Prise en otage du développement local

Prise en otage du développement local

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Par : Akkilou YACOUBOU

Otage ou sous embargo, les mots sont peu pour refléter ce qui se passe sous le ciel béninois. Plus une semaine ne passe sans qu’on n’entende parler de séisme au niveau d’une mairie. Autrement, les jours se suivent et se ressemblent. Les votes de défiance se multiplient avec à la clé des maires qui sont destitués pour un oui ou pour un non. Il ne s’agit plus de voir ce qui a été fait, ce qui est fait et ce qu’on ambitionne de faire dans les communes mais seulement de sauter cette tête qui gêne. Couper cette tête qui ne leur ressemble pas pour une tête béni-oui-oui, un guignol, une marionnette qu’on pourrait manipuler à sa guise. Certains maires sont déjà sautés et d’autres destitutions sont en cours de téléchargement comme le dirait l’autre, allusion faite à Glazoué, Abomey, Cotonou, Gogounou, Abomey-Calavi, etc. Vu l’ampleur de cette tendance qui est loin de contribuer à l’amélioration du processus de développement local, la société civile, du moins celle qui semble ne pas s’être prostituée avec les politiques et qui peut encore se prévaloir d’une certaine virginité, comme Social Watch Bénin, tire la sonnette d’alarme afin de sauver ce qui est encore récupérable face au mutisme du monde politique.

« …Social Watch Bénin attire l’attention de tous pour que la réaction soit sans appel pour arrêter la démarche si tant est que les destitutions actuelles ne sont que des effets de représailles post-élection que les nouvelles autorités attisent dans le seul but de satisfaire des intérêts partisans, – La décentralisation est bien une gestion politique, mais elle ne doit pas être banalisée juste pour des questions de guéguerres politiques ; – Le Bénin aujourd’hui a besoin de réconcilier les citoyens entre eux et surtout travailler pour enfin assurer le développement des citoyens à travers l’offre de services de qualité… » Un extrait de l’appel de Social Watch Bénin face à la destitution des maires. Un ton ferme qui ressort une désillusion épidémique fortement encouragé politiquement.

Aujourd’hui, c’est la loi du plus fort. Il faut effacer voire formater tous les maires assimilés à l’ancien régime. Juste pour installer des gens proche de la rupture. Bon ou pas, pour n’avoir pas fait la rupture, une raison est vite trouvée pour vous donner des céphalées. Une destitution pour des raisons fallacieuses et ce ne sont pas les millions qui feront défaut pour tout débauchage. Et à l’allure où vont les choses, personne ne pourra sauver sa tête. Et pour cause, même certains maires qui faisaient partie de la rupture, sont en train de passer à la casserole. Autrement dit, c’est un tsunami géant qui envahit le pays qui passe de commune en commune. Ce sont de nouvelles personnes qui sont recherchées vu que les actuels rappellent Boni Yayi. Donc, comme c’est la rupture, on veut aussi rompre avec ce passé. Pour ce qui est du développement local, on s’en fout. Seul le ‘’mangement’’ préoccupe et rien d’autre. Avec les questions de guéguerres politiques, les populations et les hommes politiques actuels n’ont pas les mêmes soucis. Vulgairement, les populations peuvent se mettre le développement local dans leur cul.

Le nouveau départ observe, rit, se réjouit et manipule en douce. Ce qui démontre aisément qu’il n’y a pas ce régime qui n’aime pas concentrer tous les pouvoirs dans ses bras. De Yayi à Talon, il n’y a que la tête qui a changée puisque les actes demeurent les mêmes. Cependant, quoiqu’il soit, avec cette vague de destitutions des maires, une sagesse enseigne que « qui tue par l’épée, périt par l’épée » car «gbangban qu’ils ont créé là, ils vont prendre draaah » chante le reggae man ivoirien Alpha Blondy. Allons seulement !

aCotonou

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