Quinquennat présidentiel 2016-2021 : Rodriguez, le piège qui guette Talon

Quinquennat présidentiel 2016-2021 : Rodriguez, le piège qui guette Talon

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Revenu au Bénin la veille du second tour de la présidentielle de mars 2016, après pratiquement 10 ans d’exil, l’opérateur économique Martin Rodiguez entend visiblement marquer à la culotte le régime du « Nouveau départ ». En créant, dimanche 3 avril 2016 le Parti démocrate (Pd), cet ancien magnat du coton béninois se dresse comme un piège sur le chemin du président élu, Patrice Talon.

En décidant de surveiller Patrice Talon et le régime du Nouveau départ comme du lait sur le feu, Martin Rodriguez, avec son Parti démocrate, s’affirme désormais comme un acteur politique sur l’échiquier national. Concurrent du nouveau président élu dans le secteur agricole notamment cotonnier jusqu’en 2005, Martin Rodriguez pourra arborer ce manteau de politique pour mieux critiquer la gouvernance Talon. Le patron de l’hôtel Bénin Marina a été on ne peut plus clair. Si M. Talon fait bien, il n’hésitera pas à le féliciter. Cependant, s’il y a mal donne dans la gestion du pouvoir, les dénonciations ne tarderont pas non plus. Quand on s’en tient à ce propos de l’opérateur économique et aux nouvelles tâches qu’il s’est assignées, la victoire de Patrice Talon à la présidentielle ne signifie pas le retour systématique en exil. Visiblement Martin Rodriguez signe son retour au pays et est prêt, comme lui-même l’a annoncé, à mener la lutte avec tous ceux qui se retrouveraient dans cette dynamique Patrice Talon et Martin Rodriguez, c’est deux opérateurs économiques qui se connaissent très bien. On peut donc imaginer que le président élu sera aux aguets, surtout que des affaires qui pourraient l’éclabousser ne soient sur laplace publique et surtout dans les mains d’un homme de la trempe de M. Rodriguez.

Le piège pour Talon

Là où beaucoup attendent le nouveau président élu et ses hommes, c’est justement sur les probables intimidations ou menaces à l’endroit de l’«empêcheur de tourner en rond ». du régime. Autrement, Martin Rodriguez pourra-t-il exercer librement ses critiques sans qu’il ne soit contraint à nouveau à l’exil sous la présidence de Patrice Talon ? Au cas où cela se réaliserait, ça pourrait être assimilé au scénario Yayi-Talon de 2012 à 2015. Ce que le désormais président de la République et son entourage avaient déploré et condamné. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui motivent aujourd’hui son engagement à vouloir réviser la Constitution pour déplumer un tant soit peu le chef de l’Etat de ses prérogatives trop concentrées entre ses mains. Patrice Talon, à défaut d’ouvrir ne serait-ce que le secteur cotonnier à la concurrence, acceptera-t-il que sous son mandat, on dénombre encore des opérateurs économiques nationaux victimes de l’acharnement  du Pouvoir en place ? C’est là tout le piège qui guette le régime de la Rupture ou du Nouveau départ, qui a fait l’option de faire autrement les choses. Parviendra-t-il à bien gérer ou contenir les « assauts » du « nouveau venu »  dans le paysage politique au Bénin ? Les Béninois sauront apprécier.

Jacques BOCO

Matin Libre

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