Premières tendances: L’assurance change de camp, la messe est vraiment dite?

Premières tendances: L’assurance change de camp, la messe est vraiment dite?

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Après les premières tendances données par la Commission électorale nationale autonome (Céna), la première lecture qu’on fait, c’est un semblant de victoire dans le rang de la rupture. Est-il permis de crier victoire ?

L’assurance a changé de camp. Au premier tour, on voyait un Hagbè national tout confiant qui pouvait narguer ses compagnons d’hier. Ses affidés n’hésitaient pas à dire ‘’Fcbe Prd Rb 75%’’ avec une certaine assurance. Dans tous les coins de rue, sur les réseaux sociaux, la star du moment, c’était Lionel Zinsou. On entendait les indéfectibles de ce candidat proclamer un Ko certain. Très rassurés, ils se permettaient de crier victoire avant la victoire. Au fond, ils n’avaient pas vraiment tort puisque la réalité mathématique leur permettait un tel écart. Les partis et alliances de partis en présence n’étaient pas des enfants de chœurs et une bonne organisation pouvait vraiment payer. Le camp adverse de son côté, en était suffisamment conscient et a commencé par travailler dans la discrétion. Les leaders de l’opposition comme Candide Azannai, Lazare Sèhouéto et autres se sont totalement terrés. Les stratégies étaient pratiquement souterraines. Pendant les instants forts, le Président de l’Union fait la nation Bruno Amoussou a effectué une sortie médiatique où il a déclaré à mot voilé qu’Adrien Houngbédji sera prochainement dans l’opposition. Jusque-là, on voyait deux camps qui s’affrontaient. Le premier, très confiant, criait victoire parce que comptant sur le jeu des alliances. Le second quant à lui utilisait les stratégies pour gagner coûte que coûte. Ce schéma s’est maintenant inversé depuis la proclamation par la Céna des grandes tendances. On note d’un côté des Pro-Talon très rassurés qui comptent cette fois-ci et fort curieusement sur le même jeu des alliances pour clamer leur victoire au second tour. Les partisans de la rupture un peu comme les amis pro-Zinsou justifient leur victoire par les additions mathématiques comme : « Talon+ Abt+ Pik+Ajavon » et la victoire est assurée. Ce qui est dit une fois encore ne manque pas de pertinence, mais est-ce que le match est vraiment plié ?

La défaite digérée

Le camp Zinsou, pratiquement aphone, utilise la stratégie des pro-Talon. Il ne parle plus mais travaille sans doute. On dira peut-être qu’ils sont en train de digérer leur défaite, mais est-ce qu’on peut vraiment parler de défaite quand on sait que ce qui est donné n’est que les tendances et que seule la Cour constitutionnelle a le dernier mot ? Est-ce qu’on peut parler de défaite quand on sait que dans le rang même des candidats de la rupture, il y a beaucoup de candidats indépendants qui ont des bases volatiles ? La présidentielle étant une élection personnelle, les différents scores obtenus par les candidats en présence sont forcément appelés à diminuer, puisque le candidat de départ a un idéal que des militants partageaient et qu’ils ne retrouvent peut-être pas chez le second candidat qu’on leur propose. Il ne faut pas perdre de vue le fait que des militants de certains candidats de la rupture étaient des Fcbe et peuvent être amenés avec une forte implication des pro-zinsou à changer d’avis. A part Abdoulaye Bi Tchané qui a une base vraiment identifiable, les autres doivent beaucoup travailler encore. Un militant pro-Pik peut décider pour des raisons personnelles de choisir Zinsou au lieu de Talon. Il ne faudra pas aussi perdre de vue le fait que Yayi sera une fois encore à fond dans le combat dans le nord, fief qui a propulsé son candidat pour le premier tour. Avec tout ceci, la tâche ne sera pas aisée, l’euphorie doit prendre fin au plus vite. Les candidats de la rupture doivent très vite retourner sur le terrain et travailler à sauvegarder leurs bases respectives car la bataille sera rude. Les brigades anti-fraude devront être davantage renforcées car c’est l’ultime combat et tous les coups même les plus interdits seront permis avec un usage abusif des moyens de l’Etat.

Abdourhamane Touré

Actu Bénin

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