Pour jouer le rôle de contre-pouvoir : Houngbadji annonce la création d’une...

Pour jouer le rôle de contre-pouvoir : Houngbadji annonce la création d’une plateforme

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Le président du Rassemblement des forces du progrès (RFP), Léonce Houngbadji, a opéré samedi dernier à Cotonou une sortie médiatique. Occasion pour lui de clarifier sa position au sujet des actions du gouvernement du Nouveau départ.
L’opposition au Président, Patrice Talon se constitue peu à peu. Ayant accédé à la Magistrature suprême, il y a environ 120 jours, les citoyens prônant une vision contraire à celle du chantre du Nouveau départ ne veulent plus rester dans l’ombre. Tel est le cas du président du Rassemblement des forces du progrès (RFP), Léonce Houngbadji. A la faveur d’une conférence de presse animée samedi dernier à Cotonou, l’homme politique a dévoilé sa position face aux actions de la Rupture. « Je ne soutiens pas l’action du gouvernement en place. On ne peut pas avoir fait tout ce que j’ai fait pendant les élections dernières pour dire qu’on est de la mouvance », a fait remarquer Léonce Houngbadji. En passant en revue l’actualité socio-politique et plus précisément les 100 premiers jours du Président, Patrice Talon, à la tête du pays, il tire la sonnette d’alarme. « L’heure est grave », a-t-il dit. Pour lui, avec l’avènement du nouveau régime, la pauvreté s’est accentuée de même que l’insécurité. A cela s’ajoute un climat visant à peindre en noir les actes de l’ancien locataire de la Marina. « Intoxication, désinformation et manipulation. C’est de cette manière qu’il faut qualifier le mécanisme mis en place les lieutenants du Nouveau départ », a déclaré Léonce Houngbadji. Au sujet de la transparence des audits commandités, le conférencier est animé par un sentiment de doute. En s’interrogeant sur les conditions de sélection des cabinets d’audit, le président du RFP trouve biaisée la mission des auditeurs. « C’est pas normal que les audits soient orientés seulement sur la période de 2012 à 2016. Pour la transparence desdits audits, ça doit prendre en compte toute la période de 2006 à 2016 », a dit Léonce Houngbadji. En ce qui concerne la problématique du mandat présidentiel unique voulu par Patrice Talon, l’homme politique entend mener tous les combats pour éviter son insertion dans la Constitution du 11 décembre 1990. « Nous disons non au mandat unique. Et, si les gens veulent imposer le mandat unique pour régler des comptes, nous allons les empêcher », a-t-il indiqué. Selon lui, les dettes annoncées par le régime sont loin de la réalité. Raison pour laquelle, il invite les députés à exiger l’audit des dettes évoquées par le gouvernement. Au regard de ce tableau funeste, Léonce Houngbadji a annoncé la mise en place dans les prochains jours d’une plateforme pour jouer le rôle de contre-pouvoir dans un environnement où la classe politique a démissionné.
Toussaint HOUETOHOSSOU
La déclaration liminaire

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Le Bénin vient de perdre Emile Derlin Zinsou, ancien Président de la République, un grand baobab. C’est une grosse perte pour notre pays et pour l’Afrique. Nous vous invitons à vous lever et à observer une minute de silence en son hommage.
C’est notre première Conférence de presse depuis l’installation des nouvelles autorités du pays. Nous leur adressons encore une fois nos plus chaleureuses félicitations. Nous mesurons l’ampleur des défis auxquels le Président Patrice TALON doit faire face, et lui souhaitons très sincèrement plein succès dans ses nouvelles fonctions. Nous nous réjouissons de la détermination des Béninoises et Béninois à ancrer plus fermement encore les valeurs de démocratie et de bonne gouvernance dans les mœurs politiques au Bénin.
Cette sortie médiatique se tient à la veille de la célébration du 56ème anniversaire de l’indépendance de notre pays. Un jour historique qui nous amène à œuvrer davantage pour préserver l’héritage de tous les présidents qui ont dirigé ce pays : de Hubert Maga à Boni Yayi en passant par Apithy, Ahomadégbé, Zinsou, Kérékou et Soglo (sans oublier tous les autres acteurs). La paix, la stabilité, la sécurité, l’unité nationale, la cohésion sociale… nous devons les préserver au quotidien. Il s’agit de notre héritage.
Nous sommes jeunes et l’avenir de notre pays nous interpelle tous. Et nul ne sera de trop pour apporter sa pierre à la construction d’un Bénin fort, prospère et plus uni.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de notre prochaine rentrée politique parce que le silence, en politique, surtout lorsque des signaux sont au rouge, comme c’est le cas actuellement, est un poison, un virus, un cancer pour la République.
Depuis le 06 avril 2016, il y a un nouveau Président qui est à la tête de notre pays. Il s’agit du Président Patrice Talon. Après son installation, il y a eu la formation du Gouvernement. Puis, les suppressions, annulations, suspensions… Il y a aussi eu des actes positifs posés. Et il est de notre responsabilité de les reconnaître et de les saluer. Il y a eu la désignation de nouveaux Chefs-lieux de départements et la nomination de nouveaux préfets. Nous sommes convaincus que c’est une très bonne chose et nous encourageons le Gouvernement à aller plus loin, surtout dans l’accompagnement progressif des nouvelles préfectures.
Nous avons aussi constaté la diminution du délestage et senti que le Gouvernement est en train de faire des efforts dans ce sens.
Nous avons également remarqué, ces derniers jours, le paiement progressif des dettes intérieures. Nous encourageons le gouvernement à apurer toutes les dettes et à prendre les mesures qui s’imposent pour éviter de payer les dettes fictives.

Critique de l’action gouvernementale

Le bilan des 100 jours du gouvernement Patrice Talon est catastrophique, car il accumule les échecs sur tous les plans : celui du chômage, de la création d’emploi, de l’économie, de la santé, de l’éducation, de l’autonomisation des femmes, des grands travaux, de la sécurité, de la promotion de l’excellence, de la justice… Sur plusieurs indicateurs clés, les résultats du chef de l’État au bout de trois mois de présidence sont désastreux. Il lui faut se mettre au travail pour inverser la tendance.
Au lieu de faire preuve d’humilité et de trouver de vraies solutions pour combler les attentes des Béninois, les autorités de la «rupture» multiplient les erreurs, les unes après les autres. Et il ne peut en être autrement puisqu’elles naviguent à vue, sans programme d’action.
En effet, le gouvernement ne semble pas savoir dans quelle direction avancer. Plusieurs dossiers font du surplace. L’improvisation et la déroute de ce gouvernement se font également sentir dans des dossiers sensibles. Le rétropédalage est récursif. D’où l’impression de totale improvisation, parfois de panique, que donne aujourd’hui l’action du gouvernement, sans priorité et sans vision. Il semble découvrir les problèmes seulement quand ils se présentent concrètement à lui. Le problème est surtout qu’il ne dit pas où il va, et par quelle route. Plusieurs ministères sont aujourd’hui paralysés. Dans l’administration publique, des travailleurs commencent par hausser le ton pour dénoncer le laxisme du gouvernement qui paraît impuissant et incapable d’apporter des solutions aux difficultés subies au quotidien par la population. De plus en plus, ils dénoncent les actions sans cohérence et sans solidarité entreprises au niveau des ministères, sociétés et offices d’Etat.
Sur le plan social, c’est la catastrophe. Les travailleurs ne savent plus à quel saint se vouer pour préserver leurs acquis, le président de la République étant déterminé à «réduire le nombre de fonctionnaires» dans l’administration publique.
Allez dans nos marchés, le constat est désastreux, la misère s’est accrue. Nos parents ont du mal à joindre les deux bouts. Tout ceci se passe en l’espace de trois mois et on nous demande de garder le silence pendant au moins 6 mois. Personne ne pourra nous empêcher de parler. Que cela soit clair à tous les niveaux. Sur la sécurité : Un laxisme sans précédent nous conduit immanquablement aux tristes résultats que l’on ne peut que déplorer. Les Béninois et leurs biens ne sont plus en sécurité. Le gouvernement invite chaque citoyen à se débrouiller pour assurer sa sécurité. Dans quel pays sommes-nous ? Face à la démission du gouvernement, les populations font recours à la vindicte populaire pour se défendre. Les droits de l’homme sont ainsi méprisés. Nous demandons au Gouvernement de prendre ses responsabilités, d’améliorer les conditions de vie et de travail de nos forces de sécurité publique, de les doter de moyens roulants adéquats, d’impliquer les élus locaux dans la production de la sécurité publique. Il ne s’agit pas de venir à la télé faire des incantations, il faut mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut au sein de l’appareil sécuritaire et renforcer la sensibilisation des populations sur les comportements adéquats à adopter.
Sur le plan de la promotion de l’excellence, c’est la grosse déception. Les promesses électorales n’engagement réellement que ceux qui y croient. L’homme qu’il faut n’est pas mis à la place qu’il faut. Le clientélisme est érigé en système de gouvernance. Des personnes ayant des démêlés avec la justice ou qui ont été déjà condamnées par la justice sont promues.
S’agissant du secteur de la justice, ses décisions sont bafouées. Depuis le 06 avril 2016, au moins deux importantes décisions de justice sont ignorées par l’Exécutif : Affaires FBF et Eglise méthodiste. Même les décisions de la Cour Constitutionnelle sont ignorées. Sommes-nous toujours dans un Etat de droit ?
Mais l’économie est sans doute le plus grand fiasco du gouvernement. Une courbe du chômage qui monte d’un cran avec un secteur privé en pleine déconfiture, le renforcement du monopole dans la filière coton et dans d’autres secteurs au profit d’une seule personne… On fait tout pour montrer que le régime passé a tout détruit, a laissé le pays dans un «état comateux», quitte à se contredire.
Diplomatie : Notre président a manqué son premier sommet de l’Union Africaine au cours duquel d’importantes décisions ont été prises. La fermeture de certaines ambassades pose problème. Au Niger et en Côte d’Ivoire, par exemple, il y a une forte communauté béninoise à soutenir. Entre le Bénin et le Niger, la coopération économique est très importante surtout pour notre économie. Le gouvernement doit donc revoir sa copie.
C’est dire qu’en trois mois, le gouvernement n’a pas bougé. Pour ses défenseurs, les acquis sont reluisants avec l’annulation des concours, la désignation des chefs-lieux de départements, la nomination de nouveaux préfets, la suppression de décrets et d’institutions rattachées à la Présidence… Mais ils oublient de dire que depuis le 06 avril 2016, aucune mesure touchant directement la vie des Béninois n’a été prise. Tous les actes posés qui ont une incidence financière sont liés au coton, la filière dans laquelle le chef de l’Etat se dit «roi» (Voir Le Monde Afrique). Plusieurs dizaines de milliards de F Cfa sont déjà décaissés au Trésor public : 12, 17, 19,5… milliards décaissés.
Après trois mois de gouvernance, on constate aisément que seules les réformes politiques et institutionnelles préoccupent le chef de l’Etat et son gouvernement, après le coton. On comprend pourquoi des dizaines de millions ont été distribués aux membres de la Commission Djogbénou. Et les commissions, on en crée tous les jours, une dizaine déjà avec les bureaux d’études et consorts, des milliards de perte pour le pays pendant que les jeunes et les femmes sont dans la précarité.
Le président Patrice Talon est-il encore en capacité de retrouver la confiance des Béninois ? Rien n’est moins sûr, tant son bilan à mi-parcours donne un tableau d’une noirceur sans pareille. Une avalanche de chiffres inquiétants dans une mer d’intoxication, de désinformation et de manipulation de l’opinion publique nationale et internationale.
Que cela soit clair. Nous n’appartenons pas à la mouvance présidentielle et donc nous sommes opposés à l’action gouvernementale. Nous sommes en train de mettre en place une grande plateforme politique qui jouera le rôle de contre-pouvoir : elle permet d’éviter que la mouvance n’ait la tentation de mener une politique portant atteinte aux droits et libertés. Cette plateforme participe de l’existence du pluralisme politique, qui est une des bases de la démocratie. Nous manifesterons nos désaccords envers la politique gouvernementale au bon moment et au bon endroit, dans la légalité totale, avec des propositions constructives.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

La société civile a totalement démissionné parce que lorsque nous voyons aujourd’hui certains de ses acteurs aller à la télévision défendre le Gouvernement, ça devient inconcevable, préoccupant. C’est inadmissible dans une démocratie que certains de ces acteurs fassent la promotion de l’action gouvernementale. Ce n’est pas leur rôle. La société civile ne fait pas la politique. Nous encourageons ceux qui font l’effort de rester dans leur champ d’action à poursuivre la veille citoyenne. A l’endroit de ceux qui se trompent de combat, nous leur demandons de changer de métier.
Vous voyez ce qui se passe sur le campus universitaire où depuis des semaines les étudiants expriment des besoins et nous avons un Gouvernement totalement sourd. Ces jeunes crient depuis des semaines et personne ne les écoute. Ils décident de marcher pacifiquement pour se faire mieux entendre et il se fait que nous avons dans le Littoral un préfet qui a réprimé leur marche dans le sang. Et en dehors de quelques réactions timides de certaines centrales syndicales, personne n’a pu s’exprimer sur ce dossier pour condamner ses agissements. Des étudiants ont été tabassés, du sang a coulé et cette fois-ci ce n’est pas du «sang de mouton». Plus est, certaines autorités au niveau du campus ont décidé de suspendre 21 étudiants liés aux manifestations pour cinq ans. Dans quel pays sommes-nous? Dans quelle démocratie sommes-nous pour qu’on suspende des gens qui ont juste exprimé leurs opinions ? Que la justice soit saisie si des fautes sont réellement commises. Mais leur suspension est un abus de pouvoir, c’est illégal. Nous donnons une semaine au Gouvernement et aux autorités rectorales pour que ces 21 étudiants soient immédiatement réintégrés. Que ces étudiants reçoivent notre soutien. Ils nous verront à leurs côtés parce qu’il s’agit de l’avenir de notre pays. Ce que nos papas Hubert Maga, Apithy, Ahomadégbé, Emile Derlin Zinsou, Mathieu Kérékou, Nicéphore Soglo et Boni Yayi ont fait pour que nous puissions avoir aujourd’hui un Bénin paisible et stable, nous ne permettront à personne de les remettre en cause.
Les populations n’ont pas droit à l’information. On est dans une gouvernance opaque. On n’arrive même pas à faire la différence entre l’information et l’intoxication. Si vous voulez savoir comment le pays est géré, allez sur les réseaux sociaux.
Le Président de la République dit que ce qu’il fait, c’est d’abord pour lui-même et qu’il pense à lui-même tout le temps. Mais comment un Président peut-il dire qu’il pense d’abord à lui avant les autres ? Il a un mandat de cinq ans, qu’il pense d’abord au peuple, le peuple d’abord, le Bénin d’abord.
La presse nationale est totalement ignorée. Il faut aller dans la presse internationale pour avoir des informations sur notre Président. Un Ministre qui va accorder une interview, c’est dans la presse internationale, parce qu’on ne veut pas avoir de voix discordantes, contradictoires, dans le pays. On tend vers un Etat totalitaire.
Après le Coton, c’est le Pvi, le Port. Les dernières affectations à la douane et la propagande autour du Segub annoncent le grand retour du Pvi. C’est ça la vérité. Il ne faut pas avoir peur de dire la vérité. Si nous aimons notre pays, ayons le courage de dire la vérité quel que soit ce que ça va nous coûter (injures et autres attaques sur les réseaux sociaux, les intimidations, les menaces d’emprisonnement, les pressions de tous genres…). Si le Pvi revenait, c’est l’inflation, le panier de la ménagère prendra encore un coup et la vie deviendra encore plus chère.
Notre port est tombé. La filière des véhicules d’occasion est en agonie. Tous les Libanais partent. Vous savez bien les efforts consentis par le passé pour relever le niveau de notre port (compétitivité). Il faut le sauver.
Les recettes totales de nos régies financières sont en baisse. Allez au Ministère des finances pour voir le tableau de bord de l’économie nationale au titre du mois de juin 2016, 15 milliards de F Cfa de perte.
On parle de dettes. On intoxique la population, on joue sur les chiffres. On fait tout pour détourner l’attention du peuple sur la gestion qu’ils font actuellement du pays. Quand le Président Talon n’avait pas encore pris le pouvoir, il avait dit que la dette intérieure était sa priorité, il parlait de 300 milliards. Mais quand le Ministre Koutché a donné les vrais chiffres (160 milliards et non 300 milliards), plus de réactions. Dans l’un de leurs conseils des ministres, ils ont reconnu qu’il y a 160 milliards de dettes.
Parce qu’ils n’ont pas encore un programme de développement, ils font tout pour peindre en noir tout ce qui a été fait avant leur arrivée. On va jusqu’à dire que c’est l’ancien régime qui encourage l’insécurité. Nous sommes dans une gouvernance «IDM» : Intoxication-Désinformation-Manipulation.
Tous les pays de la sous-région vont sur les marchés financiers. La contribution du Fmi et de la Banque mondiale au développement de notre pays est appréciable mais elle ne suffit pas pour régler tous les problèmes du pays. Donc il faut mettre en place des mécanismes de mobilisation de ressources tant au plan national qu’international. Quand ils ont dit 160 milliards de dettes, ils sont revenus après nous dire que c’est 1200 milliards. Ils se contredisent. La cohésion au sein de ce Gouvernement pose véritablement problème. Les Ministres se contredisent.
Le même gouvernement vient dire encore que la dette passe à 2.462 milliards. Comment vous pouvez comptabiliser les projets routiers que vous-mêmes avez déjà supprimés, comme nous sommes dans une gouvernance de suppression, de suspension et d’annulation ? Vous supprimez les projets et vous les comptabilisez encore dans les dettes. Il faut aussi expliquer aux populations qu’il s’agit également des dettes de la gouvernance de Soglo à Yayi en passant par Kérékou 1 et 2. A supposer même que c’est une dette de deux milliards. C’est une performance. Allez dans les pays de la sous-région, juste à côté pour comparer les chiffres. Allez en Europe, en Asie, aux Etats-Unis… Mais qu’est-ce que eux ils font actuellement? Aujourd’hui, la gouvernance est basée sur les emprunts obligataires, des dettes que le Bénin est appelé à payer plus tard.
Il faut une commission d’enquête indépendante sur la question des dettes. Que les députés prennent leurs responsabilités, que les dettes soient auditées, et que le Gouvernement cesse de distraire les populations. L’encours de la dette publique béninoise est de 41,7% et non 70% comme le Ministre de l’économie le dit partout.
Le peuple est privé d’informations officielles fiables sur la gestion du pays, les activités du chef de l’Etat.
Tous ceux qui sont là aujourd’hui sont de l’ancien système. Ils ont tous fait Changement et Refondation, d’une manière ou d’une autre. Mais ils participent à la destruction des acquis. Il ne reste qu’à détruire les routes, les ponts, les gazons synthétiques, les lampes solaires, les centres de santé, les forages et même le bâtiment en construction pour les femmes à Dantokpa. Là on saura que rien n’a été fait par l’ancien régime. François Hollande a pris le pouvoir en France, il n’a pas noirci le bilan de Sarkorzy, il ne s’occupe pas de lui au quotidien. Il est en train de faire ce qu’il peut. Et il va partir un jour et quelqu’un d’autre viendra. C’est ça la démocratie, la continuité de l’Etat.
L’audit ne doit pas être un moyen de chantage politique. Oui aux audits, mais à partir de 2006. D’abord sur quelles bases les cabinets d’audits ont-ils été sélectionnés? Pour ces genres d’opération, on lance un avis d’appel d’offres international pour recruter les cabinets. Mais c’est l’opacité totale. Ils vont venir nous montrer quels résultats ? L’audit doit commencer à partir de 2006. Et il faut que le gouvernement complète la liste avec le Pvi, la Sodéco, Maria-Gléta et consorts. Que les audits se fassent de façon transparente, en toute impartialité. Nous sommes dans un Etat de droit même si on fait aussi tout pour profaner l’Etat de droit afin d’affaiblir les institutions de la République.
On ne peut pas confier la centralisation des recettes de tout un pays à une seule personne. Au Rwanda, il y a l’Office rwandais des recettes. Même chose au Togo. C’est régi par des textes votés par des députés à l’Assemblée nationale. C’est toute une équipe. Il faut doter aussi le Bénin d’un Office des recettes pour sécuriser nos régies financières.
Nous disons non au mandat unique qui risque de remettre en cause les fondamentaux de notre démocratie. Si des gens le veulent pour régler des comptes, nous allons les empêcher de l’obtenir par les moyens légaux. La Cour Constitutionnelle a été claire, on ne doit pas toucher aux options fondamentales de la Constitution. Dans quel pays de la sous-région vous avez vu une constitution qui oblige le Président à faire un seul mandat ? Et on veut tailler les réformes sur mesure. Nous sommes d’accord pour les réformes mais ce n’est pas la priorité de l’heure. La priorité de l’heure, les Béninois ont faim, ils sont dans l’insécurité totale, la pauvreté… C’est ça l’urgence. Vous voyez les milliards gaspillés dans les commissions ad ‘hoc. Ils viennent encore de mettre en place une commission de 13 membres pour le secteur de la santé. Regardez déjà le nombre de commissions déjà créées, le nombre de bureaux d’études mis en place pendant que les jeunes sont laissés pour compte, nos mamans souffrent au quotidien. Quel chantier a été ouvert depuis le 06 avril 2016?
Nous demandons au Gouvernement de prendre ses responsabilités, qu’il nous sorte son programme d’action. Les élections sont terminées. Nous ne sommes plus à l’étape des projets de société, qu’il se mette réellement au travail. Le président Patrice Talon avait dit qu’un Etat qui refuse d’appliquer une décision de justice est un «Etat voyou». Aujourd’hui, le Bénin est plus qu’un «Etat voyou».
Etant aussi et surtout une force politique de propositions constructives, nous invitons le gouvernement à mettre en mouvement la société béninoise. Nous avons une conviction. Elle est profonde. C’est que si le Bénin veut garder son influence dans la sous-région et dans le monde en tant que pays démocratique, si le Bénin entend peser sur le cours de l’Afrique, s’il veut garder la maîtrise de son destin, alors il doit impérativement bannir certaines pratiques qui ont cours actuellement en travaillant à lutter efficacement contre la pauvreté et le sous-développement. Alors, que faut-il faire ? Il s’agit d’aller plus vite, d’aller plus loin, d’accélérer, d’approfondir.
L’école, c’est la République. Et la République, c’est notre héritage mais c’est aussi notre avenir. La liberté d’expression ne peut s’en trouver, en aucune façon, diminuée.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce qui doit nous mobiliser aujourd’hui et pour les années à venir, c’est le destin du Bénin : Un grand pays qui prend sa place, qui tient son rang, qui prend des décisions.
Bonne fête de l’indépendance !

Nous vous remercions

aCotonou

Commentaires

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4 COMMENTAIRES

  1. Cher compatriote président du Rassemblement des forces du progrès (RFP), Léonce Houngbadji,vos critiques doivent s adresser pas au president actuel mais aux predecesseurs.
    Dans un pays sans loi sur l information sur la base d un principe ,tout ce qui n est pas secret est public, dans un pays qui ne sait pas que toute depense publique doit passer par ce que nous designons en anglais value for money le resultat sera toujours ce que vous etes en train de critiquer.
    Je suis assez neutre dans la politique politicienne beninoise pour de loin mais de maniere patriote voir et surtout savoir lire les chiffres.
    J ai connu un seul president du Benin et il s agit du feu general Kerekou sous le PRPB donc je ne suis ni de la mouvance ,ni de l opposition.
    Vos critiques doivent aller ailleurs surtout pas au gouvernement actuel

  2. Apparemment, Houngbadji Léonce ne sait pas que nous vivons actuellement les conséquences de la gestion des années passées avant l’actuel régime et il ne veut aucun changement de politique. C’est dommage pour un jeune de ne pas pouvoir faire des analyses objectives et de soutenir aveuglement. Critiquer, d’accord mais objectivement, c’est mieux.

  3. Quand on a contribué pendant plus de 5ans à une gestion catastrophique, le discours ne peux autrement varié. Il commence par apprécié pour ensuite versé dans la haine viscérale. Dommage qu’on aura du mal à éradiquer le virus yayi.

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