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Rex Koukpolou : « Les réseaux sociaux sont aujourd’hui des endroits où chacun s’exprime plus librement. »

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Le 03 mai dernier, le Bénin a célébré à l’instar des pays du monde entier la journée internationale de la liberté d’expression. Un évènement qui n’a pas laissé indifférent les activistes des plateformes numériques qui estiment que de nos jours, les réseaux sociaux constituent de plus en plus les canaux les plus dynamiques de diffusion de l’information de tout genre. En effet, il n’est pas rare de constater que certaines informations sensibles mais authentiques ne sont diffusées que sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux constituent-ils donc le vrai visage de la liberté d’expression ? Quel est le sens de la liberté d’expression qui s’observe sur les réseaux sociaux ? Quelles sont les limites de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux ? Ce sont les questions auxquelles à essayer de répondre Rex Koukpolou, spécialiste en communication, activiste sur le réseau social Facebook. Lisez plutôt.
Pensez-vous que les réseaux sociaux constituent aujourd’hui le vrai visage de la liberté d’expression ?

Etant un activiste de la toile, notamment sur le réseau social Facebook, je puis certifier que les réseaux sociaux constituent aujourd’hui une plateforme où chacun peut s’exprimer librement, chacun peut donner ses opinions par rapport à telles ou telles situations qu’il a vécues ou telles ou telles situations que quelqu’un d’autre a vécues ou sur l’actualité politique en général. Donc je pense qu’il n’y a pas de limite dans les informations que chacun vient donner sur les réseaux sociaux.

Même si l’information n’est pas toujours vraie ?

Même si l’information n’est pas toujours vraie, ça finir toujours par se faire savoir par les internautes. Mais je pense que aujourd’hui, les gens s’assurent que l’information qu’ils veulent distiller à travers les réseaux sociaux ont été tirées de la bonne source.

Cela voudra donc dire que toutes les informations que vous publiez sur la toile viennent de la bonne source ?

Oui bien sûre ! Moi je ne publie pas n’importe quoi. Quand je dis quelques choses, c’est vérifiable.

Que répondez-vous alors à ceux-là qui pensent que vous êtes un extrémiste qui n’a que pour mission d’intoxiquer l’opinion publique ou de jeter du discrédit sur les hommes politiques auxquels vous n’êtes pas favorable ?

Bon ! C’est de bonne guerre ! Mais vous savez, dans toute démocratie, il y a des gens qui parlent un langage différent que ceux qui sont proches du pouvoir. En fait, je ne critique pas le gouvernement place mais je donne une opinion. Une opinion n’est pas forcément de la critique. Je donne donc une opinion par rapport aux actes que pose les membres du gouvernement. C’est cette opinion certains traduisent comme de la critique acerbe contre le régime en place. Mais ce n’est pas une.

Quel sens vous donnez alors au combat que vous menez sur le réseau social Facebook ?

Le combat que je mène aujourd’hui n’est pas orienté contre une personne mais c’est plutôt ce que j’ai l’habitude d’appeler de la veille citoyenne. Mon combat, c’est donc d’inviter les gouvernants à ne pas s’éloigner des problèmes réels de la nation que sont la santé, l’éducation, l’emploi des jeunes, le transport, les routes, les hôpitaux, la construction des salles de classe et à ne pas focaliser leur attention sur le coton par exemple comme on le constate depuis environ trois semaine où le gouvernement à chaque conseil des ministres ne fait que prendre des décrets pour monopoliser la filière coton au profit d’une seul personne. Donc mon combat aujourd’hui c’est pour éveiller les consciences et je crois que dans une bonne démocratie la veille citoyenne est nécessaire surtout pour les jeunes.

On sait que vous êtes très proches de l’actuel maire de la ville de Cotonou, d’un homme politique avéré. Ne pensez-vous pas que cela discrédite un peu votre combat de veille citoyenne ?

Avant d’être activiste, je suis militant de la Renaissance du Bénin (Parti politique de l’actuel maire de la ville de Cotonou – ndlr), je défends les causes de la Renaissance du Bénin (RB). Le maire Léhady SOGLO étant le président de la RB, il est donc normal que les gens fassent le rapprochement entre le maire et moi. Mais ceci ne constitue pas un frein dans mon combat de veille citoyenne. Je suis donc libre de donner mon opinion sur les actions du gouvernement et je crois cela participe à la bonne marche de notre démocratie.

Avec le gouvernement du nouveau départ, la liberté de la presse semble-t-elle être garantie à votre avis ?

Bon ! J’ai eu certaine crainte surtout quand je vois certaines presses privées, pour ne pas dire deux ou trois, font allégeance à l’actuel président de la république et ce, depuis les campagnes électorales. Dans ces conditions la presse ne joue plus efficacement son rôle de contrepouvoir et je crains qu’à cette allure, Reporter sans Frontière, à l’avenir, ne déclasse le Bénin loin derrière certaines nations que je ne voudrais citer comme les mauvais exemples en matière de liberté de presse.

Le président Patrice Talon a clairement dire à plusieurs reprises que la chaine publique sera accessible à tous citoyens quel que soit son bord politique. Cela ne semble-t-il pas vous convaincre ?

Il y a ce que le président dit et il y a la réalité. C’est comme quelqu’un qui disait il y a la réalité et le réalisme. Je crois que le président de la république est de bonne foi mais cette foi ne se traduit pas encore dans les actes à savoir que des journalistes d’une certaine chaine de télévision privée sont nommés dans des ministères. Je pense que ce n’est pas bien dans une bonne démocratie que toute la presse parle le même langage, toute le presse caresse le régime en place je pense qu’il a de quoi avoir crante. Mais je reste confiant que le Bénin a toujours étonné et que le Bénin étonnera.

Votre mot de fin.

Nous béninois avons la chance de vivre dans un pays démocratique où la liberté de la presse est garantie malgré tout. Sur ce point, c’est formidable et c’est une vraie chance de vivre au Bénin. Malgré les sujets parfois controversés qui sont abordés sur le réseau social Facebook, je suis heureux de vivre dans un pays démocratique qui autorise l’expression des idées nouvelles qui dérangent parfois.

Mais « avoir le droit » ne signifie pas « absence de droit ». Beaucoup d’internautes semblent ignorer qu’il y des limites à la liberté d’expression qui ont été mises en place pour éviter de sombrer dans l’anarchie et que tout le monde l’utilise comme une arme pour taper allègrement sur les autres en racontant n’importe quoi. Je tombe ainsi régulièrement sur des articles qui dépassent les limites et exposent leurs auteurs à des poursuites judiciaires et qui, montrent bien les problèmes d’éducation en existants en matière légale.

J’invite donc tous les activistes de la toile à être objectif dans leur commentaire, à ne pas prendre l’opinion contraire aux leurs comme une forme d’opposition. Je pense que le combat que je mène aujourd’hui est salué par beaucoup de citoyens béninois et je continue dans cette direction.

Propos recueillis par Ignace Sossou de beninwebtv.com

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