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Projet de révision de la Constitution : Talon décidé à mettre sous pression le Parlement

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Le Chef de l’Etat compte soumettre les grandes réformes politiques promises à l’appréciation des populations avant de saisir le Parlement. Il a affirmé cette volonté ce lundi lors d’un entretien à bâtons rompus  sur la télévision nationale.

Patrice Talon affirmait la veille de la commémoration de l’accession du Bénin à l’indépendance : «… J’engagerai sous peu le processus de révision de notre Constitution. Mais avant l’ultime étape de saisine du Parlement, je compte recueillir par une consultation en forme référendaire, l’appréciation de l’ensemble du peuple béninois sur les choix que j’ai opérés ». Et beaucoup pensaient qu’une erreur s’était glissée dans ses notes. C’était faux. Le Chef de l’Etat a repris avec détermination la même idée hier. Il compte obtenir l’avis du peuple à travers des consultations larges avant de déposer sur la table des députés le projet de révision de la Constitution. Cette décision est critiquée par plusieurs observateurs puisque les articles154 et 155 de la Constitution veulent que les députés soient d’abord saisis du projet de révision avant le référendum. En insistant sur ce choix qui ne devrait pas faire l’unanimité, le président Talon affiche manifestement le désir de contourner les députés, ou de les mettre devant le fait accompli. Le Chef de l’Etat craindrait donc l’opposition d’une partie du Parlement aux réformes engagées.

Hier sur la télévision nationale, le président Talon a soutenu à nouveau la réforme portant sur la réduction du nombre de mandats présidentiels. « Je trouverai les moyens nécessaires  pour faire passer la réforme. La quête du second mandat est un facteur de mauvaise gouvernance », a-t-il expliqué. Mais Patrice Talon a déclaré devoir se plier à la décision du peuple si par extraordinaire la réforme est rejetée. Il insistera néanmoins : « Je ferai le mandat unique».

La répression des étudiants justifiée

Interrogé sur la répression de la marche des étudiants, la semaine écoulée, le président de la République a lâché : « Je suis pour l’expression des libertés… Mais j’ai appris que la marche visait ma résidence et la présidence…Et ce n’est pas toléré ». Tout comme le préfet Modeste Toboula, le Chef de l’Etat constate qu’il y a des lignes rouges que les manifestants ne doivent franchir même s’il condamne l’usage de la force par les policiers et les gendarmes.

Conflit d’intérêts dans le coton ?

Patrice Talon a démontré ne pas travailler pour ses entreprises dans le dossier coton. Selon lui, les nombreuses mesures prises par le gouvernement depuis avril 2016 permettront de sauver la filière. A l’entendre, le coton béninois a souffert des représailles politiques du fait des conflits politiques ayant opposé deux hommes (Yayi Boni et lui, Ndlr). Le régime défunt a mis non seulement en difficulté les cotonculteurs mais aussi les finances publiques, a-t-il dit. En trois ans, a-t-il poursuivi, près de 150 milliards de F Cfa ont été injectés dans le coton par le gouvernement de Yayi. « Il fallait mettre fin à l’atmosphère de mauvaise gestion qui existait… Le trésor public ne mettra plus de moyens dans le coton… Il n’y a pas de conflit d’intérêts», a déclaré  Patrice Talon.

Talon au Nigeria…

Ce  1er août 2016, le Chef de l’Etat a reconnu que le Bénin et le Nigeria ont des relations séculaires qui méritent d’être entretenues. Contrairement aux rumeurs relayées dans l’opinion, a-t-il fait remarquer, le Nigeria est au cœur de la politique de l’actuel régime. « Je vais à Abuja demain (aujourd’hui, Ndlr) », a-t-il d’ailleurs annoncé. Patrice Talon devrait discuter avec le président Buhari des questions économiques. Seulement, il a invité les Béninois à ne pas  se faire des illusions. « Il est difficile que le Bénin agisse sur le pouvoir  d’achat des Nigérians ». Son voyage ne devrait pas donc faire revenir immédiatement au Bénin les clients nigérians. Il compte par contre travailler pour que « la production béninoise aille librement  au Nigeria plus que par le passé ».

Les rails au Bénin…

Le Chef de l’Etat a enfin évoqué le dossier de la boucle ferroviaire. Il a déploré la paralysie qui frappe ce vaste projet ; une paralysie née surtout de l’opposition de deux grands (le groupe Bolloré et le groupe Petrolin) impliqués dans ledit projet. Patrice Talon a confié avoir initié des échanges avec les patrons des deux groupes. Des échanges pour engager le dossier dans une voie de sortie, a-t-il martelé avant de déclarer : « Il est temps que nous  trouvions une solution à cette crise».

A.S


Matin Libre

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