Tournée du chef de l’Etat dans le septentrion: Une place de choix...

Tournée du chef de l’Etat dans le septentrion: Une place de choix pour Parakou dans les actions du gouvernement

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En route pour Sèmèrè, dans le département de la Donga, le chef de l’Etat, Patrice Talon, a effectué une escale à Parakou, vendredi 11 novembre dernier. Le maire Charles Toko a exhorté son soutien pour un mieux-être des populations de la localité.

L’heure était à la grande mobilisation des filles et fils de Parakou, vendredi 11 novembre dernier, à l’occasion de l’escale que le président de la République, Patrice Talon, a bien voulu marquer dans leur ville. A la faveur de cette visite, la première qu’il leur rendait depuis son élection à la tête du pays, ils ont tenu à lui réserver un grand accueil.

C’est sans aucun ministre à ses côtés, que le chef de l’Etat a organisé une séance de travail à l’hôtel de ville, avec ses différents responsables. Il a pris connaissance des difficultés auxquelles cette municipalité qui, selon son maire Charles Toko, l’attendait, est confrontée.

Parakou, un gros village

«Parakou se meurt et cette agonie a commencé depuis très longtemps. Depuis une dizaine d’années, il n’y a pas eu un seul pavé posé dans cette ville », a fait remarquer Charles Toko. « Depuis 1960, Parakou apparaît comme cette jeune fille à qui tout le monde fait une cour assidue, mais une fois qu’elle a cédé et qu’ils l’ont possédée, ils lui tournent le dos. Ils ne la reconnaissent plus. Parakou est l’envers de l’image d’une grande ville bienheureuse, ville qu’on projette d’elle ici et là et qui est malheureusement réduite à ce gros village totalement abandonné. On ne retient d’elle aujourd’hui, que les qualificatifs de 3e ville à statut particulier et de première ville de la partie septentrionale du pays que la loi et la nature ont voulu lui accorder », a-t-il laissé entendre, en présentant sa ville. Laquelle, manque de tout dans les domaines de l’urbanisation, de l’assainissement, de l’éducation, de la culture et de la santé où son CHD, estime-t-il, ne serait qu’un purgatoire pour le cimetière. « Aucun programme d’envergure n’a été mis en œuvre. Ceux qui sont en cours ont été montés dans une précipitation tels qu’ils créent aujourd’hui, à la fois des problèmes techniques, socio-économiques et environnementaux », déplore CharlesToko. « La ville est écartée des programmes spéciaux de développement dont Cotonou et Porto-Novo bénéficient », a poursuivi le maire tout en avertissant qu’il ne s’agit pas d’un appel à la délivrance, mais d’un cri de détresse.
A sa suite, le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, a fait le bilan de la tournée statutaire qu’il a effectuée tout dernièrement, pour s’enquérir des difficultés auxquelles les communes du département sont confrontées. Il a entre autres appelé au renforcement de l’effectif des Forces de sécurité et de la dotation en matériel roulant adéquat en vue de lutter efficacement contre l’insécurité surtout dans les zones frontalières, à la réfection des pistes rurales, à la réfection et au bitumage des axes routiers Parakou-Kabor, Nikki-Kalalé, Guessou Sud-Sinendé, Gando-Sinendé, Parakou-Pèrèrè-Nikki-Sègbana.D’autres difficultés, selon le préfet, ont trait à la couverture intégrale radiophonique et télévisuelle du département. « Nous osons espérer que votre arrivée ce jour, marquera le début de la résolution de ces problèmes afin de donner à cette cité, le vrai visage de chef-lieu du département du Borgou, de métropole du Nord Bénin. »

Les assurances du président de la République

En réponse aux préoccupations du maire et du préfet, le président de la République, Patrice Talon, va réitérer son engagement pour le développement de Parakou, secteur par secteur. Il a annoncé sa volonté de marquer positivement la cité des Kobourou au cours de son mandat. « Parakou manque de tout comme un peu tout le Bénin. En écoutant son maire, j’ai eu l’impression que Parakou est le seul enfant malade du Bénin. Malheureusement non, tout le Bénin est malade. Que ce soit aux plans du développement général, des infrastructures, de l’éducation, de la santé, de la sécurité, tout est à refaire », a indiqué le chef de l’Etat, Patrice Talon. « Vous savez, lorsqu’on n’a faim, on est impatient. Mes compatriotes qui ont fondé tant d’espoirs dans mon élection, on l’impression que les 7 mois qui viennent de s’écouler constituent déjà presque tout le mandat. Et c’est avec raison qu’ils sont si impatients, parce que nous manquons de tout. On a beau avoir faim, mais il n’est pas convenable de manger un plat mal préparé. Il faut avoir la patience d’attendre qu’il y ait les ingrédients qui soient mélangés et portés au feu. Que la sauce mijote et que le repas soit digeste », a-t-il souligné. « Nous venons de finaliser, tout en gérant le quotidien des Béninois, notre plan d’actions pour les quatre ans et demi qui nous restent. Je voudrais vous dire ici, qu’à la fin de mon mandat, vous serez fiers de moi », a expliqué le président de la République. Il a confié que Parakou occupe une place de choix dans les réformes proposées par son gouvernement, lequel a entamé les diligences pour que d’ici 2021 au plus tard, qu’il n’y ait plus une seule rue non asphaltée dans cette ville. Son gouvernement investira pour restaurer la qualité du plateau technique du CHD Borgou-Alibori. Pour rassurer davantage les populations, il leur a promis, avant la fin de son mandat, la couverture à 100 % de leurs besoins en eau potable et beaucoup d’amélioration en ce qui concerne la fourniture en énergie électrique?

Sortie salutaire

Le peuple ne vit pas que de pain et de paix, mais aussi de toute parole, surtout lorsqu’elle est rassurante, venant de la bouche de son dirigeant. C’est en cela que la sortie du chef de l’Etat du week-end dernier à Parakou, Djougou et Ouaké est salutaire. Les populations du septentrion n’avaient pas revu leur président depuis son élection à la tête du pays. Dans une clameur totale, une ferveur remarquable, elles sont sorties pour écouter celui qui paraissait loin d’eux depuis sept... longs mois. Le principal mobile du déplacement serait le drame de Sèmèrè ou six personnes ont péri dans une querelle entre praticiens de même culte. On ne pourrait souhaiter mieux en de pareille circonstance. Mais il aurait fallu que le chef de l’Etat fasse de même à la suite du drame d’Avamè où l’incendie a décimé une partie de la population et celui de Malanville ou plusieurs morts ont été également enregistrés dans les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Certes, le chef de l’Etat n’est pas resté insensible face à ce drame mais les populations auraient certainement aimé se sentir soutenues par la présence physique du président de la République en ces moments de douleur, au-delà des diligences et des missions dirigées sur ces théâtres pour apaiser les cœurs.
Chose salutaire, le déplacement de la délégation présidentielle s’est fait par voie de terre et non par hélicoptère ou par avion comme on en a eu l’habitude ces dix dernières années. Cela témoigne d’un souci de rationnalisation des resources du pays et de vivre les réalités des populations, qui ont ainsi la preuve qu’elles ne sont pas administrées de haut. C’est aussi un acte salutaire.
Bref, le président est sorti, les populations ont aimé. Vivement que ça continue ! Par exemple, dans un contexte de morosité ambiante renforcée par la crise monétaire au Nigeria, les populations ont certainement besoin d’être rassurées sur tout ce que fait leur président ou ce qu’il compte engager pour atténuer les effets du choc économique. Cela est d’autant plus nécessaire que l’on sort d’une gouvernance à forte connotation médiatique avec un président omniprésent. Les caciques du régime actuel diront qu’à chaque dirigeant, son type de gouvernance. Qu’à cela ne tienne ! Quoique méthodique, un chef trop discret laisse libre cours aux « intoxications et autres machinations ». Quoique le président rassure que la foi du gouvernement ne s’ébranlera pas pour autant et ce, malgré les éventuelles erreurs sur le parcours, des paroles fortes du chef sont de nature à réconforter la troupe et tout le monde.
Voir une seule fois vaut mieux qu’entendre mille fois. Les fiches de renseignement ne suffisent pas toujours pour se mettre au parfum des réalités. L’Egun (revenant), excellent danseur soit-il, lorsqu’il fait morfondre le public par une longue attente, finira par agacer ses propres fans.

Claude Urbain PLAGBETO

aCotonou

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