Présidentielle du 06 mars 2016:La tension monte déjà !

Présidentielle du 06 mars 2016:La tension monte déjà !

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La présidentielle du 06 mars au Bénin rime avec incertitude, suspicions, dénonciations de cas de fraudes massives et d’irrégularités orchestrées, le tout aggravé par des mesures controversées prises par le gouvernement. Les candidats de la rupture, les magistrats et la Société civile donnent l’alerte d’une élection calamiteuse.

La méfiance des candidats de la rupture vis-à-vis des institutions en charge de l’organisation de l’élection présidentielle est plus que jamais préoccupante. Les failles et les dysfonctionnements notoires qui se révèlent au jour le jour dans le processus électoral donnent du poids à leurs arguments et semblent également nourrir le débat de haut vol sur le scrutin, faisant surgir des inquiétudes de l’opinion publique par rapport à la sincérité du vote. Sauf ceux qui ne veulent pas l’admettre ou ne voient pas les choses de la même manière. La colère des candidats de la coalition de la rupture, celles des Magistrats et de la société civile, ajoutées aux frustrations nées d’infructueuses démarches et attentes des citoyens à retrouver leurs cartes d’électeur constituent un mélange explosif, difficile à refroidir. On a entendu très tôt l’Eglise catholique, toujours aussi forte et très renseignée, tirer la sonnette d’alarme en suggérant un audit approfondi de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Personne ne l’a suivie. On semble lui donner raison avec les dernières sorties du représentant des candidats de la rupture, Abdoulaye Bio Tchané. Lui-même, candidat très prometteur à la présidentielle du 06 mars 2016, a dénoncé un chapelet d’irrégularités qui émaillent le processus électoral. À commencer par le mystère sur fond de discrimination qui entoure l’impression et la distribution des cartes d’électeur. Abdoulaye Bio Tchané, parlant au nom des autres candidats de la coalition de rupture, y compris Patrice Talon, Sébastien Ajavon, qualifie la situation d’inadmissible en condamnant non seulement le Cos-Lépi qui a failli à sa mission avant d’être dessaisi au profit du Centre national de traitement (Cnt), dessaisissement qui n’a rien changé, mais aussi en dénonçant l’organe appelé à la rescousse par la Cour constitutionnelle. Il n’a pas caché sa méfiance à l’égard de l’approche préconisée par la Haute juridiction en autorisant l’utilisation des anciennes cartes d’électeur par les citoyens qui n’ont pas eu les nouvelles cartes. La Cour aurait mieux fait en indiquant qu’il ne peut y avoir deux différentes cartes dans un même département. C’est pourquoi, la coalition de la rupture demande expressément que la Cour clarifie cet état de choses pour éviter la fraude. Mais la Cour est restée muette sur la question. Ce qui n’est pas du goût des candidats qui l’exigent. La Cena, non plus, ne rassure. Les Magistrats s’offusquent contre la liste des Coordonnateurs d’arrondissement à cause de son caractère partisan et contraire au code électoral et accusent la Cena qui l’a publiée d’être en mission. De même, la composition des bureaux de vote faite par la Cena est jugée irrégulière, parce que violant la règle de l’équilibre majorité parlementaire /minorité parlementaire. Cette manœuvre de la Cena vise à favoriser le candidat de la coalition Fcbe-Prd-Rb, a dénoncé Abdoulaye Bio Tchané. Les Magistrats en colère menacent de se retirer du processus électoral, pendant que du côté de la coalition de la rupture, la Cena a été sommée d’abandonner ses manœuvres qui tendent à favoriser un camp.

Union fait la Nation : « Notre pays est en danger »

Depuis hier, c’est l’Union fait la Nation qui s’invite dans le débat. Bruno Amoussou et Idji Kolawolé sont entrés dans la danse. Par le biais d’une rencontre avec la presse à l’hôtel Azalaï de Cotonou, les conférenciers ont pris la mesure de la situation et retiennent l’attention autour de la crainte qui est partagée et libellée comme suit : « Notre pays est en danger ». Cette position est justifiée par l’Un. « Il devient chaque jour plus clair pour nous tous que certaines régions devront retrouver les anciennes cartes, alors que d’autres auront pu bénéficier des nouvelles cartes. Une telle situation est-elle compatible avec les dispositions de notre constitution, qui interdisent un traitement discriminatoire entre les citoyens ? Les distorsions que de telles discriminations pourraient induire permettent-elles de considérer de pareilles élections comme honnêtes et crédibles, et donc acceptables ? Nous sommes en danger ». Pour l’Union fait la Nation, certes réduite à sa portion congrue, mais toujours écoutée, tout ce qui se passe participe de la volonté du chef de l’Etat sortant de réduire à néant toutes les institutions, de les mettre au service d’un seul pouvoir personnel qui ne tolère pas les libertés démocratiques, et pas davantage les limitations fixées par la constitution. Le Pouvoir Yayi ravive la tension en s’interférant dans le processus par l’interdiction d’introduire les smartphones et les téléphones portables dans les bureaux de vote. Dans le Conseil des ministres du 25 février, le gouvernement a annoncé qu’il positionnera les agents de sécurité au niveau des centres de vote et qu’entre autres missions, ils empêcheront les électeurs d’introduire les moyens de communications dans les bureaux de vote. En clair, les agents de sécurité vont se permettre de fouiller les citoyens sur les lieux de vote. Une décision susceptible de troubler l’ordre, puisque les citoyens ne se laisseront pas fouiller comme de petits voyous. Les organisations de la Société civile dénoncent une grave ingérence et appelle le gouvernement à revoir sa copie et préciser son intention. Tout cela surchauffe les esprits. A quatre jours de la tenue du scrutin, le climat n’est pas serein.

Fidèle Nanga

Actu Bénin

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