Réformes politiques et institutionnelles : Polémique autour de la commission Djogbénou

Réformes politiques et institutionnelles : Polémique autour de la commission Djogbénou

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Le chapitre des réformes politiques et institutionnelles que vient d’ouvrir le régime de la rupture avec l’installation de la commission Djogbénou conviée à cette tâche crée la polémique. Composée d’une trentaine de membres, un effectif que d’aucuns jugent pléthorique, cette commission est exposée à la furie des ‘’exclus’’. Loin des considérations mathématiques et financières liées à son effectif, plusieurs corps et couches de la société revendiquent leur présence en son sein. Pour les professionnels des médias, c’est simplement ahurissant qu’aucun des leurs ne soit associé aux travaux de cette commission.

La presse exaspérée
‘’…Il est déplorable qu’on ne retrouve dans cette commission aucun professionnel des médias ; même pas un ancien président ou conseiller de la Haac… pour des propositions de qualité sur les réformes dans le secteur des médias. Point n’est besoin de rappeler qu’une des institutions qui ont été le plus éprouvées ces dernières années reste la Haac…’’. C’est une portion du communiqué conjoint de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb) et du Conseil national des patrons de presse et de l’audiovisuel (Cnpa). Mais les hommes des médias ne seront pas les seuls à exprimer leur indignation. Le Professeur Nicaise Médé n’a pas digéré ‘’la mise entre parenthèses des financiers publics… Avec cet effectif, il n’a pas été jugé utile d’associer un financier public ès qualités pour apporter son éclairage sur les questions sous étude. Le président de la Chambre des comptes n’y est pas convié alors qu’on abordera forcément le dossier sous son organe. Si on a pu aller à 30, on peut glisser à 31 et rendre à César ce qui est à lui’’. L’Agrégé de droit public, Directeur du centre d’études et de recherches sur l’administration et les Finances (Ceraf) a certainement perdu de vue qu’en l’espèce, les ‘’Césars’’ sont nombreux et qu’à force d’ajouter ‘’1’’, l’effectif pléthorique qu’il a pris le soin de dénoncer dans sa déclaration peut être démultiplié.

La diaspora lésée ? La jeunesse inquiète… !
« Il est insupportable de constater qu’aucun Béninois de la diaspora ne siège dans cet important chantier du quinquennat du Nouveau départ… La diaspora a joué un rôle important dans l’avènement de la démocratie au Bénin par sa participation active à la conférence nationale de février 1990. Est-ce à dire que la diaspora béninoise dont on vante les mérites et les compétences n’a rien à dire sur la constitution de son pays ? », s’est interrogé Benoît Illassa, un Béninois de la diaspora. Du coup, chacun y va de ses arguments pour juger de la nécessaire présence de sa corporation dans cette commission chargée des réformes politiques et institutionnelles. L’autre couche sociale et pas des moindres qui donne de la voix, c’est la jeunesse. Les jeunes n’ont pas caché leurs frustrations. Mais au-delà de leur cri de détresse, ils projettent une série d’échanges en leur sein pour des propositions parallèles à celles de la commission. A cette allure, toutes les catégories socioprofessionnelles vont vouloir marquer leur présence au sein de la commission.

Conférence nationale bis ?
‘’Il vous incombe la mission de passer au peigne fin notre loi fondamentale et ses lois dérivées pour asseoir les fondements juridiques de la rupture d’avec l’ordre ancien en vue d’un nouveau départ’’, telle est en substance la déclaration du chef de l’Etat à l’occasion de la cérémonie d’installation des membres de cette commission technique chargée des réformes politiques et institutionnelles. Et c’est là toute la problématique de l’appartenance à ladite commission. La réforme, notamment la réforme constitutionnelle doit-elle nécessiter une conférence nationale bis, quand on sait que les contextes ont changé ? Aujourd’hui, le Bénin dispose d’une Assemblée nationale qui va recevoir les travaux de la commission et délibérer. Mais ensuite, le chef de l’Etat a déclaré que ces travaux seront également soumis au peuple par voie de référendum. Si l’on concède que les députés sont les représentants du peuple, c’est dire que plus d’une fois, le peuple, dans toutes ses composantes sera appelé à apprécier les travaux de la commission. Journalistes, économistes ou encore B Arnaud DOUMANHOUN

aCotonou

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