Plume de Sulpice Oscar Gbaguidi : Calme-toi, Yayi !

Plume de Sulpice Oscar Gbaguidi : Calme-toi, Yayi !

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L’ancien Président de la République est revenu d’Abidjan avec le sourire. Le tête-à-tête du 06 avril à la Marina n’a pu donner la joie à Boni Yayi. Et il s’est offert une nouvelle rencontre avec son successeur en Côte d’Ivoire dans les ferveurs de la médiation d’Allassane Ouattara et de Faure Gnassingbé. En surexcitation permanente depuis son départ du pouvoir, Yayi avait besoin de ce rendez-vous pour se libérer du lourd fardeau de la peur.

Surpris par un deuxième face-à-face entre Talon et Yayi, le peuple descend dans les profondeurs de l’incompréhension.
Yayi a, dans la douleur, fait ses valises et quitté la Marina. L’échec du premier ministre candidat Lionel Zinsou a ruiné ses espoirs d’un après pouvoir doré. L’élection de son pire ennemi Talon lui promettait plutôt des cauchemars. Après 10 ans de beaux rêves, le petit « dieu » de la Marina voit son audience clairsemée. En proie à l’isolement, il tombe dans toutes les incertitudes. En face, il y a l’ancien exilé Talon en chair et en os, plébiscité Président. Presque à genoux le roi, au bas de l’échelle, quémande la clémence de la principale victime de son règne. Yayi en position de faiblesse, lui qui savait bondir, se mettre en boule, gronder et menacer les petits de la République, insulter la classe politique et épiloguer sur la « démocratie nescafé« .

Les temps ont vraiment changé.
A Abidjan, l’ancien super homme a eu des garanties formelles de Talon. Ouattara et Faure sont vraisemblablement venus au secours du roi anxieux. Talon a pompé dans ses réserves de vertu pour rassurer son ancien ami devenu son bourreau, aujourd’hui repenti. Yayi ne s’est pas fait prier pour se fondre dans des confessions, exhiber la repentance et jouer à l’enfant de chœur. Au balcon du théâtre de fin de règne et de la comédie du désespéré. Faire l’âne pour obtenir le foin, c’est le mode de vie du leader cauri. Et Yayi ne mourra pas comme l’âne de Buridan.

Maintenant qu’il est rentré au bercail avec le cadeau d’Abidjan , Yayi doit assumer la contrepartie des concessions de Talon , immense homme dont la grandeur d’esprit tranche avec les agitations, le règlement de compte, les rancunes incurables de son prédécesseur.

On peut quitter le pouvoir et se condamner à des pathologies. Le mal de Yayi est cette obstination à ne pas accepter son nouveau statut : ancien Président de la République. Le diagnostic est implacable. Yayi doit passer à la thérapie avec sa conscience et intégrer la nouvelle donne. Yayi doit cesser de se promener dans le pays et de se défouler. Car, la patience de Talon a des limites. Et surtout, il ne faut pas mettre le nouveau président, chantre de la rupture dans la triste obligation de passer à des actes punitifs.

La gentillesse de Talon fait peser sur Yayi l’obligation de sagesse. Son périple dans le Septentrion au lendemain de la passation de charges, était une provocation. Qu’il se calme donc et ne s’expose pas à la foudre du Nouveau départ. Le communiqué absurde de l’ancien secrétaire général du gouvernement était déjà symptomatique de la schizophrénie. Yayi court dans tous les sens, sans boussole, sans le pouvoir. Seul contre le temps et l’espace, dans le néant.

Cependant, la roue tourne avec désormais Talon qui écrit les nouvelles pages de l’histoire. Yayi tarde toujours ou du moins il feint de ne pas comprendre le message du peuple et organise une résistance illusoire. Après Abidjan, il lui faut descendre sur terre et respecter Talon. C’est une urgence.

Benin web TV

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13 COMMENTAIRES

  1. Élégante et excellente plume! Comme d’habitude!
    J’espère simplement que, récidiviste invétéré, l’ancien président de la République, Boni Yayi, en saura tirer parti et leçon!
    Dans son propre intérêt!

  2. yayi n’a pas encore compris que son ennemi, c’est sa conscience avec la multitude de problme de personnes qu’il se plaisait crer…

  3. mais Oscar a bien compri et plus bien plus d’ailleurs et sa cronique en dit long. Que yayi nous dgage le chemin nous avons mieux faire et notre Prsident le comptiteur n redonne espoir ce pays  » Bnin  » car nous avons souffert pendant 10 longues annes maintenant a suffit. Oscar que Dieu te garde

  4. Dieu seul connaît le sort en fin de mandats qui sera réservé aux présidents encore en fonction. pour yayi c’est connu, prions pour les autres en cultivant au préalable la paix et non la jalousie et les vengeances.

  5. ce n’est pas sérieux et digne d’un chroniqueur professionnel. Nous n’avons pas besoin d’avaler vos points de vu personnels. moi je me demande pourquoi dites vous cela, vous défendez tout sauf les intéret du peuple. vous avez lz preuves que ce n’est pas talon qui est l’initiateur de ces cenari? le peuple ne voit pas a travers vos yeux. vous n’avez pas à dicter une conduite à qui que ce soit. faites du bon travail et vous serez apprécier coe tel.

  6. ce chroniqueur est pour la plupart du temps bien inspiré. faire des analyses pertinentes n’est pas un jeu. Sulpice Gbaguidi inonde de joie le lecteur qui parcourt les lignes de sa chronique. bon vent

  7. Pour moi, il faut que nous cessions avec des propos diffamatoires, car la nature a horreur de cela surtout qu’aucune facture ne restera impayée sur cette terre, donc il ferait mieux pour quelqu’un qui se veut professionnel de écrire une telle plume; alors Monsieur GBAGUIDI Sulpice O. soyez sage car un sage avant de parer tourne 7 fois sa langue, je vous en prie; merci pour la compréhension.

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