Route de l’esclavage : La honte d’un site touristique hautement historique

Route de l’esclavage : La honte d’un site touristique hautement historique

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La commune de Ouidah est connue pour le rôle principal qu’elle a joué dans la traite des esclaves au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Ayant vu près d’un million de personnes empruntées cette voie qui mène vers la porte dite du non retour, ce trajet d’un kilomètre environ est aujourd’hui délaissé faisant un état totalement dégradant sous les regards indifférents des autorités à divers niveau.

 

Difficile de faire le trajet de la place « Tchatcha – porte du non retour » dans la commune de Ouidah. En dehors de la broussaille qui vous accueille et vous frappe, à sa manière lors du voyage sur ce tronçon, l’état de la voie laisse vraiment à désirer. Cette route de l’esclave qui a fait l’objet d’une importante reconstitution historique pour le festival de Ouidah 92, retrace le douloureux parcours géographique et historique marquant les différentes étapes de l’exil des bras valides de Danhomey, aujourd’hui Bénin, et de la sous-région.

Pour rappel, sur cette route de près d’un kilomètre, on compte des étapes telles les Aires de ventes communément appelés le Quartier Brésil, les Aires de marquage et entrepôt de Zoungbodji-Zoma, la traversée de la lagune et la plage d’embarquement. Il est aussi à rappeler que ce parcours de la mémoire est rehaussé par des lieux de commémoration, mémorial, arbre de retour et au finish, la porte du non retour. La belle image que présentait jadis cette belle voie historique s’est vite effacée et aujourd’hui, c’est avec consternation, désolation et même honte qu’on devrait emprunter ladite voie. Même si la porte du non retour et tout le reste situés sur la plage donnent toujours un aspect appréciable, la route qui y mène démontre la désinvolture et la légèreté par lesquelles les autorités tant locales, communales et nationales gèrent une route pourtant classée dans les patrimoines de l’UNESCO.

Pourquoi ne pas mettre des pavés à défaut d’une route goudronnée à la hauteur de l’histoire ? La question reste posée et seuls les dirigeants à divers niveau pourront, sans un discours politique, nous définir leur politique de développement pour cette route si rentable non seulement à la mairie de Ouidah, mais également à toute la nation béninoise. Selon Grégoire, ressortissant de cette commune rencontré à Cotonou, « les autorités municipales semblent complètement ignorer cette route qui pourtant fait la fierté des ‘Gléxwévi’ en matière de site touristique dans le pays ». La route des pêches, un projet du gouvernement qui donnera une autre visibilité à ce site historiquement touristique, peine toujours à prendre corps et en attente d’une bonne route de l’esclavage, il urge que les actions soient entreprises afin de  débarrasser les statuts et dessins historiques implantés le long de la route de la broussaille.

 

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