Tribune Libre Réformes stratégiques pour le Bénin. Priorité: convergence d’action!

Tribune Libre Réformes stratégiques pour le Bénin. Priorité: convergence d’action!

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Se conformant à l’article 4 du Règlement intérieur de l’Institution qu’il préside mais aussi à l’esprit de cette exigence constitutionnelle, le Président de l’Assemblée Nationale a sacrifié à l’ouverture solennelle de la première session ordinaire de l’année en cours. Le Président de la 7ième législature, à l’occasion, a dessiné, à l’attention de l’opinion nationale et internationale, ce 12 avril 2016, du haut du perchoir, les contours de l’Action parlementaire alors que le nouveau Président élu en poste depuis son investiture, le 06 avril 2016, ne cesse de convaincre les béninois de sa bonne foi de doter le Pays d’un arsenal de textes et institutions, gages de son décollage démocratique et économique . Bref de son envol dans le concert des nations prospères. Cependant une question: quelle part prendront des locataires du Palais des gouverneurs dans la conquête d’un résultat si désiré par le peuple? L’éclairage qu’appelle cette interrogation pourrait se trouver dans le décryptage du triptyque : Parlement, « Nouveau Départ » et Action parlementaire sur fond d’une seule priorité: la convergence d’action entre l’Exécutif et le Législatif. Il reste maintenant à savoir comment?
D’entrée rassurons-nous de ce que le Parlement est au centre des réformes constitutionnelles et institutionnelles quel que soit l’auteur de la prise de l’initiative devant y aboutir.
Cette réalité est consubstantielle à toute option démocratique de gouvernance. Elle résulte surtout, en ces termes, de la loi fondamentale en vigueur depuis le 11 décembre 1990, au Bénin, en son titre XI intitulé : De la Révision: « L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au président de la République, après décision prise en Conseil des ministres, et aux membres de l’Assemblée nationale. Pour être pris en considération, le projet, ou la proposition de révision, doit être voté à la majorité des trois quarts des membres composant l’Assemblée nationale. »
Ainsi donc nos députés ont le plein privilège d’être associés et d’achever à défaut d’avoir l’entière prérogative, toute initiative de réformes visant la réécriture de la Constitution de l’ère du renouveau démocratique au Bénin.
En l’espèce, il apparait net qu’au sommet du Parlement comme à celui de l’Exécutif, l’esprit est à la convocation des forces vives notamment, la classe politique aux fins de concrétiser en urgence les réformes.
C’est donc en toute logique que se pose l’évidence que la réussite face à un tel enjeu pour les gouvernants transite à tout prix par la mise en route et en commun des idées concrètes qui prendront corps au travers des changements souhaités et attendus dans la Constitution-version révisée.
Ensuite voyons! L’actualité cette semaine témoigne fort heureusement, au-delà de la solennité de l’engagement dont font montrent, lors de leur investiture respective, Me Adrien Houngbédji et Mr Patrice Talon en tant que président de la République et Président du Parlement, et met en exergue les deux plus hautes autorités travaillant et affichant leur détermination à rendre concrètes les réformes annoncées.
Les preuves en sont que l’un a réitéré sa promesse en mettant en place une commission ad’ hoc chargée de lui pondre des propositions dans ce sens et le second a remis au goût du jour, à l’aune de la dernière présidentielle sa conviction que le salut de la démocratie est tributaire de l’accomplissement des réformes par la classe politique censée constitutionnellement assurer la vitalité de la vie politique nationale.
L’autre sacrifice énorme, à ne considérer que le contexte et non la conjoncture, qu’a consenti le Président du Parlement c’est en mettant sur la marque de départ ses ressources politiques, de la majorité à réunir par le nouveau pouvoir à l’Assemblée nationale.
Faut-il le rappeler : 3/4 des 83 députés doivent être mobilisés pour permettre la validation de l’initiative de réformes constitutionnelles. Soit 63 voix!
En définitive peuvent être assimilés à des actes présumés de bonne foi, de chaque côté, en lien avec l’engagement pour les réformes politiques :
Du côté de l’Exécutif.
– La confirmation, de sa volonté de faire un mandat unique, par Mr Patrice Talon, lors de sa prestation de serment( La solennité du moment confère une certaine sacralité à ce qui la veille n’était qu’une promesse électorale).
– La mise sur pied en conseil des ministres de la commission ad’ hoc devant dépoussiérer les propositions à mettre dans le corpus des réformes envisageables. Ici en plus de ce que l’espace à la Marina est tout aussi sanctuaire que celui du stade Charles De-gaule voire plus. Il se distingue par le symbole du timing qui manifeste qu’elle est et demeure une priorité.
De celui du Parlement.
– Les divers contacts pris avec des partenaires à la coopération et à la modernisation du Parlement soldés par la disposition de ceux-ci à accompagner l’institution.
-La déclaration du soutien de son parti: le PRD -cela suppose son groupe parlementaire aussi- à l’action de réformes constitutionnelles et institutionnelles
– L’appel récurrent à l’endroit de la plénière de l’Assemblée Nationale et de la classe politique en vue de la réalisation concrète des mêmes engagements, lors de l’ouverture solennelle de la première session ordinaire de l’année 2016 etc..
C’est dire combien l’amorce du processus profile à l’horizon.
Mais quand sonneront les cloches de la saisine officielle du Parlement et de la prise en charge de ce dossier, l’intérêt supérieur de la Nation doit primer sur les considérations partisanes en dépit de ce que le Parlement soit le terreau légitime de toutes actions de défense des intérêts de groupes et de ligne personnelle politiques.

Dieudonné Metonou

aCotonou

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