Propos de Patrice Talon à l’Élysée : Les vérités qui fâchent.

Propos de Patrice Talon à l’Élysée : Les vérités qui fâchent.

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La conférence conjointe tenue à l’Élysée par les chefs d’État français et béninois à l’issue de leur entrevue de ce mardi 26 avril 2017 fut un moment de vérité sur l’état de la Nation béninoise. Même si certains de citoyens béninois ne l’entendent pas cette oreille et se disent choquer des propres du président Patrice Talon, ce discours improvisé du chef de l’État béninois est porteur de certaines réalités que les béninois refusent souvent d’admettre.

Seul la vérité fâche dit-on et Patrice Talon, qui ambitionne faire un seul mandat à la tête du pays et qui par conséquent n’a pas forcément besoin de se rendre populaire, n’a pas eu froid aux yeux pour cracher à la face du monde les maux qui minent le développement du Bénin.

De l’incompétence de certains cadres de l’administration publique à l’incapacité des forces de sécurité à faire face à la menace terroriste en passant par le défit de la gouvernance et le renforcement de la France-Afrique ou du moins de la France-Bénin (sujet qui a d’ailleurs fait rage lors des campagnes électorales), Patrice Talon confronté aux réalités du pouvoir a préféré, à défaut de tenir un discours emprunte d’hypocrisie, faire parlé son cœur. Nous vous proposons ici de revivre quelques extraits de ces vérités du président qui offusquent.

Déficit de compétences dans l’administration publique.

J’ai l’ambition, et j’aime le dire haut et fort, au terme de cinq années, de faire un miracle, de réaliser cette magie, et nous voudrions pouvoir compter sur vous pour nous apporter de la compétence toute suite parce que le Bénin aujourd’hui est comme un désert de compétences. C’est vrai, les Béninois aussi bien qu’à l’intérieur qu’à l’extérieur, sont remplis de talents, mais notre administration aujourd’hui manque de compétences de manière criarde. En cela, nous voudrions pouvoir compter sur la coopération française pour nous appuyer, pour nous donner les moyens d’acheter, de payer, de rémunérer la compétence, quel que soit le prix.

L’administration béninoise manque aujourd’hui de compétences de manière criarde. Patrice Talon

Malheureusement, il est difficile aujourd’hui d’avoir la compétence gratuitement. C’est pour ça que nous souhaiterions avoir les moyens de payer. Nous voudrions pouvoir compter sur vous (la France – ndlr) pour nous donner des cadres, pour nous apporter de l’assistance technique pendant quelques mois, des années, le temps que nous parvenions nous-mêmes à former les cadres dont nous avons besoin.

Coopération France-Bénin. 

Monsieur le président, je vous ai dit tout à l’heure que la coopération franco-béninoise, je l’ai dit en violant les règles du protocole et de la diplomatie, je vous ai dit que j’ai trouvé que notre coopération avait traîné un peu les pas. Et que, c’est vrai, la France a beaucoup fait pour le Bénin, mais que c’est peut-être le moment de l’essoufflement, mais que avec la nouvelle dynamique à laquelle nous sommes engagés, nous serons capables de donner une réponse positive et visible à l’aide. (…) Et nous avez assurés que vous allez intervenir à nos côtés sur tous les plans, dont touristique, au plan des compétences, au plan agricole, au plan du leadership.

La France a beaucoup fait pour le Bénin. Patrice Talon

Sécurité.

Nous avons évoqué aussi les problèmes de sécurité et de terrorisme. Vous avez abondamment parlé de cela tout à l’heure. Le Bénin est préoccupé également. Aujourd’hui, on ne peut plus parler que des pays resteront épargnés indéfiniment, nous espérons que nous ne serons pas une cible, mais nous devons nous préparer à répondre, nous devons nous préparer à parler. Et nous avons besoin de votre accompagnement, vis-à-vis des renseignements.

Si un pays comme la France, des pays d’Europe, les Etats Unis, n’y parvienne nt pas encore, ce n’est pas le Bénin qui dirait qu’il y ferait face. Nous voudrions pouvoir compter sur la coopération internationale, sur la coopération bilatérale avec vous, pour être capable de faire face à ce fléau dans notre sous-région.

Défit de gouvernance. 

Le gouvernement à la responsabilité de sortir le peuple de la pauvreté, et ce mot n’est pas fort pour le Bénin parce que c’est un pays de grande pauvreté. J’ai l’ambition, et j’aime le dire haut et fort, au terme de cinq années, de faire un miracle, de réaliser cette magie, et nous voudrions pouvoir compter sur vous (la France – ndlr) pour nous apporter de la compétence toute suite parce que le Bénin aujourd’hui est comme un désert de compétences.

Notre pays est dans le noir presque tous les jours. Et cela, nous avons l’obligation dans les prochaines semaines, d’apporter une solution à nos populations et à nos industries, à nos services.

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