Réforme du système partisan en vue du nouveau départ : Patrice Talon...

Réforme du système partisan en vue du nouveau départ : Patrice Talon peut-il gagner le pari ?

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Le dernier scrutin présidentiel a révélé la caducité du système partisan béninois et son obsolescence avec la déstructuration des partis politiques et le règne du pouvoir de l’argent dans le système électoral. Ainsi, conscient de la situation, le Président de la République Patrice Talon a fait de la réforme du système partisan, l’un des piliers de sa gouvernance. Et d’ailleurs dans son discours d’investiture, Patrice Talon a affiché sa ferme volonté d’œuvrer à l’amélioration du systèmepartisan béninois en vue de l’enracinement de la démocratie. Le Chef de l’Etat s’inquiète notamment du  rôle de l’argent dans la compétition politique et le vote des électeurs : « si l’Etat démocratique que nous aspirons à construire passe par des élections libres et transparentes tenues à bonne échéance, le vote du citoyen en tant que moyen d’expression de son adhésion à l’idée démocratique doit être débarrassé de toute considération financière ou rétributive », a martelé le Chef de l’Etat. Il en appelle donc à la conscience citoyenne et davantage de civisme des Béninois, pour faire cesser le règne de l’argent en politique. En effet, s’il est vrai que  les partis politiques participent à la concurrence des idées, à l’identification et à la promotion des futurs leaders, mais aussi et surtout à l’appropriation par les citoyens de leurs projets de société, il n’en demeure pas moins que cette vocation requiert l’existence  de véritables formations politiques d’envergure nationale, financièrement autonomes et qui assurent convenablement leur rôle de formation des citoyens. Ce rôle dévolu aux partis politiques est loin d’être une réalité au Bénin, tant les formations politiques dont regorge le pays sont d’envergure régionale et ne disposent d’aucune autonomie financière, encore moins de projets de société capables d’amorcer le développement du pays. Par ailleurs, la dernière élection présidentielle a révélé la fragilité du système partisan béninois due à l’incursion des hommes d’affaires qui finançaient  ces partis politiques. Il y a donc nécessité de mener des réflexions en vue de la relecture critique des textes qui régissent ces partis politiques, la redéfinition des règlements de leur  fonctionnement et des débats autourdes questions liées à l’idéologie et au financement de ces formations politiques.

Alors que faire?

Il est opportun de reconnaître que le système politique béninois est gangréné par le pouvoir de l’argent. Le rôle de l’argent est devenu si prépondérant dans le système électoral béninois qu’une simple loi ne suffirait pas pour enrayer le phénomène. C’est une tradition instituéeet perpétuée aussi bien par les hommes politiques que les populations à la base. Il n’est pas rare d’entendre en période électorale, des citoyens affirmer ne pas vouloir aller voter parce que n’ayant reçu aucun sou d’aucun candidat. Même le suffrage des populations est subordonné à l’octroi de dons en nature ou en espèce. Et c’est ce qui justifie la disparition des hommes politiques et l’émergence d’hommes d’affaires à forts potentiels économique et financier, capables de faire face aux exigences des électeurs. Quelles que soient les réformes à opérer, l’on est en droit de reconnaître que les faits sont têtus et la tradition s’est encrée. Le financement des partis politiques tant prôné ne pourra résoudre efficacement le phénomène. D’où la nécessité de trouver des modèles adaptés,qui tiennent compte des réalités actuelles du pays. Le combat politique nécessite un apprentissage et ceci n’est possible qu’au sein des partis politiques. Leur faillite ou leur disparition ouvrira la porte à l’amateurisme politique et à l’anarchie. Il faut agir donc.

Thomas AZANMASSO

Matin Libre

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