Présidentielle de 2016 : Talon élu sans contestation : une première

Présidentielle de 2016 : Talon élu sans contestation : une première

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La Cour constitutionnelle a donné les résultats définitifs du second tour de la présidentielle de 2016 dans la matinée d’hier 30 mars. Elle «proclame définitivement élu Président de la République Monsieur Patrice Athanase Guillaume Talon». Mais l’histoire retiendra que cette élection n’a pas été contestée par qui que ce soit. Au Bénin, c’est une première depuis l’avènement du renouveau démocratique.

«Vu la proclamation provisoire, le 25 mars 2016, des résultats de l’élection présidentielle du 20 mars 2016; Considérant qu’aucune contestation relative à la régularité des opérations électorales n’a été déposée au greffe de la Cour par l’un des candidats dans les cinq jours de la proclamation provisoire comme le prescrit l’article 49 alinéa 3 de la Constitution ; Article 1er : Proclame définitivement élu Président de la République Monsieur Patrice Athanase Guillaume Talon». En effet, le 25 mars dernier, la Cour a donné les résultats provisoires qui plaçaient déjà Patrice Talon en tête des suffrages exprimés avec 65,37% contre 34,63% pour son challenger, Lionel Zinsou. Les articles 2 et 3 de la décision précisaient : «Dit que la présente proclamation est provisoire et ne sera définitive qu’après la décision de la haute juridiction sur les contestations éventuelles des candidats à l’élection du 20 mars 2016» ; «Dit que les recours en contestation doivent intervenir dans le délai de cinq (5) jours à compter de la présente proclamation». Autrement, d’éventuelles contestations pouvaient encore influencer ces résultats si elles étaient fondées. Mais, la Cour ne les recevra jamais. Car, c’est fort de ce qu’aucune contestation ne lui a été adressée que la Cour a proclamé les résultats définitifs hier.

Patrice Talon est donc élu sans que personne ne conteste son élection. Depuis l’avènement de la démocratie au Bénin, en 1990, c’est la première fois que la Cour constitutionnelle déclare un candidat élu sans d’abord se pencher sur de multitudes contestations. Les élections à polémiques sont surtout celles de 1996 et 2001 entre Nicéphore Dieudonné Soglo et Mathieu Kérékou et 2011 entre Boni Yayi et Me Adrien Houngbédji. En 1996 et 2011, Soglo a fortement contesté l’élection et la réélection de Kérékou, soulignant qu’on lui a volé ses victoires. La Cour ne l’a pas suivi. La réélection au 1er tour en 2011 de Yayi est toujours contestée par nombre de béninois, surtout par son challenger de l’époque, Me Houngbédji. Ce K.O, beaucoup de béninois n’y croient toujours pas. Mais à l’arrivée, la Cour de Robert Dossou a validé les résultats sortis des urnes. Par contre, les présentes présidentielles auront été caractérisées par l’absence de contestations, aussi bien au 1er tour qu’au second tour. La Commission électorale nationale autonome (Céna) a donné, dans un temps record, les grandes tendances du 1er et du second tour. La Cour constitutionnelle n’a fait que suivre ces grandes tendances, ne procédant qu’à quelques redressements. Les sages attendaient des contestations qui ne lui seront jamais parvenues. Au sein des populations également, la victoire de Talon est passée comme une lettre à la poste. A juste titre, son challenger au second tour, Lionel Zinsou, a reconnu sa défaite quelques heures après la clôture du scrutin du 20 mars. Le «Nouveau Départ » défendu par le candidat Talon sera lancé le 6 avril prochain avec son investiture.

aCotonou

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