Réduction du train de vie de l’Etat : La stratégie Talon

Réduction du train de vie de l’Etat : La stratégie Talon

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Le Bénin, un pays en pleine mutation. La gouvernance politique du richissime opérateur économique est très marquée par son sens élevé des affaires. Patrice Talon, qui bénéficie de l’expertise du duo Pascal Irénée Koupaki-Abdoulaye Bio Tchané, s’est lancé et sans grand étonnement dans une large politique de réduction du train de vie de l’Etat. Le gouvernement de la rupture y était contraint pour assurer la continuité de l’Etat face au désastre économique hérité du régime Yayi. Mais Talon relève le défi. Les décisions pleuvent et menacent les intérêts de ceux qui ont bénéficié ces dernières années du laxisme dans la gouvernance au sommet de l’Etat. « Je rêve qu’au bout de ce mandat de cinq ans, je sois porté en triomphe par les Béninois. On m’a connu comme roi du coton. Aujourd’hui, je veux devenir celui qui a réussi à transformer son pays, politiquement, administrativement, économiquement », a déclaré le magnat du coton au journal Le Monde. Un rêve qui prend déjà ses marques. L’homme du nouveau départ ne s’est pas arrêté à la réduction du nombre de portefeuilles ministériels qui est passé de 27 à 21 sous la rupture. Il est allé plus loin avec l’allègement de la structure type des ministères et bien d’autres décisions pour concrétiser sa volonté de faire maigrir les dépenses de l’Etat.

Réaménagement de la carte diplomatique
Le conseil des ministres en date du 15 juin 2016 est plus édifiant sur cette volonté du pouvoir d’économiser pour l’Etat, de rationaliser les ressources publiques. Ce conclave gouvernemental a décidé de la suppression de 9 postes diplomatiques, la transformation de 3 ambassades en consulat général, la suppression des attachés de défense et de leurs adjoints dans les missions diplomatiques, à l’exception des postes qui gèrent des opérations de maintien de la paix, de rappeler les chefs de missions admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Au regard de ce que coûte une mission diplomatique, il saute à l’œil que l’Etat est dans la dynamique d’optimiser ses ressources. La règle d’or : faire la politique de ses moyens. A la cuisine Talon, l’heure est au dégraissage. Le gouvernement de la rupture se débarrasse de tout ce qui encombre et entrave le décollage socio-économique du Bénin.

Suppression de la subvention au coton
La plus surprenante décision du conseil des ministres du 15 juin 2016 est la suppression des subventions de l’Etat à la filière coton. Depuis fort longtemps, le gouvernement a toujours mis la main à la poche pour réguler la gestion de cette filière qui, il faut le dire, est le plus grand secteur pourvoyeur de devises. Ce fut donc une surprise qu’un magnat du coton accède au pouvoir, libéralise le secteur et réussisse à supprimer des subventions vitales à la filière. Partant de la reprise en main de la filière par le privé, le gouvernement est allé plus loin, en obtenant des égreneurs une prise en charge presque totale, d’où la suppression de la subvention de l’Etat, notamment sur les intrants et à l’achat du coton graine. Au dire du ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki, la gestion de cette filière ne pèsera plus sur l’Etat à partir de la campagne cotonnière 2016-2017. C’est dire que le régime est vraiment déterminé à imprimer sa marquer.

Disparition des institutions budgétivores
Pour rappel, le deuxième conseil des ministres de l’ère de la rupture a décidé de la suppression des institutions budgétivores comme les hauts commissariats à la solidarité nationale et à la gouvernance concertée. Le conseil présidentiel d’investissement, le bureau d’auditeur général, les cellules de communication des ministères, les postes de chargé de mission et autres structures rattachées à la présidence de la République ont subi la rigueur du ‘’dégraissage’’. Et visiblement, rien n’échappe à la rupture. Selon le ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki, la meilleure gouvernance impose une bonne gestion. La rupture, c’est surtout ça.
Arnaud DOUMANHOUN

aCotonou

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