Rencontre Talon – partenaires sociaux : Toboula humilié

Rencontre Talon – partenaires sociaux : Toboula humilié

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(Comment les syndicalistes ont sacrifié le « bélier»)
On en sait un peu plus sur l’une des motivations de la décision de création d’une Cellule à la présidence de la République pour analyser et suivre les arrêtés qui seront désormais pris par les ministres et préfets. La sortie du secrétaire général de la Cgtb sur Canal 3 télévision hier, a permis de savoir que cette décision, rendue publique mercredi à l’issue du conseil des ministres, ne l’a pas été ex nihilo.

Lorsque la décision de passer désormais au scanner, au Palais, tout arrêté préfectoral ou ministériel a été rendue publique, des observateurs et analystes ont soupçonné qu’elle viserait surtout le préfet du Littoral, Modeste Toboula. Ce préfet, dont beaucoup de citoyens dénoncent le zèle dans l’exercice de sa fonction. Il semble que ceux-ci n’ont pas tort. Visiblement, le chef de l’Etat a pris la mesure de la situation et nul doute que la séance de prise de contact qu’il a eue avec les syndicalistes en a été pour beaucoup. A se fier aux déclarations du secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin, Pascal Todjinou, les agissements du préfet Toboula ont été débattus avec le président Patrice Talon. Au Sg de la Cgtb de vider à nouveau le trop plein : « Il (le chef de l’Etat Ndlr) a nommé un préfet qui a dit qu’il est quelque chose. Il trace des lignes rouges partout. On n’est pas au village où il y a Oro (divinité, société culturelle secrète)… Nous avons dit au président Talon qu’aujourd’hui il y a accalmie mais demain la tension peut commencer par là (…) ». Pascal Todjinou ne digère pas que la marche des étudiants qui étaient soutenus par les Secrétaires généraux des confédérations et centrales syndicales soit réprimée telle que cela s’est fait en juillet dernier. Le Sg de la Cgtb estime que non seulement il y a eu violation de la franchise de la Bourse du Travail par les forces de l’ordre sur instruction du préfet, mais aussi celui-ci semble ravir la vedette à l’édile de la municipalité de Cotonou. « Il se substitue au maire. C’aurait été un autre maire que les rivalités se seraient exacerbées (…) Nous avons dit au président que ce que ce préfet a fait est criminel », s’est exprimé Pascal Todjinou qui a confié que suite à ses plaintes, le président Patrice Talon n’est pas resté insensible. Il a même laissé entendre que le locataire de la Marina est sensible aux sanctions. Mais en dépit de ce « rapport » fait au patron de l’Exécutif,  Pascal Todjinou reste menaçant. Dans ses mots de conclusion sur le plateau de la chaîne de télévision, l’invité de « Zone franche » a martelé : « Il faut effacer toutes les lignes rouges du pays pour que nous puissions circuler librement ».

Jacques BOCO

Le « bélier » sacrifié !

C’est clair. Le préfet Toboula fait les frais de sa fougue. Que ça soit une stratégie du chef de l’Etat pour calmer les partenaires sociaux et préserver la paix et l’unité nationale, la décision d’encadrer les actes futurs de l’autorité territoriale a été prise. Et c’est suite à la rencontre du président Patrice Talon avec les barons du monde syndical. Mieux, la décision prise en conseil des ministres est intervenue après la sortie médiatique simultanée du préfet sur des chaînes de télévision où il a tenu des propos à l’endroit des autorités de la ville de Cotonou et de l’ancien chef de l’Etat, Yayi Boni. Conscient de ce que si Modeste Toboula n’est pas contrôlé dans son élan, le gouvernement pourrait avoir à gérer des crises nées de frustrations, le chantre de la Rupture et du Nouveau départ a dû certainement user de « diplomatie ». Patrice Talon sait qu’il en a pour cinq ans et il reste du chemin à faire. Et quand il s’aperçoit qu’il est attendu sur beaucoup de chantiers notamment, le projet des réformes institutionnelle et constitutionnelle pour lequel le peuple et l’Assemblée nationale seront sollicités bientôt, il s’est sans doute dit qu’il faut taper du poing sur la table. Ainsi, bien que les mobiles de la décision aient été précisés, il est une évidence que Modeste Toboula (puisqu’apparemment c’est le plus visé par la décision), vient d’être dessaisi de sa hache dans l’espoir que l’Iroko tienne debout en attendant… De toutes les façons, Patrice Talon a pris ses responsabilités. Et, conséquence, le     « bélier » fut sacrifié sur l’autel de la paix sociale.

J.B


Matin Libre

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