Réconciliation Talon-Yayi : Les sages du Bénin royalement ignorés

Réconciliation Talon-Yayi : Les sages du Bénin royalement ignorés

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Patrice Talon et Yayi Boni ont évité de solliciter la médiation des sages du Bénin dans le règlement de leur inimitié. Ils ont été purement et simplement écartés. C’est une option qui met en doute la crédibilité des éclairés béninois.

L’ancien président Yayi Boni et son successeur ont choisi Abidjan pour taire leurs querelles. Les deux étaient tous dans la capitale économique ivoirienne lundi dernier. Le président togolais Faure Gnassingbé a joué au médiateur sous les auspices de son homologue Alassane Ouattara. Les deux ennemis, au terme de cinq heures de discussions, se sont montrés tout sourire face à la caméra de la Rti1, la première télévision ivoirienne. Plusieurs analystes restent dubitatifs quant au résultat de cette médiation tant ce qui divise les deux anciens alliés est énorme. Mais ce qui interpelle davantage les analystes, c’est l’absence des Sages béninois dans l’initiative ayant conduit à la réconciliation des deux anciens amis. Le Bénin regorge en effet de  grands hommes  pouvant offrir leurs bons offices à Yayi et Talon. On peut compter entre autres l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo, l’ancien Médiateur de la  République, Albert Tévoédjrè, le  Haut-commissaire à la  gouvernance concertée, Moïse Mensah, l’Archevêque de Cotonou, Antoine Ganyé, les sommités de l’église protestante, celles des églises évangéliques et certains Imams de l’Union islamique du Bénin. Ils pouvaient faire le job. Mais les deux protagonistes ont décidé de les ignorer, remettant ainsi en cause leur indépendance et leur crédibilité. Ils leur ont préféré des compétences extérieures alors que ces Sages ont démontré à maintes reprises leurs qualités de bon négociateur.
Parmi ces Sages, deux doivent retenir l’attention.

Le patriarche Soglo disqualifié…

L’ancien Médiateur de la République pouvait travailler à la pacification des relations de Yayi et Talon. C’est un homme d’expériences qui a offert ses compétences de médiateur aux Nations Unies. Frère Melchior, il consacre depuis plusieurs années sa vie à Dieu et devrait donc être un rassembleur. Mais le Professeur Albert Tévoédjrè a compromis ses chances de jouer le  grand rôle. Et pour cause, il n’a pas pris de la hauteur lors de la présidentielle. Il s’est engagé derrière un candidat et s’en est vertement pris à un autre présidentiable, le champion de Yayi Boni. En 2016, il s’est battu pour un candidat après avoir,durant près de 10 ans, soutenu le régime du Changement. Au fort de la crise ayant opposé Yayi et Talon, Albert Tévoédjrè n’avait pas donné la juste solution. Sa position jugée trop proche du président d’alors est certainement dépréciée aujourd’hui par le Chef de l’Etat. Nicéphore Soglo aurait pu être lui aussi un bon médiateur, son doyen Emile Derlin-Zinsou étant souffrant. Premier président de l’ère du Renouveau démocratique au Bénin, il a une légitimité qui reste toujours cotée. Une légitimité mieux appréciée que celles des présidents togolais et ivoiriens. L’élection et la réélection de Faure Gnassingbé sont contestées. Et la légitimité d’Alassane Ouattara est encore entachée par la crise post-électorale de 2011. L’ancien président Soglo pourrait donc œuvrer au rapprochement des deux rivaux. Seulement, lors de la dernière élection, le patriarche n’a pas su rester au-dessus de la mêlée. On l’a compté parmi les soutiens politiques de Patrice Talon. Il s’est donc éliminé de la liste des voix indépendantes. Les déclarations de Yayi Boni et de Patrice Talonde ce lundi (Lire Matin Libre du mardi 19 avril 2016) ont rassuré certains Béninois. Mais il se susurre  que l’entente ne durera que le temps d’un feu de paille et qu’on pourrait recourir dans les prochains mois au service de certains sages béninois.

A.S.

Matin Libre

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