Quinquennat présidentiel 2016-2021 au Bénin : Avons-nous besoin d’une Opposition ?

Quinquennat présidentiel 2016-2021 au Bénin : Avons-nous besoin d’une Opposition ?

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L’actualité politique au Bénin c’est nul doute l’élection de Patrice Talon à la magistrature suprême. Et le débat qui cristallise les attentions est bien sûr, qui pour faire l’opposition durant les cinq années à venir quand on se rend compte que pratiquement toutes les formations politiques font allégeance au nouvel élu.

Avons-nous réellement besoin d’une opposition pour la gouvernance de Talon ? Le débat mérite d’être fait. Mais selon nombre d’observateurs de la vie socio politique, pour le quinquennat à venir, inutile de s’engager dans une opposition. Et pour cause, les chantiers annoncés par les nouveaux maîtres du Bénin sont immenses. En effet, le chantre du Nouveau Départ lui-même a ressassé que le pays va très mal et que tout est à revoir. Ce qui logiquement appelle une synergie d’action. Le candidat à la présidentielle Patrice Talon avait annoncé un certain nombre de réformes institutionnelles dont le plus important est la révision de la loi fondamentale. La question du mandat unique du président de la République, la retouche des textes régissant le fonctionnement de la Cour constitutionnelle, de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, et bien d’autres constituent des points sensibles qui nécessitent au-delà du consensus, une large concertation au plan national. On se souvient encore du tollé que cette question avait provoqué sous le régime finissant. Patrice Talon, lui-même en sait, sans doute, quelque chose. Ainsi, pour que ses nombreuses réformes annoncées, au nom de la Rupture, puissent s’exécuter normalement et efficacement, aucune obédience politique ne sera de trop. C’est vrai, à l’étape actuelle des choses, le nouveau président de la République, avec ses 65% de suffrages exprimés obtenus, est le reflet d’une adhésion populaire. Mais il se fait que le débat politique, ou du moins le débat autour des réformes à opérer, doit partir de l’Assemblée nationale. Or, si cette institution de contre-pouvoir devrait garder sa configuration au sortir de l’élection présidentielle, il y a de forte chance que les projets de loi soient rejetés ou bloqués. Conséquence, aucune réforme profonde ne sera opérée. Pour s’en convaincre, le candidat Talon s’est engagé dans la course au premier tour avec à peine 6 députés dont Joseph Djogbénou, Dakpè Sossou, Candide Azannai, Alexis Agbelessessi, Abdoulaye Gounoupuis Justin Agbodjèté. Avec les ralliements ou reports de voix obtenus au second tour, on peut citer d’autres à l’instar de Rachidi Gbadamassi, Jean Michel Abimbola, Mathurin Nago, Sofiath Schanou, Louis Vlavonou, Idji Kolamolé, Bruno Amoussou, Claudine Prudencio, Janvier Yahouedéou, Robert Gbian, et les deux députés de l’alliance ABT dont Wallys Zoumarou. Bref, une vingtaine environ, sur les 83 que compose l’Hémicycle. A peine un quart des députés. La Constitution de la République du Bénin est pourtant claire. En effet, l’article 154 stipule que « L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au président de la République, après décision prise en Conseil des ministres et aux membres de l’Assemblée nationale ». Et à l’alinéa 2, de façon précise : « Pour être pris en considération, le projet ou la proposition de révision doit être voté à la majorité des trois quarts des membres composant l’Assemblée nationale ».

Pour que le président Patrice Talon dispose des coudées franches pour arriver à bout de ses réformes, il urge de fédérer les énergies afin qu’en 2021 les candidats à la présidentielle aient la même chance et se consacrent à d’autres chantiers plus importants de développement. Patrice Talon en a pour 5 ans rigoureusement et il l’a martelé. C’est déjà une marque de confiance pour qu’il soit accompagné. Ainsi, à l’évaluation, il ne sera pas excusable.

J.B

Matin Libre

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