Sortie médiatique ennuyeuse : Ayadji, la girouette

Sortie médiatique ennuyeuse : Ayadji, la girouette

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Il était très attendu par beaucoup de téléspectateurs, autant sa sortie médiatique d'hier a été annoncée à grande pompe sur les réseaux sociaux. Malheureusement, rien à mettre sous la dent, au finish. Pour ceux qui l'ont suivi, au-delà d'un monologue, Jacques Ayadji, Directeur général par intérim des Infrastructures n'a servi qu'un laïus sur Canal 3 Bénin.

Dans le monologue rebutant du Dgi, ce qui retient le plus l'attention, c'est le "nous" qu'il a employé allègrement durant le débat. Jacques Ayadji se considérant aujourd'hui du pouvoir ou du Nouveau départ qu'il a combattu à cor et à cri, cela pourrait quand même paraître étonnant. Mais l'invité de l'émission hebdomadaire Zone franche de Canal 3 n'aura pas inventé la roue quant à cette posture adoptée. Il n'a fait qu'apporter l'eau au moulin de ceux qui pensent que le pouvoir change l'homme. En se comportant ainsi, Jacques Ayadji donne simplement raison à ceux qui affirment que la victoire a plusieurs pères et l’échec, souvent orphelin. Sinon, comment comprendre que Patrice Talon dont il a condamné la candidature il y a à peine un an, le traitant de " dangereux...", celui par qui le peuple béninois connait tout le malheur qui lui est arrivé sous l'ancien président Yayi Boni, soit aujourd'hui celui-là même qu'il défend sans retenue (confère les propos ci-dessous en nouvelle publication). Parce qu'il mange désormais à la table?  

Le comble

La grosse surprise des téléspectateurs, c'est la position adoptée sur le plateau par Jacques Ayadji au sujet de la décision du gouvernement qui interdit toute manifestation d'organisations estudiantines sur les campus.  Beaucoup attendaient l'ancien responsable d’étudiants et ancien syndicaliste sur cette actualité qui fait assez de bruits dans la République. Malheureusement l'ardent défenseur des libertés sous Yayi, a usé de ruse pour évacuer le sujet; sa bouche étant pleine sans doute. D'entrée, il répond aux journalistes en leur faisant comprendre qu'on doit tenir compte de celui qui a pris la décision. A bien analyser ses propos, comme c'est Patrice Talon, « différent » de son prédécesseur qui prend des décisions liberticides, il n'y a pas lieu de polémiquer ou de manifester. "On peut qualifier un acte en tenant compte du poseur de l'acte", a-t-il déclaré. Pourquoi c'est après seulement six mois d'exercice du pouvoir du président Talon et après sa promotion au poste de Dgi que Ayadji découvre subitement des valeurs à l'opérateur économique candidat, qu'il avait qualifié de tous les noms d'oiseaux? Chose paradoxale, "le démocrate" Ayadji trouve qu'il "ne peut pas sourire face à cette douloureuse décision", mais il ne démissionne pas, et ne condamne pas non plus la décision". Sa conclusion est plutôt: "ne soyez pas surpris que d'ici à la une équipe de la Rupture constituée d'anciens responsables d’étudiants qui sont autour du système puisse se mettre dans une posture d'explication. Ce qui est sûr, le gouvernement n'a pas pris une décision d'arrêter les mouvements". En tant qu'ancien responsable étudiants, il refuse que les journalistes qui le recevaient, se lancent dans des interprétations parce que lui Ayadji, il n'a pas encore pris connaissance de tout le contenu de la décision. Et pourtant, lui qui n'a pas encore pris connaissance de tout le contenu dit être "convaincu que le président Talon n'a pas pour vision de mettre en difficulté les libertés dans notre pays". Décidément. Au regard des différentes déclarations,  Jacques Ayadji n'est qu'une girouette. Inutile de faire mention des propos qu'il a tenus sur le débat du mandat unique voulu par le chef de l'Etat dans le processus de réformes constitutionnelles et institutionnelles. Un projet qu’il a pourtant combattu jusqu’à quelques jours de sa nomination.

Worou BORO  


Matin Libre

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