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Projet « bassins versants du Zou » : une réponse collective aux désastres des eaux de ruissellement

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La question des inondations est devenue une véritable hydre de Lerne au Bénin. A chaque saison pluvieuse, les populations souffrent le martyre et le pays tourne au ralenti. Pendant que trouver une solution d’ensemble semble être un rêve inachevé, le département du Zou, à travers le projet « bassins versants du Zou », entend transformer les eaux pluviales en opportunités.

Euloge ZOHOUNGBOGBO

La quasi-totalité des paysans du département du Zou font constamment face à l’équation historique de l’indisponibilité de l’eau. Les rendements son régulièrement affectés en raison de la non-maîtrise de la pluviométrie. Tout ceci s’aggrave par les aléas climatiques dictés par les changements climatiques et les décalages au niveau des saisons. L’eau, ce liquide essentiel à l’agriculture, devient de nos jours une denrée prisée. Contrairement aux pays sahéliens, le Bénin est constamment arrosé. Dans le département du Zou, la quantité d’eau qui tombe chaque année est abondante. Certaines cultures sont décimées du fait de la forte pression hydraulique provoquée par les pluies cycliques. On se retrouve donc en face d’un scénario extrême caractérisé par une forte sécheresse et une pluie abondante.

Face à cette situation, le défi qui s’impose à ce département grenier du Bénin est la maîtrise de sa pluviométrie. Comment peut-on réussir à capitaliser la quantité excessive d’eau recueillie en saison pluvieuse pour un usage agricole en saison sèche ? Par quelle formule peut-on réussir à stocker ce trop-plein en vue d’un usage en saison de soudure ? A cette question, les experts béninois ont déjà trouvé une réponse. Dans le département du Zou, les cadres et experts en charge de ces questions ont amorcé une série d’études destinées à l’élaboration d’une stratégie globale de la gestion des eaux et d’adaptation aux changements climatiques. Ces études entrent dans le cadre de l’exécution du projet « bassins versants du Zou » dont la finalité est de réduire sensiblement les risques d’inondation dans 9 communes de ce département que sont Abomey, Bohicon, Agbangnizoun, Djidja, Zogbodomey, Za-Kpota, Covè, Zagnanado et Ouinhi .

Le Zou s’engage donc à amorcer une vaste action qui devra aboutir à changer sensiblement cette menace en opportunités. Pour le maire de la commune de Bohicon, Luc Atrokpo, ce projet est une offensive efficace contre ce fléau qui, avec l’apport de la science, pourra contribuer à assainir l’environnement et améliorer les performances agricoles des communes partenaires. Le coût global de ce projet est de 275 millions de FCFA avec une contribution des communes du Zou évaluée à 13 millions. Pour la plupart des populations interrogées, la question de la maîtrise des précipitations a toujours été une équation insoluble du fait de l’inaction des pouvoirs publics à trouver une solution appropriée. Ces travaux constituent, à n’en point douter, une parade aux nombreux dégâts causés par les eaux de ruissellement. Pour les partenaires au développement, bras armés du projet, sa mise en œuvre ne sera plus qu’une question de temps. « Nous allons faire de sorte que les eaux de ruissellement, qui constituent un danger, génèrent des emplois dans le Zou », a déclaré Hubert Zoutu, représentant l’Agglomération Seine-Eure (Case) en France. Le département du Zou amorce ainsi un important projet qui servira sans doute d’exemple aux autres régions qui subissent encore de plein fouet les affres de ce phénomène récurrent.

Nécessité de réussir un plan global de maîtrise des eaux

Avec le projet « bassins versants du Zou », les eaux de ruissellement ne seront plus des cauchemars pour les populations du département du Zou, mais une opportunité
Avec le projet « bassins versants du Zou », les eaux de ruissellement ne seront plus des cauchemars pour les populations du département du Zou, mais une opportunité
L’expérience du Zou devra inspirer plusieurs autres départements et communes, car au regard de la morphologie du Bénin, la question de la gestion des eaux de ruissellement a toujours été un casse-tête général. Les statistiques l’illustrent à raison. Si rien n’est fait pour contrer ou optimiser les eaux de ruissellement, le pire tant redouté risque de se reproduire.

Selon l’expert consultant et directeur des Ressources en eau Dr-Ing Arnaud Zannou, la pluviométrie béninoise correspond à une quantité d’eau évaluée à 15 milliards de mètres cube d’eau par an, dont environ 120 millions mobilisés, soit moins de 1%. Il conclut qu’il s’agit d’une perte énorme que subit le Bénin du fait de la non-maîtrise de sa pluviométrie. Cette situation est à la base des inondations répétées connues au niveau même de la métropole du Bénin qu’est Cotonou. Par exemple, les populations des 77 communes du Bénin ont encore à l’esprit les inondations record de 2010. L’inondation de cette année-là était la plus meurtrière, avec un bilan particulièrement lourd. 49 morts, 150 000 sans-abris, 680 000 personnes affectées. Les pertes au plan économique se chiffrent dans l’ordre de 78 milliards de francs CFA. Le danger avait été repoussé, mais la menace pèse toujours sur les populations. Chaque année, la question refait surface, mais les solutions proposées sont loin d’être définitives. Pour le maire de la ville de Cotonou, Léhady Soglo, il faudra une bagatelle de 1000 milliards pour venir à bout du phénomène des inondations dans la ville. La commune de Cotonou est la plus inondée du pays en raison de son niveau relativement bas et de sa proximité avec l’océan. Caque année, plusieurs populations subissent de plein fouet les affres de ce phénomène cyclique. L’équation de Cotonou est pratiquement une énigme face à laquelle des solutions temporaires sont trouvées. Une bonne maîtrise des eaux peut être une solution appropriée et le département du Zou en donne modestement l’exemple.

aCotonou

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