Talon-Ajavon : Pourquoi la rupture entre les deux hommes est impensable

Talon-Ajavon : Pourquoi la rupture entre les deux hommes est impensable

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Terrible crise et coma profond pour ‘‘l’enfant malade de l’Afrique’’. Guéri depuis 1972 de l’instabilité politique, le Bénin n’en finit néanmoins pas de multiplier les faux rendez-vous sur le chemin du développement. En mars 2016, les Béninois avaient cru, à jamais, conjurer le mauvais sort en portant Patrice Talon et la coalition de la rupture au pouvoir. Mais après sept mois de règne, les démons de la division revêtus du haillon 18 kg de cocaïne dans un conteneur font une intrusion en force et s’offre une crise de confiance et même un déchirement entre le président Patrice Talon et son premier soutien Sébastien Ajavon.
Les deux puissants hommes d’affaires présents dans le starting-block de la présidentielle de mars 2016 et alliés pour la victoire finale avaient pourtant nourri le rêve de 65% des Béninois. Et pour cause, l’union Talon-Ajavon voudrait dire pour beaucoup de leurs compatriotes des investissements pêle-mêle, le plein-emploi, les infrastructures de développement à couper le souffle, la fin de la corruption, de l’impunité…Mais, ce rêve, si rien n’est fait, s’évaporera et laissera place à l’éternel cauchemar qui, depuis les indépendances et surtout l’ère du renouveau, mine l’émergence du pays cité en exemple sur le plan démocratique.

Le Bénin d’abord, Talon et Ajavon après
Une chose est sûre, pour un Nouveau départ, les Béninois ne peuvent pas se permettre une ‘‘rupture’’ entre deux gros contributeurs de l’économie nationale. Elle ne servira que la cause des politicards et vendeurs d’illusions et non celle du peuple affamé pour qui, ces deux personnalités font, non seulement, partie du patrimoine béninois mais, gagneraient à faire la volonté du peuple et non la leur. Malheureusement, la tension entre les deux milliardaires est depuis l’affaire 18 Kg de cocaïne à son paroxysme. Vendredi dernier à Parakou, le ton présidentiel, à peine voilé, était à l’accusation et à la volonté d’en découdre avec le désormais ex allié. Hier, Sébastien Ajavon, le magnat de la volaille, dans un entretien accordé au journal ‘‘Le Monde’’ ne décolère toujours pas d’avoir été injustement gardé à vue huit jours durant.

Où sont les médiateurs crédibles ?
Plus de doute. Ceux qui, avant les deux sorties médiatiques évocatrices, se nourrissaient d’illusions et croyaient mordicus que l’affaire cocaïne n’entacherait nullement l’entente entre Talon et Ajavon peuvent se détromper. La plaie causée par cet événement est très profonde. La puanteur qui s’en dégage prouve qu’il faut se donner beaucoup de mal pour éviter la gangrène. Et si, au vu et au su de tous, l’espoir de la paix des braves et de l’union sacrée pour le développement du Bénin est compromis, il est impératif que les personnalités crédibles de la République s’activent pour une salutaire médiation.
Sinon, les défenseurs de la thèse le Bénin est un pays ‘‘maudit et l’enfant malade de l’Afrique’’ auront raison du positivisme de ceux qui, au contraire, croient dur comme fer, que Dieu aime la terre de Béhanzin et de Bio Guerra. En définitive, les Béninois de bonne volonté, épris de paix et de justice gagneraient à ne pas laisser le désamour entre Talon et Ajavon traîner le développement souhaité par tous, dans la boue et le caniveau de l’égocentrisme improductif. Mais, faudra-t-il aussi qu’ils fassent l’un et l’autre preuve de grandeur d’esprit. Car, seules la paix et l’union dans le travail pour un Bénin de rêve sont importantes. Tout le reste est vanité.
Angelo DOSSOUMOU

aCotonou

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