Premier gouvernement de Patrice Talon : Décryptage et proposition d’acteurs de la...

Premier gouvernement de Patrice Talon : Décryptage et proposition d’acteurs de la Société civile

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Au lendemain de la publication de la première équipe gouvernementale de la Rupture, des citoyens béninois ont accepté se prononcer sur sa composition. Lire le décryptage et les propositions faits par chacun de ces acteurs.

Dr TOUKOUROU TIDJANI MOUTIATOU
Présidente/Ordre des Pharmaciens du Bénin,
Présidente/Plateforme secteur sanitaire privé (PSSP-Benin),
Auditeur Qualite certifié IRCA et Coach formateur 2e degré

« (…) le ministre de la Santé est encore un Médecin. C’est regrettable»

Mes premières impressions sont bonnes par rapport à l’effectif et il y a des compétences avérées, des compétences qui restent à prouver et un bon dosage de politiciens et j’espère que le Président saura imprimer sa marque et sa rigueur à l’ensemble de son gouvernement pour ne pas tomber dans les mêmes travers . Quand au nombre de femmes ,je pense qu’il y a encore un effort à faire pour rétablir l’équilibre dans la contribution de tous les fils et filles du Benin. Mais, pour ce qui concerne surtout mon secteur ; c’est-à-dire celui de la santé, on constate que le ministre de la santé est encore un Médecin. C’est regrettable, car il est temps que les  autres acteurs de la santé qui sont mieux organisés que les médecins apportent leur savoir faire dans la construction de notre système sanitaire .Je constate que le ministre de la santé est également un politicien et j’espère que la politique ne va pas l’emporter sur la technicité dans le traitement des dossiers . En conclusion nous faisons confiance au Président Patrice Talon pour restaurer le respect des lois et textes régissant tous les secteurs de notre pays pour un Développement harmonieux et durable. Le succès de la rupture  en dépend .

Propos recueillis par J.B

MATHIAS COMBOU,
journaliste sportif et  Sg de la Fébéma

« Outre l’euphorie, le chantier est vaste … »
 
Je vais féliciter le nouveau ministre qui a été nommé. C’est la preuve que des personnes peuvent faire confiance à la jeunesse. Outre l’euphorie, le chantier est vaste. Le Bénin compte plus de 25 Fédérations inégalement réparties parce que le choux-gras revient toujours au football. Les autres Fédérations ont une infirme partie de l’enveloppe financière revenue aux différentes Fédérations. Le nouveau ministre des sports doit avoir le souci de faire en sorte qu’il y ait une sorte de rééquilibrage de la manne financière qui doit revenir aux Fédérations. Nous sommes tous persuadés que le football reste et demeure le sport roi. Le plus gros investissement doit aller au football. Mais il faut faire en sorte que les Fédérations qui se distinguent par leur travail, leur méthodologie, leur façon de faire puissent être récompensées. Le ministre des sports doit avoir comme objectif, le placement des cadres béninois dans les structures sportives à l’international pour que le Bénin ne soit pas toujours la queue dans les dispositions sportifs sur le plan continental et mondial. Aujourd’hui, le football béninois traverse une crise sans précédents. Il faudrait que le ministre puisse très rapidement en homme neutre fait la part des choses, suivre les textes et régler ce problème une fois pour de bon, permettre à tous les acteurs du football de se parler pour que nous puissions avoir un football limpide les cinq années à venir. Il faut que les disciplines dites petites puissent être rehaussées. Il y a d’autres disciplines qu’il faut promouvoir. Je vais parler de la Fédération de Maracana comme un exemple. C’est une discipline qui est en train d’avoir du volume à l’international et le Bénin peut vite se positionner dans les instances continentales et internationales. Quand le sport ne marche pas, ce n’est pas une bonne réussite. Donc, le ministre des sports doit justifier la rupture au niveau de l’organisation sportive de notre pays. »

Propos recueillis par AFS

MAXIME OKOUNDE,
Porte-parole du Front d’action des syndicats de l’éducation.

«C’est un bon gouvernement…»

C’est un bon gouvernement qui cadre globalement avec les engagements déclinés hier à Porto-Novo : compétences, expériences, engagement dans la rupture et sobriété dans les passations de charge. 21 ministères c’est déjà mieux que 28. Donc de l’économie faite surtout qu’on ne connait pas ce qui est laissé dans la caisse. Les profils des quatre ministres en charge de l’éducation nous rassurent. On les connait et ils peuvent nous aider à résoudre les défis de l’école avec notre vigilance. Sur la non-effectivité de la fusion des ministères de l’éducation, ce n’est pas une surprise pour moi et je crois que la sagesse a guidé le Président Talon dans le maintien du statu quo. Car à notre entretien du samedi 9 janvier 2016 avec le candidat Talon à Bénin Marina Hôtel, il a dit précisément qu’il va évaluer les risques de la fusion, qu’il va probablement opter pour le maintien pour opérer les réformes du CNE, les mesures spécifiques par ordre d’enseignement, les mesures transversales comme la direction de la qualité de l’enseignement, des enseignants et des méthodes d’apprentissages. L’évaluation permettra d’opérer la fusion avec une maîtrise des défis et des solutions dans le gouvernement qui suivra. Donc un seul ministère de l’éducation est réalisable, mais il faut prendre des précautions. C’est cela qui a certainement empêché d’avoir moins de 20 ministères. C’est une décision sage, il y a des acquis à consolider, de nombreux défis à relever avec tous les acteurs et nous  serons au cœur des réformes dans l’éducation. Cinq axes majeurs sont attendus : réformes institutionnelles, la promotion de la qualité et des valeurs comme le mérite, la compétence et la probité, l’équité dans les nominations, la motivation des enseignants qui passe par la mise en œuvre consensuelle et graduelle des mesures prévues dans nos statuts particuliers à court, moyen et long termes, la dépolitisation de la chose éducative et la lutte contre l’échec scolaire en vue d’une meilleure adéquation formation/emploi, réformes éducatives/ambitions économiques du Président, rayonnement du Bénin/qualité des ressources humaines à vendre ou exporter dans la zone franche du savoir. La rupture doit être traduite en réalité pour le bien de notre école à travers un lien et un attelage fonctionnels réussis des trois ordres. Après cela un seul ministère de l’éducation sera réaliste et efficace avec de grandes directions efficientes. C’est que je crois et nous allons accompagner la nouvelle dynamique. Le Président n’a pas droit à l’erreur. L’ossature actuelle est favorable parce qu’il faut d’abord faire l’état des lieux, évaluer les risques de la fusion et mettre les balises pour ne pas échouer. La concertation, le dialogue constructif, l’écoute des ministres et du Président et l’attention à nos propositions permettront d’éviter des heurts inutiles. Le respect des textes de la législation scolaire, des engagements pris et de la signature de l’État sont des gages de bonne gouvernance et de restauration de l’autorité de l’État. Ce cheminement évitera les grèves. Le Front présentera bientôt ses attentes et indiquera les conditions d’une paix durable et éventuellement d’une trêve sociale bien négociée et les diverses mesures échelonnées pour résoudre les reclassements en retard, les disparités catégorielles, les injustices, la fin de la polarisation des statuts de précarité comme la vacation, les enseignants ANPE, le volontariat à supprimer. Notre option est la professionnalisation du métier d’enseignant avec la motivation subséquente pour des résultats satisfaisants pour nous, les parents d’élèves, les partenaires techniques et financiers et l’État.

Propos recueillis par AB

Matin Libre

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2 COMMENTAIRES

  1. Pourvu que la rupture s’opre sinon ce gouvernement ne me rassure pas tellement mais attendons de voir la suite avant tout jugement

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