Réformes politiques et constitutionnelles : Les réserves de Yayi sur la révision

Réformes politiques et constitutionnelles : Les réserves de Yayi sur la révision

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Boni Yayi avait promis après le pouvoir se consacrer à la vie religieuse. Mais celui qu’on a tôt appelé le pasteur de Tchaourou semble déjà changer d’idée. Encore dans le bain nostalgique du pouvoir, l’ancien chef de l’Etat a l’épiderme sensible surtout quand il s’agit de réviser la Constitution. Les réformes de Patrice Talon ont d’ailleurs vite grossi les susceptibilités de l’homme qui a récemment fait ses valises de la Marina et dont l’obsession pour le pouvoir est inusable. Sa vocation pastorale semble un souvenir évanescent.
Yayi a l’art de surfer sur les apparences. A l’église, ces derniers jours, il a invité les Béninois à soutenir Talon dans ses réformes. La face cachée de l’iceberg a vite cédé au triomphe de l’hypocrisie. Sous le couvercle bouillonne l’exaspération de Yayi. A la vérité, il ne partage pas toutes les réformes initiées par son successeur. La raison est plutôt anecdotique. Yayi croit dur comme fer que la révision de la Constitution voulue par Talon ne vise que sa personne. Le bout de phrase « aucun ancien président ne peut être président » a mis Yayi en boule. Il s’est confié à ses proches.

Le rêve d’un retour au pouvoir
D’ailleurs, le week-end dernier, l’ancien homme fort du pays a subi une énième rebuffade. Les députés Fcbe ont décliné son invitation à une réunion politique. Yayi visait secrètement une résistance contre le projet de révision de Talon à l’hémicycle. Hélas, l’obéissance aveugle de ses partisans n’a pas résisté à son départ du pouvoir. L’autorité de l’ancien mentor est en ruine.
Clairement, Yayi pense que la révision de la Constitution est orientée contre un seul homme et rêve d’une guérilla parlementaire pour faire échec au projet du Nouveau départ. Emile Derlin Zinsou et Nicéphore Dieudonné Soglo affaiblis par le poids de l’âge, Yayi se croit la cible privilégiée de la révision. De sources crédibles rapportent que l’ancien chantre de la refondation estime qu’avec une nouvelle République, il faut permettre à tout le monde de participer à la compétition.
Une évidence fait donc irruption dans l’avenir de Yayi. Il est loin de tenir sa promesse de devenir pasteur. Turlupiné toujours par le désir ardent du pouvoir, Yayi tient son agenda politique. L’improbable pasteur se sent présidentiable et peine à accepter la réalité. Après 10 ans d’hyper présidence, Yayi maudit la révision. Sur les nuages, il refuse de descendre sur terre et trouve un bouc émissaire, son éternel ennemi Talon désormais accusé de tailler une révision contre sa seule personne.
Sulpice Oscar GBAGUIDI

aCotonou

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