccupera du pilotage des secteurs productifs et des services créateurs de richesses nationales, de l’organisation des relations entre les pouvoirs publics et les acteurs économi¬ques à travers leurs associations professionnelles, de l’organisation et de la diversification des filières économiques par des investissements publics et privés nationaux et étrangers favorisant :
• d’une part, la création et la domestication de valeurs ajoutées, la limitation de l’exportation des matières premières du cru (produits végétaux, animaux, miniers, énergétiques…),
• et d’autre part, l’organisation des filières agricoles, notamment vivrières, pour mettre tous les acteurs de chaque maillon de la chaîne d’une activité économique dans des liens d’interdépendance à intérêt réciproque.
35. Le gouvernant attachera une grande importance aux mécanismes de dialogue sur les politiques publiques sectorielles relatives aux secteurs économiques notamment les diverses chambres consulaires (agriculture, métiers/artisanat, com¬merce, industrie, mines), le patronat, les syndicats, les associations de défense des consommateurs… Egalement, la promotion de l’emploi en liaison notamment avec le développement communau¬taire et la sauvegarde du pouvoir d’achat des consommateurs seront une ligne d’action prioritaire. Il sera alors nécessaire d’envisager :

a) un ensemble de mesures institutionnelles d’accompagnement des acteurs économi¬ques y compris dans le secteur de la micro-finance ;
b) la mise en œuvre de stratégies de promotion du secteur privé et de sécurisation des
investissements privés pour renforcer la confiance entre l’Etat et les investisseurs ;
c) la promotion de l’économie coopérative pour donner une dimension d’auto gouvernance citoyenne au système économique à travers des microréalisations conçues par les popu¬lations et exécutées par elles-mêmes avec l’assistance -conseil de l’Etat ou du Département ;
d) la mise en œuvre, dans le cadre d’un partenariat avec la Chambre de Commerce et
d’Industrie du Bénin (CCIB) et le Conseil National du Patronat (CNP-Bénin), de stratégies de transformation progressive de l’économie informelle dans les rouages de l’économie formelle par l’organisation des acteurs, leur formation, leur rattachement consensuel à des centres de Conseil en ges¬tion, et leur réinsertion dans des activités compatibles avec la gouvernance environ¬nementale, sanitaire et économique ;
e) le modèle organisationnel de chaque Ministère qui doit disposer d’un mécanisme de dialogue avec les partenaires sociaux, de vérification de la satisfaction de ses usagers ; cela induit la mise en place dans chaque secteur d’un dispositif formel de gouver¬nance participative, de contrôle citoyen pour que les associations des usagers (à pro¬mouvoir) aient leurs mots à dire dans la définition, le suivi et l’évaluation des politiques publiques mises en œuvre par chaque département ministériel.
Axe des secteurs éducatif, social et culturel
36. C’est la cinquième dimension opérationnelle de la transformation du Bénin. Mais c’est la dimen-sion impérative et première par laquelle sera impulsée la transformation des mentalités et des comportements des dirigeants, élus ou nommés, et de chacun des citoyens. Les hommes ne sont vertueux et portés à l’éthique que parce qu’ils ont reçu une bonne éducation et aussi parce que les gouvernants leur montrent à travers leurs actes
quotidiens, le chemin de la Nouvelle Conscience, de la vérité, de l’honneur, de la dignité, du volon-tariat, de la bonne volonté, de l’effort persévérant et du don de soi à la Nation.
37. Elle est de ce fait un système de promotion des valeurs cardinales et sociales partagées, favorisant une vie commune basée sur la qualité de l’édu¬cation nationale, le respect de la dignité humaine, la reconnaissance et la valorisation de l’identité culturelle du peuple et de chacune des aires cultu¬relles de notre pays, la protection des croyances respectueuses des droits humains. Ceci, en tant qu’elle prône la paix, l’excellence, l’action coopérative, la solidarité, la renaissance de la culture et des valeurs traditionnelles, la recon¬naissance du mérite de chacun, le respect de la liberté de croyance et le bien-être du peuple béninois.
38. Cette dimension protège les lieux de mémoire (temples, monuments, musées, galeries souter¬raines ancestrales et tous autres sites archéologi¬ques…), les œuvres artistiques ainsi que tous les savoirs, savoir-être, savoir-dire et savoir-faire, qui structurent la vie quotidienne. C’est pourquoi, le modèle institutionnel et organisationnel de ces hauts lieux de mémoire qui nous relient et nous réconcilient avec notre propre histoire doit être revu, afin de préserver notre patrimoine culturel et historique. En le faisant, nous honorons ainsi la mémoire de nos ancêtres car c’est bien au bout de l’ancienne corde que nous devons nouer la nou¬velle. Je ne suis pas partisan de la renonciation à la vérité, du reniement des succès passés, mais celui qui honore tous les exploits de tous les fils et filles de notre pays partout à l’intérieur de notre pays et à l’étranger. La bravoure de tous les amis du Bénin qui aident notre beau pays à se construire doit être honorée. C’est cette continuité historique qu’il convient désormais d’incarner pour mettre fin à tous les systèmes de dénigre¬ment systématique de nos héritages politiques, culturels et économiques.
39. Il faut améliorer la qualité du système sanitaire et celle de l’éducation nationale, à travers un sys¬tème éducatif plus intégré à notre culture et à notre histoire, et répondant à nos besoins propres.
40. Le processus de mutation de mentalités et de comportements, décomplexé, invite chaque citoyen et chaque communauté à :
• contribuer spirituellement, culturellement, intellectuellement, physiquement et finan¬cièrement ou fiscalement à la construction d’une cité commune (Etat, collectivités locales, espace régional) ;
• cultiver la fierté d’être Africain et surtout Béninois, en valorisant nos langues à l’école habillant avec les styles vestimentaires de chez nous, en consommant davantage ce qui est localement produit, en nous soignant sans négliger les progrès de notre médecine traditionnelle, en valorisant tout en .faisant évoluer nos religions endogènes et en veillant à ce que l’appartenance à une religion et les pratiques religieuses ne soient pas source de conflits entre les citoyens ; le dialogue interreligieux contribuera à la promotion de la paix et à une stabilité sociale pérenne ;
• et promouvoir toutes nos valeurs positives notamment dans les domaines culturel, économique, ludique, tout en prenant dans les autres civilisations des éléments de modernité pouvant soutenir nos propres dynamiques de transformation sociétale.

Axe sécuritaire
41. La sécurité est un facteur de production transversal et déterminant pour tous les secteurs de la vie sociale et économique. En effet, j’ai la forte convic¬tion que le sentiment d’être en paix précède et suit (e développement parce que la sécurité détermine le mode de vie de l’individu et de la société, la pertinence de la politique des fron¬tières, ainsi que la crédibilité de la puissance publique (l’Etat).
42. La paix est un facteur précieux de production, de croissance et de développement. De ce fait, elle est porteuse de changement, d’épanouissement et de confiance aux dirigeants. La paix est un enjeu économique majeur car elle influence le climat des affaires et l’attractivité territoriale. Là où s’amplifie la culture de la paix, se crée un environnement favorable au développement des investissements et des opportunités d’emplois. Autant dire qu’aucun investisseur ne veut risquer ses ressources dans un pays socio politiquement instable. Œuvrer pour la sécurité, c’est agir pour le développement économique, social, culturel, technologique et écologique.
43. La sécurité est une condition indispensable au bon fonctionnement de la société ainsi qu’à la préser-vation des libertés publiques, et un critère important de la qualité de vie. L’on attend de l’État qu’il réponde à un besoin social grandissant de sécurité, d’ordre et de tranquillité publics ainsi que de protection de la vie, de la santé et des biens contre des agressions présentes et à venir. Cette attente est légitime car l’État, l’administration publique et les collectivités locales ont pour mission principale d’élaborer et de mettre en œuvre une politique visant à protéger la société contre les dangers, tout en respectant les droits et libertés fondamentaux des citoyens.
44. En matière de sécurité, je serai le promoteur du principe Armée-Nation et j’encouragerai les Forces de Défense et de Sécurité à toujours faire prévaloir la philosophie 30 qui détermine les fondements du métier des armes à savoir Dialoguer -Désamorcer – Défendre.
Nos Forces Armées ont déjà cette culture philo¬sophique mais il faut veiller à son approfondissement et à sa propagation afin de souder le peuple à son Armée. C’est mon choix et c’est un engagement que je prends en l’écrivant.
45. L’axe sécuritaire est exigeant. Il est inconcevable sans la mise aux normes requises des unités de sécurité et des indicateurs de gouvernance sécuritaire. Celle-ci impose un système local de gestion de sécurité (SLGS) avec le maire de la commune comme responsable de ce système. Elle prescrit également une relation partenariale entre les forces militarisées et les populations. A cet égard, elle fait du système de renseignement une modalité d’aide à la décision et de remontée des perceptions des citoyens sur les politiques publiques et la crédibilité de l’Etat dans tous les domaines de la vie nationale. La gouvernance sécuritaire est une traduction de certaines dispositions du Protocole A/SP1/12/01 de la CEDEAO signé par les Chefs d’Etat et de Gouver¬nement à Dakar le 21 décembre 2001 qui pres¬crivent les points suivants :
«Article 20 : l’armée et les forces de sécurité publique sont soumises aux autorités civiles régulièrement constituées. Les autorités civiles doivent respecter l’apolitisme de l’armée; toutes activités et propagandes politiques, ou syndicales sont interdites dans les casernes et au sein des forces armées ».
«Article 22 : l’usage des armes pour la dispersion de réunions ou de manifestations non violentes est interdit. En cas de manifestation violente, seul est autorisé le recours à l’usage de la force minimale et/ou proportionnée. Est interdit en tout état de cause le recours à des traitements cruels, inhumains et dégradants. Les forces de sécurité publique lors des enquêtes de police ne doivent inquiéter ni arrêter un parent ou allié du mis en cause ».
«Article 24 : les Etats membres s’engagent à renforcer à ‘intérieur de leurs territoires respectifs les structures de prévention et de lutte contre le terrorisme ».
46. En vertu de ces dispositions, une démarche institutionnelle visant à renforcer la coopération entre les différents corps des Forces de Défense et de Sécurité, et entre ceux-ci et la Justice devra être engagée. Elle prescrit une relation partenariale entre les Forces de défense et de sécurité (FD$X les élus locaux et les citoyens. Elle est aussi un processus de coopération transfrontalière d’ini¬tiative locale entre les FDS et les autorités locales situées de part et d’autre d’une frontière inter-nationale.
47. L’axe sécuritaire repose sur une éthique sécuri¬taire qui exige des plans locaux de sécurité, une cartographie actualisée des risques et du profil criminogène de l’espace administré, une décon¬centration budgétaire dans le secteur de la sécurité, une mise aux normes des unités en charge de produire la sécurité, la contribution des citoyens à la surveillance du territoire et au renseignement, l’éducation sécuritaire citoyenne, la prévention des actes de vandalisme, le contrôle citoyen de l’action publique, la lutte contre le rançonnement et la corruption au niveau des Forces de défense et de sécurité, et enfin, le bilan annuel du profil sécuritaire établi de façon participative avec les corps sociaux et les acteurs politiques, et élaboré conjointement par tous les corps supposant un cadre concerté de coopération inter-corps dans chaque collectivité locale.
48. Dans ses modalités de mise en œuvre, la gouver¬nance sécuritaire prescrit les études d’impacts ou d’implications sécuritaires des politiques publiques et des actions de développement (publiques et privées). De telles études s’avèrent nécessaires pour la sécurisation physique des investissements. Le coût sécuritaire doit figurer dans la faisabilité financière ou le plan d’affaires de tout projet de développement.
49. La formation du consensus national, qui consolide Taxe sécuritaire, suppose la réunion de certaines conditions dont ;

• un travail honnête et courageux sur les sources de frustrations collectives ;
• l’existence d’espaces de dialogue ;
• la volonté manifeste de dialoguer ;
• les parties prenantes sont saisies des dossiers à débattre à bonne date pour pouvoir cons¬truire leurs argumentaires ;
• l’acceptation de la mise en débat et de la participation au débat ;
• le respect de la position de chaque partie ;
• l’acceptation du principe de recherche de compromis sur toutes les questions en respect de l’intérêt supérieur de la nation ;
• l’humilité de toutes les parties ;
• le renoncement aux positions égoïstes et la tendance à vouloir manipuler ;
• l’évitement des ultimatums en prenant le temps d’écouter chaque camp afin de négo¬cier les compromis de chaque partie pour construire un accord qui fait des uns et des autres des gagnants-perdants, et que person¬ne n’ait le sens d’avoir été humilié ;
• l’évitement de faux consensus s’adossant sur des pratiques de corruption ou de menaces de tout genre qui finissent par un consensus mou, donc inconsistant ;
• le consensus ne vaut que s’il débouche sur le respect de la parole donnée ; c’est donc un acte majeur de responsabilité, de sincérité et d’engagement.
50. Les actes qui symbolisent le consensus national doivent être surveillés par un Conseil national des Sages avec des démembrements dans les Communes et au niveau des Départements, un système de veille citoyenne, le contrôle parlementaire et le contrôle administratif. Ils doivent faire l’objet d’une évaluation comporte¬mentale des parties prenantes (vérification du respect de la parole donnée) et d’une évaluation d’impact sur la communauté nationale et la géopolitique du pays.
51. Ainsi, la sécurité physique sera déterminante pour la réussite de la conduite du pays. Au-delà, je la relie à la sécurité humaine qui recouvre aussi sécurité judiciaire, la sécurité alimentaire, la sécurité de l’emploi, la sécurité sanitaire, la sécurité environnementale.
Axe environnemental et climatique
52. Il est la septième dimension opérationnelle de la transformation du Bénin. C’est l’ensemble des mesures juridiques, organisationnelles, techniques, technologiques, financières et sociales de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement et des ressources naturelles. Elle crée les conditions d’adaptation des populations aux changements climatiques. Elle exige une prise de conscience des impacts nuisibles de ces changements sur la nature et la vie, et crée les conditions optimales pour la préservation du patrimoine naturel, biologique,
géologique et végétal.
53. Elle renvoie à l’ensemble des processus, règles, pratiques et institutions qui contribuent à la-protection, à la gestion, à la conservation et à l’exploitation de la biodiversité, de l’écosystème et des ressources minérales et énergétiques dans leurs différentes modalités et dans une perspective conciliant développement durable et réduction de la pauvreté. Elle se réfère également aux mécanismes et institutions, aussi bien formels qu’informels, qui englobent les normes et valeurs, comportements et modalités organisatrices autour desquels les citoyens, les organisations sociales ainsi que les différents groupes défendent leurs différences et exercent leurs droits en matière d’accès et d’exploitation des ressources naturelles.
54. L’environnement et les ressources naturelles sont de plus en plus considérés comme des biens communs mondiaux. Le caractère mondial de ces biens découle de l’appartenance de chacun des éléments qui le composent à un système intégré. Chacun peut profiter de l’atmosphère, du climat et de la biodiversité et, en même temps, la planète tout entière souffre des effets dramatiques du réchauffement global, de la réduction de la couche d’ozone ou de l’extinction des espèces. L’initiative environnementale de l’Union Africaine /NEPAD identifie des objectifs (ou domaines) liés à la préservation des écosystèmes naturels et à la gouvernance environnementale et aux ressources naturelles que je fais miens, à savoir :
• la lutte contre la dégradation des sols, la sécheresse et la désertification ;
• la préservation des écosystèmes, des plans d’eau et systèmes lagunaires ;
• la mise en valeur des sites touristiques et l’entretien des zones humides en Afrique ;
• la prévention et le contrôle des espèces envahissantes ;
• la conservation et l’utilisation durable des ressources côtières et marines;
• la conservation et la gestion transfrontalière des ressources naturelles (eau douce, bio¬
diversité, forêts et ressources végétales ;
• la réglementation de la gestion des déchets ménagers, industriels et chimiques, et son
contrôle strict.
55. A ces objectifs auxquels j’adhère, j’ajoute la gestion et l’exploitation éthique des ressources minières et extractives.
56. Cette dimension promeut l’économie verte comme système de valorisation économique, sociale, culturelle et spirituelle des ressources naturelles plaçant l’homme et sa culture au cœur des stra¬tégies d’aménagement du territoire incluant de façon interdépendante les trois modes de valorisa¬tion du territoire à savoir l’aménagement de préservation, d’adaptation et d’exploitation.
57. L’économie verte repose sur un plan d’aména¬gement et de gestion des ressources naturelles et humaines, conçu et mis en œuvre avec la participation active des populations riveraines.

MA FOI PROFONDE
58. Ma façon de voir le Bénin est axée d’une part sur l’éthique, la conversion impérative des mentalités, de nos comportements et de notre manière de prendre en charge les défis et enjeux de la Nation, et d’autre part sur un système nouveau de gou¬vernance par lequel, tous ensemble, nous allons provoquer la rupture et rétablir l’équité, relever notre pays et le conduire grâce à une Nouvelle Conscience. C’est le recentrage de notre Etre, sa transformation. C’est un AXIOME. C’est la route qui éclaire notre Esprit pour trouver le chemin de la lumière, celui du vrai développement écono¬mique et social, le développement intégral. C’est aussi la saine ambition collective pour un sursaut patriotique, civique et républicain.
59. C’est cette nouvelle conscience qui illuminera l’horizon de progrès viable et durable, celui de la fraternité, de la justice, du travail et de la compétition des talents; mais aussi celui de l’amour pour autrui, l’amour pour la patrie, l’amour pour la vérité et l’amour pour le bien commun. Je fonde mon espoir sur un Bénin qui connaîtra une nouvelle ère, caractérisée par la concorde nationale, l’éthique et l’engagement citoyen pour un système politique rénové et un mieux-être.
60. Que la Nouvelle Conscience triomphe pour un Bénin véritablement au travail et rayonnant.
61. Recentre-toi… Tu fleuriras….
Et le Bénin aura des bourgeons.
Dô ayï do, b’à gbàsé ; nu Bèné nd wlisé ! (Foc) Gobyrxtèweme, a na vovawun ; bo Bene nd t5n se ! (Gun) Parabole, ki o yo îtànnd ; Bènè yi Hïnsa ka nborp siriyani, n kùsùmà go bôosù be Bene ma dû fiyoyom teegi ! (Dendi)
A de atii Icirà ko, kpa winsû ko ; kpa Bene yîi kpara geeru wà ! (Baatouum)

Marc KOSSOU

aCotonou

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