Sanctions disciplinaires prononcées contre Ahossi et Houndété : L’Un prend des décisions...

Sanctions disciplinaires prononcées contre Ahossi et Houndété : L’Un prend des décisions absurdes

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Le Bureau politique transitoire (Bpt) de l’Union fait la Nation (Un) a suspendu jusqu’à nouvel ordre certains cadres de l’alliance qui ont rejoint l’équipe de campagne du candidat Lionel Zinsou. C’est une décision inexplicable qui intervient à un moment où l’Un vit des moments de turbulence.

Les députés Eric Houndété, Basile Ahossi sont provisoirement suspendus de l’Un. Le Bpt de l’Union a rendu publique la sanction disciplinaire contre ces cadres de l’alliance le 17 février 2016. «Le Bureau politique prend acte du comportement politique d’une poignée de membres de l’Un qui se positionnent auprès du candidat des Fcbe, qu’ils présentent cyniquement comme « candidat de rupture ». Il s’agit très clairement d’une imposture et d’une insulte à l’intelligence (…) Le Bpt prononce la décision de suspendre, conformément à ses statuts, tous ceux qui, à la base comme dans les instances dirigeantes de l’Un, se sont engagés dans cette voie. Ils ne peuvent et ne doivent plus participer à aucune activité de l’Un, ni s’exprimer en tant que membre ou au nom de l’Un, jusqu’à nouvel ordre», lit-on dans le communiqué de l’Union. Cette sanction relève de l’absurdité selon plusieurs observateurs. La décision ne respecterait aucune logique puisque à les entendre, l’Union évolue dans une confusion indescriptible. Ce qui autorise chaque militant à faire son choix politique comme il entend. Le Bureau politique de l’Union, faut-il le souligner, a violé les règles organisant la désignation du candidat unique de l’alliance et a depuis lors ouvert la porte au désordre. N’ayant en effet pas réussi à s’entendre autour d’une candidature interne, certains membres du bureau politique «ont changé les règles en cours de jeu». Ils ont décidé en janvier 2016, à moins de trois mois de la présidentielle, de trouver un candidat hors des rangs de l’Un. Ils voulaient choisir entre les deux hommes d’affaires. Une option qui a fortement été contestée au sein de l’Union. Le processus n’a pu aboutir. «A l’Union, nous nous sommes trompés. Nous avons découvert la vertu de l’argent… Il n’y a pas de rassemblement à l’Un. C’est une vaste blague», avait même commenté le député Eric Houndété sur Canal 3 Bénin. Pour des observateurs, en remettant en cause ses propres règles, le Bureau politique de l’Un a fragilisé sa propre autorité et autorisait par conséquent tout militant à s’éloigner des objectifs de l’ensemble politique. Le communiqué du 14 janvier 2016 qui recommandait aux militants Un d’opter pour la rupture et d’éviter de travailler à l’élection du candidat soutenu par le pouvoir n’était nullement impératif, les règles de base ayant été perverties.

L’Un divisée…

Il n’existe aujourd’hui réellement plus de coordination dans les actions des membres de l’Un. Les deux candidats milliardaires ont réussi à les diviser. Sur le terrain, leurs équipes échangent des propos malveillants. Et rien ne prouve qu’elles pourront même s’unir en cas de second tour de la présidentielle. La division est d’autant forte que dans le Couffo, Patrice Talon et Sébastien Ajavon se sont lancés dans une bataille terrible pour le contrôle des élus locaux de l’Un. Ces affrontements laisseront inévitablement des traces. Par ailleurs, l’alliance Force clé, l’un des partis très actifs de l’Union est au bord de la cassure. Eric Houndété et Jude Lodjou voteront pour Lionel Zinsou. Lazard Sèhouéto a, lui, été séduit par le projet de société de Patrice Talon. Et il est bien difficile que ces membres que tout oppose actuellement réussissent à accorder leur violon après la présidentielle. A fortiori, ils ne pourraient plus défendre ensemble la vision de l’Un. D’ailleurs, Eric Houndété a annoncé la couleur début février sur Canal 3 Bénin : « C’est à l’Union fait la Nation de savoir si elle a besoin de moi. Nous avons assumé notre responsabilité, notre obligation de servir. Si l’Union fait la Nation se trompe, je ne peux pas être dans sa dynamique. Si c’est une erreur délibérée, je ne peux pas la suivre ». C’est donc clair : le communiqué de l’Union du 17 février dernier s’adresse à des militants qui n’en sont plus. Il émane aussi des personnes dont la légitimité s’est totalement érodée.

A.S.

Matin Libre

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