Réunion du Groupe consultatif africain : la déclaration de Abdoulaye Bio Tchané.

Réunion du Groupe consultatif africain : la déclaration de Abdoulaye Bio Tchané.

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M. Abdoulaye Bio Tchané, Président du Groupe des gouverneurs africains, et Mme Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ont co-présidé ce dimanche 17 avril 2016 la réunion du Groupe consultatif africain qui s’est tenue au siège du FMI. Après cette réunion, ils ont publié la déclaration suivante (1).

« Nous avons eu des entretiens très productifs sur les perspectives économiques de l’Afrique, en mettant l’accent sur les enjeux à court terme et les opportunités qui continuent de se présenter. Du fait de la dégradation de l’environnement économique extérieur et, en particulier, de la forte baisse des prix des produits de base, ainsi que du durcissement des conditions financières, la croissance en Afrique devrait tomber aux environs de 3 % en 2016, soit le niveau le plus bas depuis longtemps. Cependant, les taux de croissance varient largement d’un pays à l’autre : ainsi, les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne continuent d’enregistrer une croissance supérieure à 5½ %.
« Nous sommes convenus que la baisse des prix des produits de base durera probablement longtemps, car les causes semblent structurelles plutôt que temporaires, y compris le rééquilibrage en cours de la demande en Chine et, dans le cas du pétrole, les innovations technologiques qui ont accru l’offre. Nous avons constaté aussi que des chocs non économiques, liés par exemple au climat ou à la sécurité, constituent des risques pour les perspectives économiques de l’Afrique.

« Dans ce contexte, nous sommes convenus qu’un ajustement budgétaire rapide s’impose d’urgence pour préserver la stabilité macroéconomique et reconstituer les marges de manœuvre dans l’ensemble de la région, et surtout dans les pays exportateurs de pétrole. Nous sommes convenus aussi que les autorités nationales doivent viser, en procédant à cet ajustement, à protéger les dépenses prioritaires, telles que les dépenses sociales et des dépenses d’infrastructures efficientes dont l’ordre de priorité est bien établi, pour veiller à ce que les objectifs de développement à plus long terme restent réalisables. Par ailleurs, nous sommes convenus que, si possible, il convient de laisser les taux de change s’ajuster selon le besoin pour absorber les chocs et améliorer la compétitivité, et de limiter les interventions des banques centrales à l’atténuation des mouvements désordonnés des marchés.

« Au-delà des ripostes immédiates, nous sommes convenus qu’il est nécessaire de relancer les programmes de diversification économique. Des réformes structurelles plus énergiques pour améliorer le climat des affaires et le fonctionnement des marchés du travail et des capitaux et développer les échanges commerciaux sont essentielles pour relancer l’activité et les perspectives économiques, créer des emplois et rehausser les niveaux de vie. »

M. Bio-Tchané a noté qu’ « il est indispensable que les pays africains adaptent leurs politiques au nouvel environnement et utilisent tous les outils à leur disposition (politiques budgétaire, monétaire, de change et structurelles) pour préserver la stabilité macroéconomique obtenue au prix de tant d’efforts, limiter l’impact social, continuer de renforcer la résilience des économies aux chocs et soutenir la croissance. L’investissement public ayant grandement contribué à préserver une croissance économique positive pendant une période très difficile, il est particulièrement impératif de ne pas ralentir brutalement l’élan donné à l’économie par l’investissement public et privé. Dans ce contexte, les pays africains attendent du FMI non seulement qu’il reste bien présent à leurs côtés, mais aussi qu’il adapte ses instruments et son aide financière à l’ampleur des chocs subis. L’un des moyens serait d’accroître l’accès des pays à faible revenu aux ressources générales du FMI. À terme, dans la perspective de la réalisation des objectifs de développement durable, nous convenons qu’il est important que les gouvernements maintiennent la stabilité macroéconomique, renforcent les institutions et le climat des affaires, corrigent les graves déficits d’infrastructure, élargissent l’accès aux services financiers dans nos pays, et veillent à ce que la croissance soit généralisée et inclusive».

Mme. Lagarde a déclaré «comme par le passé, le FMI restera très proche de ses pays membres africains. Il sera essentiel de mener des politiques appropriées pour surmonter ce moment difficile et maintenir des fondements solides en vue de réaliser une croissance durable et de réduire la pauvreté. Le soutien du FMI peut prendre plusieurs formes, selon les besoins des pays : conseils de politique économique, assistance technique et renforcement des capacités, et aide financière, si nécessaire. Le FMI continuera de renforcer les fondements analytiques de ses conseils et de ses instruments, et cherchera à adapter ses politiques aux besoins en pleine évolution de ses pays membres.»

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(1) Le Groupe consultatif africain rassemble les Gouverneurs du FMI pour 15 pays africains représentés au sein du Groupe des gouverneurs africains, et la Direction du FMI. Il a été créé en 2007 pour renforcer le dialogue entre le FMI et le Groupe des gouverneurs africains. Le Groupe consultatif africain se réunit lors des réunions de printemps, tandis que la Direction du FMI rencontre tous les membres du Groupe des gouverneurs africains lors des assemblées annuelles.

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