Processus électoral agité:Le cafouillage profite à Yayi

Processus électoral agité:Le cafouillage profite à Yayi

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Les Béninois se rendront aux urnes le 06 mars pour désigner un nouveau président de la République en remplacement de Yayi Boni en fin de mandat. Mais les signaux ne sont pas favorables à une bonne organisation du scrutin. Entre cafouillage, désordre, impréparation, manœuvres de fraude, le processus semble être vicié et on se demande si quelqu’un ne tire pas les ficelles. Pour beaucoup, tout est mis en œuvre pour servir les intérêts du chef de l’Etat.

Augustin Ahouanvoébla a réussi le premier exercice qu’est l’indisponibilité des cartes d’électeur. Après plusieurs mois à la tête du Cos-Lépi, ce manitou de Yayi au sein du Prd a tout fait pour ne pas gagner le pari de la production des cartes. Il n’a réussi qu’à atteindre 35%. Dans plusieurs aires opérationnelles, on n’a même pas débuté la production de la première carte d’électeur alors que ce Président a fait plusieurs mois à la tête de cet organe. Sans tirer les conséquences, la Cour constitutionnelle de Théodore Holo décharge Ahouanvoébla qui s’en va tout bonnement avec sans doute, l’esprit de service rendu à son mentor. C’était juste le rôle qu’il avait à jouer et il l’a vaillamment accompli. La raison est donc toute trouvée. Pas de cartes d’électeur, le report était donc inévitable. Théodore Holo a donc décidé du report pour le 6 mars. Mais ce qui est curieux dans la décision de la Cour constitutionnelle, c’est qu’elle manque de fiabilité et de sincérité. La Cour offre la possibilité d’utiliser les anciennes cartes, mais ne spécifie pas les aires opérationnelles dans lesquelles cet usage pourra être autorisé. Quelle est la mission du Cnt désormais ? La Cour n’a pas pu le dire. La haute institution est restée vague. Ce qui offre une autre possibilité de report. Si avant le 6 mars, on constate que le Cnt n’a pas été capable de produire les cartes dans les aires opérationnelles, la Cour devra revenir pour donner des précisions. Elle accordera des délais supplémentaires au Cnt pour qu’il finalise la production des cartes dans les aires opérationnelles couvertes. Et donc, il y aura un nouveau report avec cette fois-ci des actions de communication pour amener les électeurs des zones non prises en compte à utiliser leurs anciennes cartes. On serait déjà loin après le 6 mars. Yayi qui a toujours rêvé faire des jours après le 6 avril verra son plan en très bonne marche. Les délais constitutionnels seraient largement dépassés. Me Saïdou Agbantou qui avait exploré l’hypothèse d’un état d’urgence n’avait pas totalement tort. L’hypothèse n’est pas à balayer du revers de la main. L’autre joker de Yayi, c’est le cafouillage caractérisé. La Cour constitutionnelle restera vague. Le Cnt produira des cartes à l’emporte pièce, ce qui pourra offrir la possibilité d’utiliser deux types de cartes d’électeur dans une même aire opérationnelle. Les plaintes vont s’amonceler, Yayi et Holo resteront silencieux jusqu’au jour du vote. La liste électorale étant déjà ce qu’elle est, on ira aux élections dans un cafouillage extraordinaire. Le scénario du désordre de 2011 sera réédité. Les candidats n’auront plus de visibilité sur le contrôle du scrutin. Dans un contexte pareil où les nombreux recours n’auront pas de suite, Théodore Holo, comme un soir du vendredi de 2011, prononcera son Ko.

Yayi n’a pas intérêt que tout se passe bien

La situation politique sur le terrain ne conforte pas Yayi Boni. Son candidat ne prend pas du tout et il se pose mille et une questions. La coalition de la rupture, très silencieuse, démantèle les bastions Fcbe et le Chef des cauris perd de plus en plus contrôle. S’il doit laisser les choses en l’état, c’est qu’il risque de se voir remettre la clé de la marina à l’un ou l’autre de ses pires ennemis. Deux options s’offrent à lui. Soit forcer un Ko (ce qui est quasi impossible) ou semer le bordel en agissant sur les délais constitutionnels. Yayi sait très bien qu’un second tour n’arrangera pas, dans tous les cas de figures, son candidat. Il sait également que le dispositif anti-fraude mis en place dans le camp adverse restreint les marges de manœuvres postélectorales. Les structures nationales et internationales de production instantanée des résultats au soir du scrutin peuvent confondre, à juste titre, la Commission électorale nationale autonome (Céna) et même la Cour constitutionnelle. La marge de manœuvre est très réduite. Yayi Boni devra inventer des scénarii spectaculaires. C’est d’ailleurs pourquoi il n’a aucun intérêt à ce que le scrutin soit clair et transparent. L’esprit d’anticipation de la classe politique est plus qu’un impératif.

AT

Actu Bénin

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