Rencontre de réconciliation entre deux amis:Talon doit se concentrer sur la réussite...

Rencontre de réconciliation entre deux amis:Talon doit se concentrer sur la réussite de son mandat

0
PARTAGER

Le vaste et ambitieux projet de société du président Patrice Talon exige de sa part une concentration et une disponibilité constante pour réussir son unique mandat. Le chef de l’Exécutif béninois doit se méfier des rencontres de l’acabit de celle d’Abidjan du lundi 18 avril 2016.

Les Béninois attendent beaucoup du président Patrice Talon. Ils attendent du compétiteur-né le redressement économique et social, le rétablissement des va-leurs morales, la restauration et l’affermissement du sens de l’autorité de l’Etat, en un mot le retour à la normale de toutes les considérations qui fondent l’existence de l’homme. De telles attentes nécessitent de la part du président de la République, une disponibilité et une concentration accrues sur les problèmes de la nation. Car, les Béninois sont impatients de vivre les bons moments sous le régime de la Rupture. Les compétences recourues pour la composition du gouvernement comprenant deux cadres de haut niveau, de renommée internationale et candidats aux dernières joutes présidentielles, sont des indices patents de la prise de conscience de l’immense tâche à abattre au cours du présent quinquennat. Après la rentrée des membres du gouvernement, un programme de gouvernement prenant en compte les projets de société d’Abdoulaye Bio Tchané, de Sébastien Ajavon et de Pascal Irénée Koupaki s’impose sous la direction éclairée du président de la République, Patrice Talon. Ce dernier devra être décliné en plan de travail annuel. Car, le régime que dirige Patrice Talon a l’obligation de rompre avec les méthodes de gestion hasardeuse et irrationnelle. La pertinence exige des nouveaux dirigeants une méthodologie cartésienne de travail au-delà même de la gestion axée sur les résultats. Dans un tel contexte, le président Talon doit se passer des sollicitations inutiles qui lui feront perdre du temps. L’Etat voyou et l’administration décadente que lui a laissés son prédécesseur, préoccupent et doivent mobiliser en permanence ses énergies et celles de ses collaborateurs sur l’essentiel qui rétablit la bienséance ou le bon sens selon René Descartes. Au regard de toutes ces considérations, qui sont des aspirations légitimes du peuple, le président Talon doit avoir cure des jérémiades et autres subterfuges de l’ancien président qui a avili le sens de la mo-rale et de la responsabilité. Les méthodes peu orthodoxes de gestion, l’abus dans l’utilisation des moyens de l’Etat, la propension et l’illusion d’être un homme sans égal sur l’étendue du territoire national, ont fini par fragiliser le manitou qui est dépouillé de tous attributs du pouvoir.

Rendre gorge si nécessaire

Il faut séparer les problèmes personnels qui opposent deux amis d’hier et qui sont devenus subitement des ennemis publics. Le président ivoirien dit avoir organisé une rencontre d’amitié et de fraternité qui a réuni autour de sa personne et à son domicile, les présidents du Togo, Faure Gnassingbé, du Bénin, Patrice Talon et de son antagoniste, Yayi Boni. Cette rencontre aura duré près de 5 heures. Ce délai est largement au-dessus de celui consacré désormais aux réunions des conseils des ministres pour se prononcer sur la vie de la nation. Humblement, le président Patrice Talon, n’est plus à la même loge que Yayi Boni. La rencontre entre les deux hommes dans le cadre d’une réconciliation ou d’un règlement de conflit doit se limiter à celle d’Abidjan. Car, il était indécent de convier le président Talon, une institution de la République, au domicile privé d’un homologue pour des règlements de problèmes chimériques in-tuitu personae. Yayi Boni peut se réjouir d’avoir obtenu le pardon de Patrice Talon. Mais, l’ancien président ne doit pas se déroger aux convocations éven-tuelles du procureur de la République dans des dossiers de droit commun ou devant le juge de la Haute cour de justice dans le cadre des infractions com-mises à l’occasion de l’exercice du pouvoir d’Etat. Ce qui fait frémir l’ex président, c’est l’ascension inattendue et fulgurante de son ancien bailleur de fonds pour la conquête du pouvoir en 2006 et en 2011. Yayi Boni craint les ennuis judiciaires, sachant consciemment qu’il a violé la Constitution sur tous les plans et commis le parjure. Il doit en répondre courageusement au nom de l’Etat de droit. Le chef de l’Etat, Patrice Talon, doit faire la part des choses en tant que bon président. Talon et Yayi peuvent se pardonner autant de fois qu’ils le désirent. Ils peuvent régler leurs problèmes devant des autorités dont la crédibilité est discutable. Mais, Yayi doit répondre de ses injustices et de ses dérives devant le peuple béninois qui a conféré à des juridictions le pouvoir judiciaire.

Jean-Claude Kouagou


 

Actu Bénin

Commentaires

commentaires

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE