Regrets de l’ex-premier ministre de Yayi, suite à son échec à la...

Regrets de l’ex-premier ministre de Yayi, suite à son échec à la présidentielle 2016 : Lionel Zinsou donne raison à Soglo, Bako et Azannaï

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Quatre mois après son échec à la présidentielle au Bénin, le candidat Lionel Zinsou revient à la charge comme pour régler ses comptes avec les acteurs politiques aussi bien ceux qui avaient porté sa candidature que toute la classe politique de sa deuxième patrie. Alors que les acteurs politiques et ceux de la société civile ont apprécié, chacun selon ses idées, le système de gouvernance du nouvel homme du Palais de la Marina, le candidat malheureux à la présidentielle de mars 2016 a préféré faire un bilan de ses propres 100 jours passés dans les remords. Comme le chrono tourne ! Qu’il vous souvienne, quelques jours avant les élections, alors qu’il s’était rendu au domicile du président Soglo pour s’abreuver de ses conseils, Lionel Zinsou a été averti par ce dernier de la « merde » dans laquelle il s’était mis en s’alignant derrière l’ancien président Boni Yayi. Une mésaventure politique dont il s’est rendu compte au terme des 100 premiers jours du règne de son challenger. Ainsi, reçu sur une émission de la Radio France Culture courant mois de Juillet, l’ancien premier ministre du gouvernement de Boni Yayi a donné de la voix sur son expérience politique et surtout les raisons de son échec. Une expérience qu’il a regrettée avec amertume et qu’il ne voudra plus reprendre pendant les prochaines années au Bénin. Ces aveux donnent aujourd’hui raison à l’ancien président Nicéphore Soglo qui, de par ses expériences, l’avaiet prévenu avant de dénoncer quelques jours plus tard, sa candidature qui selon lui, n’était que « le plan de la françafrique ».
Dans ses propos, l’ancien candidat à la présidentielle est revenu par ailleurs sur des aspects sur lesquels il avait été prévenu au début de son aventure politique. « Il n’y avait pas dans le parti présidentiel de choix qui allait faire l’unanimité. Au contraire, il y avait des principes d’éclatement du parti qui était au pouvoir à travers des élections primaires » explique t’il. « D’ailleurs, les trois grands partis de ce pays étaient eux-mêmes incapables de désigner dans des primaires des candidats qui fassent l’unanimité », ajoute t-il en faisant allusion à l’ancien bras droit de Boni Yayi, l’honorable Arifari Bako qui estime dans le temps, qu’il s’avère nécessaire d’avoir un candidat à l’interne et un autre à l’externe pour le parti présidentiel. Mais le non respect de ce principe avait effectivement conduit à l’éclatement. « Au premier tour, nous étions quand même 32 candidats pour marquer une différence nette » , laisse t-il entendre. Car parmi ces 32 candidats, il y avait un certain nombre d’indépendants et les cinq premiers favoris dont il fait parti. Mais derrière lui, il y avait les candidats du même bord politique que lui qui se sont juste présentés pour aller contre sa candidature en tant que représentant du parti au pouvoir. « C’est un peu compliqué, même s’il y avait une polarisation autour des cinq grands candidats qui ont eu 75% des voix. Il y avait aussi des gens qui faisaient le petit commerce électoral. C’est quand même une indication et on avait des difficultés à faire la sélection des candidats. Donc, je me suis retrouvé un tout petit peu un jouet du destin ». Pour revenir sur les propos de Candide Azanaï qui déclarait le jour du dépôt des dossiers de candidature à la Céna que les trois grands partis ayant porté la candidature de Lionel Zinsou ne sont que des vendeurs de logos et des coquilles vides. Dans le même temps, parmi ces personnes ayant opté pour le choix de Lionel Zinsou dans le camp présidentiel se trouvaient des comédiens « Il y a eu une participation démocratique qui est extraordinaire… vous entrez dans une foule où vous ne savez pas si elle est hostile ou amicale. Il y a une sorte de danger physique » , explique-t-il avant d’ajouter. « Je n’ai eu aucune réunion politique en 100 jours de campagne active, où il y a moins de 15.000 personnes devant moi ». Pour dire que la présence physique de la foule autour de lui pouvait être interprétée de plusieurs manières.

Le bilan de Yayi, un coup du destin
L’un des aspects ayant contribué à l’échec de Lionel Zinsou à la présidentielle de mars 2016 et dont lui-même en a conscience et en parle très souvent, est le fait de porter le bilan des dix ans de gestion du président sortant Boni Yayi ,malgré son bref passage de huit mois dans le gouvernement,en tant que premier ministre. « …l’autre aspect du destin, est que quand vous êtes premier ministre de n’importe quel gouvernement, vous assurez tout l’héritage. Même si vous avez été premier ministre pour quelques mois, vous êtes le candidat de la continuité dans un contexte où il y a un effet de ras-le bol. La loi veut qu’un premier ministre sortant dans un système présidentiel soit l’héritier quand bien même vos opposants ont conduit une action pendant 8 ans sur 10 avec le Gouvernement du Président sortant. Vous êtes celui qui, dans les 8 derniers mois, assume tout l’héritage. Vos adversaires, eux, sont vierges de la corruption, des affaires, des scandales, des ratés, les échecs, etc. Vous assumez tout ceci. C’est un peu comme une question de devoir. Ce n’est pas seulement que de la tragédie mais aussi de la comédie ».

aCotonou

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  1. Lionel Zinsou fait pitié. Avec toutes les qualités intellectuelles qu’on lui reconnaît, il ne pouvait pas ni ne devait pas accepter d’être le candidat de FCBE. Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Il a pensé que les beninois sont des idiots pour l’élite Président. Nous lui avons montré que c’est lui qui a été l’idiot. En mettant même de côté le problème de recolonisation, comment Lionel Zinsou pouvait venir s’installer au Bénin 8 mois avant les élections et penser qu’il pouvait prendre le pouvoir. Le Bénin manque t-il de compétences pour qu’il vienne ramasser le pouvoir par terre ? On lui a montré de quoi nous sommes capables. J’espère qu’il a compris la leçon. Il n’a qu’à s’en prendre à lui-même

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