Réforme constitutionnelle au Bénin : Et si le Chef de l’Etat se...

Réforme constitutionnelle au Bénin : Et si le Chef de l’Etat se démarquait du jeu

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La commission chargée de la réforme constitutionnelle mise place par le Chef de l’Etat Patrice Talon a déposé son rapport, mardi 28 juin 2016. Si au terme des 45 jours de travaux, l’équipe dirigée par le garde des sceaux Joseph Djogbénou a abattu un travail de qualité, il n’en demeure pas moins que certains points ont achoppé les débats, notamment, la question du mandat unique soulevé par le Chef de l’Etat. A ce sujet la proposition du Président de la République n’a pas reçu l’assentiment de tous. Si certains membres de la commission approuvent l’idée du Chef de l’Etat, d’autres par contre s’inquiètent du danger que peut comporter une telle réforme. Au demeurant, la constitution est la base de tout Etat et devrait être l’émanation de l’aspiration de tous les citoyens. L’ingérence du Chef de l’Etat serait donc une fatalité pour la démocratie. Patrice Talon aura eu le mérite d’engager la réforme constitutionnelle aux premières heures de son mandat. Mais la constitution est applicable à travers des âges. Elle ne doit donc ni être un instrument de règlement de compte, ni faire l’objet de remerciements aux électeurs. Et d’ailleurs, compte tenu de l’enjeu, des voix se sont élevées pour dénoncer le choix d’un homme de main de Patrice Talon pour diriger cette commission. La bonne foi du Chef de l’Etat n’est nullement mise en doute. Cependant, cette importante réforme requiert l’unanimité tous. Il est vrai, le Président entend organiser un référendum afin de soumettre le projet à l’approbation du peuple. Mais à l’heure où l’unanimité se fait autour de la personne du Chef de l’Etat et de ses actions, et où personne n’ose dénoncer quoi que ce soit, le risque est grand pour que le jeu soit faussé d’avance. Rien ne presse, il faut poursuivre les consultations au-delà des travaux de la commission, écouter les sages et anticiper sur des scénarii possibles. Car il n’est point aisé de retoucher la constitution d’un pays. De Kérékou à Talon, en passant par Yayi, la question a été agitée sans pouvoir connaitre une concrétisation. Maintenant que le principe est acquis quant à la révision de cette loi fondamentale, l’idéal serait de prendre toutes les mesures possibles en vue de réaliser un chef-d’œuvre qui puisse permettre de régler tant soit peu, certains maux qui minent la démocratie béninoise.

Thomas AZANMASSO


Matin Libre

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