Réformes institutionnelles:Comment Talon va insuffler une nouvelle dynamique à l’appareil d’Etat

Réformes institutionnelles:Comment Talon va insuffler une nouvelle dynamique à l’appareil d’Etat

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Projet phare de Patrice Talon qui, en premier, en a souligné l’urgence et en a fait son cheval de bataille, la réforme institutionnelle est, selon toute évidence, indispensable, si le prochain locataire de La Marina veut sortir le Bénin de ses oripeaux.

« Notre pays va mal sur tous les plans. Cependant, nous sommes capables de renverser cette tendance et de vaincre la fatalité…Une équipe de dirigeants bien inspirés et compétents serait donc capable de mettre en œuvre avec succès, un programme de relance rapide de notre développement dans un environnement apaisé de démocratie et de liberté. » C’est par ces mots forts que Patrice Talon déchaîne l’espoir d’un Nouveau départ pour le Bénin à travers son ambitieux projet de société dans la perspective de la présidentielle du 6 mars prochain. Pour lui, il s’agit de changer de paradigmes pour une gouvernance de développement. « Le mandat présidentiel 2016-2021 devra être un mandat de rupture, de transition, de relance économique et de réformes, notamment politiques afin d’impulser une nouvelle dynamique dans le pays », s’engage-t-il en substance. Loin d’être des promesses phraséologiques, on se résout à l’évidence, au fur et à mesure qu’on évolue dans la lecture du Nouveau départ, son projet de société, de ce que Patrice Talon maîtrise les problèmes dont souffre le Bénin et propose de bonnes recettes pour les juguler. Il le démontre largement lors de ses interviews ou interventions pendant la campagne avec aisance. Une performance qui séduit même les plus réticents à sa candidature qui finissent par adhérer à la force de ses propositions et à la pertinence de ses arguments. D’où l’élan et la vague spontanée de soutiens dont il bénéficie, Patrice Talon se contentant d’ailleurs de dire ce qu’il entend faire une fois élu, sans polémique.

The performer

Comment résister en effet à la promesse d’un moteur neuf, pour réparer le véhicule Bénin ? Non pas un moteur dont les cylindres ont été requinqués pour aussitôt expirer après quelques semaines d’utilisation (ce qu’atteste tout bon mécanicien), mais un moteur en phase avec les enjeux de l’heure, au regard des dégâts semés en 10 ans de gouvernement Yayi. Et Dieu sait, quand on en mesure la portée, qu’on ne peut que proposer un moteur neuf comme le fait Talon avec son programme !

Réformer l’Etat

Ces dégâts sont avant tout d’ordre structurel. Aussi, Patrice Talon propose-t-il, pour baliser le terrain à une gouvernance optimale, de rétablir un Etat respectueux des principes de la démocratie, car diagnostique-t-il, « à la pratique, on constate que la Constitution du 11 décembre 1990 offre au président de la République d’importantes possibilités d’excéder ses pouvoirs et de contrôler les autres institutions…Toutes choses ayant compromis la démocratie, la liberté, l’émulation et le développement humain, social et économique de notre pays ». A ce propos, ses réformes institutionnelles portent sur la séparation des pouvoirs. Avec en ligne de mire, la restauration des principes chers à Montesquieu. Le pouvoir n’arrête véritablement plus le pouvoir au Bénin, davantage moins ces dix dernières années au cours desquelles le régime en place a éprouvé les textes, y compris la Constitution, et prouvé les nuisances que peuvent provoquer les accointances et connivences entre les personnalités qui dirigent les institutions républicaines. Patrice Talon propose de corriger le déséquilibre patent entre le président de la République et les autres organes constitutionnels, qui apparaissent à l’usage, surtout au cours du règne de Yayi, Boni.
Le Nouveau départ porte notamment sur la restructuration de la Cour constitutionnelle à travers la modification de sa structure, ainsi que la durée du mandat et le mode de désignation de ses membres, de manière à assurer son indépendance vis-à-vis des institutions dont elle est chargée de contrôler les actes. À cet effet, s’il est élu président de la République, Patrice Talon, pas plus que le Bureau de l’Assemblée nationale, n’aura plus à désigner les membres de la Cour constitutionnelle. Ces derniers, dans la mise en œuvre de cette avancée majeure, seront élus par des corps socio-professionnels et autres, à savoir les magistrats, les professeurs de droit, les avocats, le Collège des anciens présidents de la République, le Collège des anciens présidents de l’Assemblée nationale. Les mesures de même nature seront mises en œuvre aux niveaux de la Cour suprême, de la Haac, etc. Il s’agit de renforcer l’État par le droit en vue de prévenir l’exercice solitaire et nuisible du pouvoir, de construire un véritable équilibre structurel et fonctionnel des institutions qui consolide durablement la démocratie et renforce efficacement les droits des citoyens…

Paul Nathan
(Collaboration)

Rendre sain le jeu politique

Toujours dans le registre des restructurations, s’inscrit la réforme du système partisan à travers le vote d’une loi pour instaurer, suivant des critères déterminés, et ce dès 2016, une allocation annuelle. L’intérêt d’une telle mesure réside dans l’assainissement qu’elle impulse sur l’échiquier politique national avec comme gain une saine animation de la vie politique. La pratique actuelle étant marquée par un verrouillage du jeu politique par le détenteur du pouvoir exécutif qui manœuvre dans le vil dessein de soumettre les acteurs politiques à son joug. L’accès aux médias publics, devenu problématique sous Yayi, en est une parfaite illustration.

Patrice Talon, président normal

Patrice Talon entend bannir le culte de la personnalité du président de la République qui se fait notamment à travers les louanges publiques, les marches publiques de remerciement et de soutien, l’affichage de l’image du président dans les lieux publics. Choses devenues notoires ces dix dernières années. Tout comme l’instrumentalisation de la justice du reste fragilisée par un manque de moyens humains, matériels et financiers. A cet effet, Patrice Talon, outre la restructuration du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) au sein duquel le pouvoir exécutif ne jouera plus un rôle prépondérant, entend accélérer la mise en œuvre de la carte judiciaire et rendre opérationnelles les Chambres administratives et des Comptes dans les tribunaux et cours d’appel, recruter des magistrats et greffiers en nombre significatif, renforcer la formation continue, accroitre les moyens matériels et financiers, etc. Aucune action de développement n’étant possible avec une justice sclérosée et tenue en laisse par la chancellerie.

P N (Collaboration)

Actu Bénin

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