Ralliement autour du drapeau

Ralliement autour du drapeau

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Le Bénin se trouve à un autre tournant de son histoire. C’est la cinquième fois qu’il amorcera un nouveau départ, après ceux de l’indépendance du 1er août 1960, de la Révolution du 26 octobre 1972, de la Conférence nationale du 28 février 1990 et du régime Yayi du 6 avril 2006. Il est rare qu’un pays ait tant d’occasions pour un nouveau départ. Mais, si le temps console de tout, il ne console pas du temps perdu, dit le poète et écrivain Robert Sabatier. Le Bénin n’est pas condamné à rouler le rocher de Sisyphe. Toutes les planètes sont à présent alignées pour qu’il brise le cycle du perpétuel recommencement.

L’élection de Patrice Talon à la magistrature suprême devrait marquer le départ sans retour. Le président élu est dans une situation idéale pour réaliser le consensus et la mobilisation indispensables à un décollage définitif. Il ne fera qu’un seul mandat de cinq ans, axé sur les réformes institutionnelles et structurelles. Il bénéficie de la collaboration du Premier ministre et de tous les ténors de l’Alliance républicaine. Si le premier tour de l’élection présidentielle a laissé croire à une fragmentation du pays avec quarante-huit candidatures, dont trente-trois soumises aux urnes, les circonstances ont conduit à des regroupements bipolaires au second tour. Mais aujourd’hui, la Coalition de la rupture et l’Alliance républicaine ne font plus qu’un seul bloc, celui de la République du Bénin. À la manière du Big Bang, le chaos générateur de l’univers, le Bénin s’est recomposé autour de l’étrange force d’attraction de ses trous noirs.

L’irrésistible ralliement républicain du camp perdant essuie critiques et sarcasmes. C’est de bonne guerre. On pense que ceux qui ont tout mis en œuvre pour défaire le candidat Patrice Talon ne méritent pas de partager sa victoire, du moins pas au point de se mettre à la table de son gouvernement. Surtout pas ceux-là qui ont fait un choix opportuniste, visé des intérêts égoïstes et jeté aux orties valeur et conviction. C’est à bon droit que le camp de la rupture grince des dents à voir les adversaires d’hier tirer parti de la nouvelle donne. Mais le nouveau départ ne peut se faire sans conversion et reconversion. Sous réserve d’inventaire et de reddition de compte, les fils et filles du Bénin doivent se donner la main autour de leur drapeau national dont ils viennent d’illustrer à la face du monde les couleurs : le vert de l’espoir, le rouge du courage et le jaune de la puissance. Il leur reste à réaliser une fois pour toute la devise de leur pays : fraternité, justice, travail.

Charles ATTOLOU MOUMOUNI
Directeur général de l’Institut des Relations Internationales et des Études Stratégiques
(IRIES-Bénin)

Matin Libre

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