Second tour de l’élection présidentielle:Manifeste contre l’impunité et la fausse rupture

Second tour de l’élection présidentielle:Manifeste contre l’impunité et la fausse rupture

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Le second tour de l’élection présidentielle de 2016 offre au peuple béni-nois des fortunes diverses dans l’interprétation idéologique du concept de la rup-ture et notamment du phénomène de l’impunité qui demeure le plus court che-min vers le chaos démocratique auquel nous conduit aujourd’hui le régime du changement et de la refondation. À peine a-t-on oublié que chaque candidat à cette élection présidentielle a ses idées sur la notion de rupture : ‘‘à chacun sa rupture !’’ est-on en droit de souligner.

Mais comment rompre définitivement avec le chaos démocratique au Bé-nin si ce régime perdurait, le tournant d’un quinquennat ? La seule solution que préconise la Coalition pour le Nouveau Départ s’adosse à une invite du peuple à vaincre la peur en appelant à offrir le suffrage au futur Président Patrice Atha-nase Guillaume Talon qui reste le porte flambeau et le porte bonheur de la vraie rupture et de la lutte contre l’impunité.

En réalité, ces dix dernières années ont produit plus de néologismes qu’en cinquante ans au Bénin du fait même du régime dit du changement. Ce corpus de nouveaux mots ou de nouveaux concepts rend compte en toute évidence que les spécialistes du langage et de la lexicologie politique doivent se régaler par les dix morceaux choisis que voici :

1- Je suis le premier magistrat
2- Je suis le garant de la sécurité nationale
3- Depuis l’indépendance, nous avons tous échoué y compris moi-même
4- J’amènerai les miens pour les affronter
5- Je vais rebondir
6- Ils sont tous petits
7- Si le courant électrique n’est pas rétabli, vous serez limogé
8- Je vais les écraser, ils sont malhonnêtes
9- Je suis encore le Chef suprême des armées
10- Dieu le Père céleste nous regarde.

Mais la rupture que défend le candidat talentueux Patrice Talon, c’est d’abord de finir avec l’impunité et le messianisme : « Il n’y a pas de sauveur su-prême. Ni Dieu, ni César, ni Tribun » affirme l’hymne L’Internationale pour rassurer les prolétaires de tous les pays et notamment la classe ouvrière et pay-sanne du Bénin. Les dix dernières années ont démontré surtout et sans coup férir que le peuple n’a été ni sauvé par l’intrus ni soigné par le messie de sorte que les signes distinctifs et caractéristiques du régime, d’avec lequel il doit avoir rupture, ont consisté :
1- au port quasi permanent de la cravate rouge ou rougeâtre ;
2- aux poses de vraies et fausses premières pierres ;
3- aux éléphants blancs ou grisâtres ;
4- aux concours bâclés et frauduleux ;
5- aux femmes en travail bien ou mal gratuitement césarisées ;
6- aux micro-crédits plus électoraux que sociaux ;
7- à la fissure de l’unité nationale ;
8- à la décrépitude de l’économie nationale ;
9- à l’affaiblissement du pouvoir d’achat du citoyen ;
10- à la disparition mystérieuse et non-élucidée de hauts cadres de la nation ;
11- à la spoliation des populations par le phénomène inédit d’épargnes extor-quées par ICC et consorts ;
12- à la banalisation de la fonction ministérielle par la prolifération de Mi-nistres d’État ;
13- à l’infantilisation des Institutions de la République ;
14- à la destruction de l’hélicoptère pourtant destiné à la recherche minière et pétrolifère ;
15- au mépris du patrimoine culturel et cultuel que constitue le panthéon Vo-dun ;
16- aux audits non exploités ;
17- à l’opposition factice des religions et des régions
18- à la destruction méthodique et systématique de tous les vrais partis poli-tiques par le concept équivoque de la ‘‘démocratie Nescafé’’ ;
19- au démembrement de la société civile ;
20- à l’apothéose de la corruption et de l’impunité.
La vraie rupture, c’est donc, bel et bien, tourner le dos à l’intrus qui a dé-truit la maison, c’est aussi et surtout mettre fin aux remaniements ministériels fantaisistes, à la promotion de syndicats jaunes, rembourser une belle pension de retraite aux fous du roi, crédibiliser la lutte contre la corruption et l’impunité, mettre fin au K.O. qui a failli conduire notre cher Bénin dans le chaos démocra-tique.
Loin de nous en effet toute confusion d’avec le concept de rupture car il est question, à notre humble avis, de rompre définitivement avec les mauvaises et scabreuses techniques de gouvernement héritées du pilotage à vue ces dix der-nières années : éviter la gouvernance dite ‘‘ventilateur’’ c’est-à-dire mettre sous le boisseau le pilotage à vue directe en évitant les règlements de comptes et des décisions hâtives sans lendemain ou avec des lendemains qui déchantent comme des aéronefs sans rétroviseur. Merci donc au peuple souverain qui a permis à Patrice Talon de rencontrer au second tour le candidat Lionel Zinsou-Derlin (de la vraie continuité).
Merci à Sébastien Ajavon (fofo Séba) ; merci à Abdoulaye Bio Tchané ; merci à Mankandjou Pascal Irenée Koupaki ; merci infiniment à tous les autres candidats de la Coalisation de la Rupture ; merci à Gazozo du Syndicat National des Médecins Intellectuels Traditionnels et Assimilés du Bénin (SyNaMITraAB) pour ses prières ; merci au Clergé du Bénin ; merci aux Vodunons et aux Vo-dunsi ; merci aux autres confessions religieuses qui nous soutiennent sincère-ment ; merci à la classe ouvrière et paysanne.
Ensemble, nous allons vaincre le chaos démocratique le dimanche 20 mars 2016 pour remettre enfin la République du Bénin sur les vrais rails du dévelop-pement.

Abomey-Calavi, le 15 mars 2016

Par Henri Dagbédji Hessou

Membre-fondateur de la coalition Nouveau Départ

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