Pierre Métinhoué : l'indépendance du Dahomey n'est pas un octroi de la...

Pierre Métinhoué : l'indépendance du Dahomey n'est pas un octroi de la France

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Pierre Métinhoué. / Photo : http://news.acotonou.com/

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Comme plusieurs autres Etats de l'Afrique de l'ouest francophone, le Bénin célèbre ses 56 ans d'indépendance en 2016. Comme dans le cas de ses voisins, le Bénin a acquis sa souveraineté certes sans guerre, mais non sans lutte. C'est ce que défend le professeur d'histoire, Pierre Métinhoué, interrogé sur Radio Bénin à l'occasion de la préparation de la fête nationale célébrée le 1er août prochain.

> Ecouter l'interview réalisée par Ibrahim Lawani : 

Pierre Métinhoué rappelle brièvement le processus qui a conduit la colonie française du Dahomey à son indépendance prononcée le 1er août 1960. Il cite notamment la Conférence de Brazzaville de janvier-février 1944 qui a consacré une certaine liberté administrative aux colonies françaises et la Conférence de Bandung (Indonésie) d'avril 1955 à l'issue de laquelle les pays du Tiers-Monde décident de ne s'aligner ni derrière le bloc communiste, ni en faveur de l'Occident. Mais l'étape déterminante sera la constitution de la Communauté franco-africaine de 1958. Au référendum du 28 septembre de la même année, le Dahomey choisit, comme d'ailleurs d'autres colonies d'Afrique francophone à l'exception de la Guinée, de faire partie de la Communauté. Le Dahomey devient alors une République en décembre 1958, un statut acquis également par les autres Etats membre de la Communauté voulue par le président français, Charles de Gaulle. "Ça change légèrement la situation de chacun de ces pays", précise l'historien avant d'expliquer sa thèse du refus de la théorie de l'indépendance octroyée :

"C'est parce que les Africains ont été déçus de la manière dont les Français ont géré la Communauté franco-africaine, qu'ils ont, en 1960, demandé à être indépendants. C'est pour cela que les collègues historiens de l'Université d'Abomey-Calavi et moi-même, nous n'aimons qu'on parle de l'indépendance comme si c'était un octroi de la puissance coloniale à la colonie que nous étions."

Pour Pierre Métinhoué, "les Dahoméens ne sont pas restés les bras croisés, ils se sont battus pour avoir la liberté". Et c'était "une prise de conscience collective". D'ailleurs, fait-il remarquer, déjà au référendum de 1958, certains ténors de la vie politique dahoméenne, comme Emile Derlin-Zinsou, Alexandre Sènou Adandé,... voulaient d'une indépendance immédiate. De même, "dans le Clergé de l'époque, les quelques Dahoméens qui étaient prêtres", voulaient également de l'indépendance dès 1958. Pierre Métinhoué cite notamment Mgr Robert Sastre.

Par ailleurs, soutient Pierre Métinhoué, le Dahomey avait des atouts pour se prendre en charge une fois souverain. Des atouts comme un "budget équilibré" et "beaucoup de cadres compétents, instituteurs, administrateurs, médecins"...

Lire aussi >> Le Dahomey vers l'Indépendance : une histoire interactive de la décolonisation

 

Vincent Agué


ORTB

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