Plume libre : Les grandes leçons du scrutin …

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Au lendemain d’une présidentielle très disputée, la nation est à l’heure des grands enseignements d’un vote qui, avec le recul du temps, va prendre rendez-vous avec l’histoire. Le scrutin du dimanche a tenu toutes ses promesses. Le petit pays d’une démocratie de 26 ans d’âge a encore vécu de gros frissons. Jusqu’au bout, les joutes électorales du 06 mars ont trainé leurs spécificités et répandu finalement une pédagogie pesante. Les favoris ont tenu leur rang et les menus fretins se sont confinés dans la queue du peloton exhibant une nullité semblable au mercure de thermomètre.
La première leçon vient de la révélation Patrice Talon. Le candidat du Nouveau départ a créé la grosse sensation de cette élection en s’imposant sans une forte adhésion politique. Talon a pris le bon ascenseur en mode solo. L’ancienne télécommande a défié les cadors de la classe politique pour s’offrir un raz-de-marée, notamment en milieu fon. Le génie Talon a marqué les esprits et prouvé qu’on peut affoler les compteurs et avoir un score impressionnant dans une présidentielle sans céder au chantage des acteurs politiques. Le raccourci politique étant périlleux, Talon a reçu l’onction populaire pour donner du rythme à la compétition.
La deuxième leçon tient au cas Sébastien Ajavon, le chouchou proclamé de la classe politique, désormais en proie aux désillusions. Les fruits n’ont visiblement pas eu tenu la promesse des fleurs. Le miracle n’a pas lieu malgré la ruée des acteurs politiques vers le milliardaire. Candidat au sprint final, Ajavon doit se contenter d’un accessit. Mais Séba inconnu dans l’arène politique a prouvé qu’on peut défier le temps et peser à volonté dans une élection. Arrivé dans le tiercé gagnant, le magnat de la volaille prend des galons politiques.
La troisième leçon, la plus pathétique, est accouchée par la performance du candidat de l’Alliance républicaine Prd-Rb-Fcbe. Rejeté par une frange importante de la population, Lionel Zinsou réussit à sortir la tête de l’eau et occupe l’importante première place avant le dernier round. Le rêve du K.O dans lequel végétait la coalition arc-en-ciel, soleil et cauri a failli tourner au cauchemar. La faute à la rouille de certains maillons de la chaine. Mais, Zinsou tient le haut du pavé.
Enfin, la dernière leçon est liée au destin commun des deux technocrates au profil haut de gamme. Sans ancrage politique et financièrement anémiés, Pascal Irénée Koupaki et Abdoulaye Bio Tchané sont contraints à jouer les seconds rôles. Dans une campagne qui aura été celle de l’argent et de la politique, Abt et Pik n’ont pu sortir du piège. Les deux banquiers finiront leur course dans la galerie des faiseurs de roi. Avec les espoirs évanouis et des ambitions révisées, le promoteur de la Nouvelle Conscience et Abt restent de grosses attractions pour les challengers d’un second tour encore indécis.
La présidentielle va s’achever par le redoutable mais très excitant face-à-face entre le candidat de la vraie rupture et le porte-étendard de la continuité. Sans doute un second tour historique. En attendant les résultats officiels, Yayi, même en fin de mandat pourrait retrouver sur sa route son ennemi intime dans le grand match à guichets fermés Zinsou-Talon, l’affiche du siècle proposée à la présidentielle par les partisans de la continuité et les adeptes de l’alternance.
Sulpice Oscar GBAGUIDI

aCotonou

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