Un duel Zinsou-Talon au second tour de la présidentielle au Bénin

Un duel Zinsou-Talon au second tour de la présidentielle au Bénin

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Cotonou – Le Premier ministre sortant Lionel Zinsou etl’homme d’affaires Patrice Talon s’affrontent dimanche lors du second tour de l’élection présidentielle béninoise, pour succéder au chef de l’Etat Thomas Boni Yayi qui se retire après deux mandats, conformément à la Constitution.

Trente-trois candidats, un record, se sont présentés lors du premier tour de cette élection, qui s’est déroulée dans le calme le 6 mars. Le banquier d’affaires franco-béninois Lionel Zinsou est arrivé en tête, suivi de très près par l’ex « roi du coton » Patrice Talon (27,11% contre 23,52%).

M. Talon, un « self-made man » de 57 ans devenu un des plus influents entrepreneurs du pays, bénéficie, pour le second tour, du précieux soutien de 24 candidats au premier tour, dont Sébastien Ajavon, l’autre homme d’affaires candidat, qui a fait fortune dans l’agro-alimentaire et qui s’est imposé comme le troisième homme en obtenant 22% des voix.
Mais au Bénin, les consignes de vote ne sont pas toujours suivies par les 4,7 millions d’électeurs.
M. Zinsou, 61 ans, en sait quelque chose: Désigné candidat des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE, au pouvoir), il a aussi été adoubé par deux grands partis d’opposition, rassemblant derrière lui une écrasante majorité de députés de l’Assemblée Nationale. Ce soutien ne s’est pourtant pas traduit par un large succès au premier tour, où il a devancé son principal
rival d’à peine 100.000 voix.

Le Bénin, petit pays de 10,6 millions d’habitants, est le premier État d’Afrique francophone à avoir entamé une transition démocratique au début des années 1990.

– Chômage, corruption, santé –

Mais le chômage, notamment des jeunes, la corruption, la santé et l’éducation seront les principaux défis du prochain président. Peu diversifiée, l’économie du pays s’appuie essentiellement sur l’agriculture et le commerce de transit et de réexportation vers son voisin et principal partenaire, le Nigeria.

M. Zinsou, ancienne plume du Premier ministre socialiste français Laurent Fabius dans les années 1980, a quitté son poste à la tête de PAI Partners, un des plus gros fonds d’investissement européens, pour devenir Premier ministre du Bénin en juin 2015.

Il dit vouloir mettre à profit sa brillante carrière internationale et son gigantesque carnet d’adresses – de Bill Gates à Barack Obama, dit son site internet – pour développer le Bénin. Mais ses détracteurs, qui le traitent volontiers de « yovo », « le blanc », lui reprochent d’être « parachuté » par Paris, l’ancien colonisateur, pour raviver les réseaux de la « Françafrique ».
M. Talon, qui s’est rendu aux urnes le 6 mars au volant de son coupé Porsche, tient à son image d’homme d’affaires prospère et dit incarner « la rupture ».

Entrepreneur incontournable au Bénin, contrôlant le secteur clé du coton et la gestion du port de Cotonou, Patrice Talon a financé les deux campagnes de M. Boni Yayi avant de devenir son ennemi public numéro un.

Les résultats du premier tour et la date du second tour n’ayant été confirmés par la Cour Constitutionnelle que dimanche dernier, les candidats n’ont eu que cinq jours pour retourner sur le terrain et tenter de convaincre les Béninois, la campagne prenant fin vendredi à minuit.
Les deux candidats ont débattu jeudi soir pendant deux heures en direct sur un plateau de la télévision nationale, une première au Bénin.

M. Zinsou, en boubou et petit chapeau mauves, a énoncé plusieurs points-phares de son programme, très axé sur le développement –une aide aux 100.000 familles les plus pauvres, « la lumière pour tous » et une amélioration des infrastructures médicales notamment.
M. Talon, en costume-cravate comme à son habitude, a dressé un tableau désastreux du Bénin, une « République bananière » devenue « la risée du monde ». Il a répété, comme un leitmotiv, à M. Zinsou, qu’il ne connaissait pas le Bénin et l’a accusé d’avoir « le syndrome du gouverneur dans une contrée de sauvages ».

Le débat a ensuite quitté le terrain des idées, M. Zinsou affirmant à son tour que M. Talon avait non seulement des ancêtres blancs, mais qu’ils avaient été impliqués dans le commerce d’esclaves.
str-cdc/dab/jhd

aCotonou

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