Patrice Guillaume Athanase Talon, « le Wanted désigné » à la Marina:...

Patrice Guillaume Athanase Talon, « le Wanted désigné » à la Marina: Il la fréquentait. Maintenant il y siègera pour 5 ans : Un mandat sous le signe de la paix et de la réconciliation

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Hier mercredi 6 avril 2016, Patrice Guillaume Athanase Talon est devenu officiellement le 4ème président de la République du Bénin. C’était au cours d’une pathétique cérémonie de passage des charges au palais présidentiel à Cotonou et d’une émouvante prestation de serment au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo. Avant de quitter le palais de la Marina, Thomas Boni Yayi a offert une sainte Bible à Porto-Novo.

La prise de service
Suite au passage des charges entre son prédécesseur et lui au palais de la République, Patrice Guillaume Athanase Talon a prêté, à l’occasion de son investiture au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo, le serment qui fait officiellement de lui le président de la République béninoise devant la communauté nationale et internationale. Cette irrésistible ascension et consécration irréversible met définitivement fin au feuilleton politico-juridique déclenchée contre lui voilà bientôt cinq ans par Thomas Boni Yayi le présentant comme un vulgaire wanted et pour le disqualifier aux yeux des béninois et de la communauté internationale.
Lui qui foulait les salons du palais présidentiel sur rendez-vous y siège et y règne désormais en maître et ceci pour un mandat unique de cinq ans.
Faisant suite au cérémonial protocolaire le consacrant premier magistrat du Bénin, il a dans son premier discours officiel réaffirmé son engagement à œuvrer pour le développement du Bénin dans un climat apaisé et de réconciliation.

Faire un mandat unique : Un engagement régalien à la face du monde entier

Au cours de la campagne électorale, il avait déjà dit qu’il ferait un mandat de cinq ans pour donner un contenu effectif aux réformes qu’il envisage pour sortir le Bénin de la léthargie dans laquelle il stagne depuis quelques années et qui retarde son évolution. Cet engagement moral a été perçu comme un effet d’annonce, comme une promesse électorale de plus venant de la part d’un candidat sollicitant le maximum de suffrage de ses compatriotes. En privé, il est revenu sur cette phrase qui a surpris plus d’un : « Je ferai un mandat unique de cinq ans » pour justifier que ce n’est pas du tout une démagogie mais une réalité et qu’il est prêt à respecter cet engagement.
Au cours de sa prestation de serment hier à Porto-Novo, le président Patrice Talon est revenu sur cet engagement. Il a donc une nouvelle fois et cette fois-ci devant la communauté nationale et internationale rappelé qu’il ne ferait qu’un seul mandat de cinq ans. On pourrait dire qu’il a prêté deux serments : celui de servir loyalement et du mieux possible les Béninois et d’être leur garant et, sa promesse de ne faire qu’un seul mandat. Ainsi, il prend l’engagement devant le peuple béninois et la communauté internationale de ne pas être candidat à sa propre succession en 2021. C’est le signe visible d’une volonté d’ouvrir dans les annales politiques nationales une nouvelle vitrine dans la durée du mandat présidentiel. C’est aussi, un clin d’œil à l’introduction de cette clause dans la rubrique révision de la Constitution. Sera-t-il entendu s’agissant de la limitation du mandat à un mandat unique ?

Une prestation sous le signe de la sobriété
Lutter contre le gaspillage, réaliser des économies en commençant par la réduction du train de vie de son gouvernement. Le ton est donné au premier jour de sa prise de service.
Le stade Charles de Gaulle de Porto-Novo n’a pas fait le plein des jours de prestation de serment autrefois vécue avec le faste habituel en commençant par la pléthore d’invités de marque tant de l’extérieur que de l’intérieur. Finies les réceptions mondaines après prestation. Les données changent et c’est le strict minimum qui est au goût du jour. Bien qu’habitué des salons, salles à manger et restaurants high class, Patrice Talon veut donner l’exemple en restant collé à l’un de ses thèmes de campagne : lutter contre le gaspillage et la corruption.
En tenant déjà dans le temps prévu malgré le léger retard observé, de substantielles économies ont été réalisées. On ne le sait pas mais, les retards et surtout les longs retards entrainent des décaissements supplémentaires de sous ce qui greffent évidemment le budget prévu. Par cet exemple donné hier, les Béninois sont invités à revoir le cadran de leur montre et à en réajuster les aiguilles pour se mettre à l’heure vraie et non à l’heure du retard qui est maintenant dépassée et caduque.

Lire l’intégralité du discours
Discours d’investiture du président Patrice Talon
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Monsieur le Président de la Cour constitutionnelle,
Mesdames, les présidents des institutions constitutionnelles
Madame la Grande Chancelière de l’Ordre National du Bénin
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les membres du Corps Diplomatique,
Honorables députés et Membres des institutions de la République,
Distingués invités,
Béninoises, Béninois, Chers compatriotes
En cet instant solennel où j’accède aux fonctions de président de la
république, je voudrais tout d’abord exprimer mes profonds sentiments
de fierté, à raison de ce que notre pays a réussi à organiser dans un
climat apaisé, un scrutin présidentiel, dont la communauté
internationale et notre peuple salue la régularité et la transparence.
Faisant avec vous le constat du parcours exceptionnel qui est le
nôtre, je voudrais reconnaitre et saluer l’ancrage démocratique du
Bénin qui prouve ainsi, à nouveau, sa capacité à surmonter les défis
qui se sont toujours présentés à lui. Cependant, au plan économique et
social, ainsi que de la jouissance des libertés individuelles l’état
des lieux n’est guère reluisant. L’urgence, est donc aux réformes
politiques, à la restructuration de l’économie nationale, à la
reconstitution du tissu social en redonnant confiance à nos citoyens
et la restauration de la crédibilité de notre pays. Certes, la tâche
paraît immense mais ce n’est pas œuvre impossible si les actions à
entreprendre s’appuient sur une vision claire ainsi que sur les
compétences et les atouts dont nous disposons. C’est pourquoi je ferai
de mon mandat unique, une exigence morale en exerçant le pouvoir
d’état avec dignité et simplicité. Je m’acquitterai de mes devoirs de
président de la république avec humilité, abnégation et sacrifice pour
le bien-être de tous. De la nation, je garderai toujours présent à
l’esprit la conviction qu’elle est une et indivisible, étant persuadé
que notre pays ne sera fort que s’il reste uni.
Chers compatriotes,
Je m’emploierai chaque jour à tenir les engagements destinés à faire
de ce mandat un instrument de rupture et de transition devant aboutir
à la mise en place des grandes réformes politiques institutionnelles
que nous avons tous appelées de nos vœux. Pour y parvenir, j’entends
rétablir un état de droit respectueux des principes démocratiques et
des libertés individuelles, et qui assure avec efficacité, la
protection des personnes et des biens. Je m’engage à promouvoir une
justice indépendante, la même pour tous, accessible et efficace ainsi
qu’à redynamiser et moderniser l’administration publique. La
compétence sera désormais le principal critère de promotion des cadres
aux postes de responsabilité. J’instituerai des corps de contrôle
indépendants dont la mission principale sera de veiller à l’orthodoxie
financière dans toutes les administrations, offices et sociétés
d’état. Je m’attèlerai à assurer et préserver la liberté de la presse
ainsi que l’accès équitable de tous aux organes publics de presse.
J’assurerai la protection de l’initiative privée et du secteur privé
en tant que principal outil de développement. Je m’emploierai à
accélérer et renforcer le processus de décentralisation en
l’inscrivant dans chacune des actions que j’entreprendrai. Je ferai
de notre démocratie un véritable instrument de coopération
internationale d’intégration et de rayonnement en vue mobilisation de
ressources au service du développement de notre pays. Je travaillerai
à réduire puis à éradiquer la précarité en assurant dès à présent, la
protection des plus démunis ainsi que l’accès pour tous, à l’eau et à
l’énergie en tant que droits inaliénables et facteur de développement.
J’accorderai une priorité à la réorganisation du système de santé de
façon à procurer à nos concitoyens une couverture sanitaire plus
efficace et plus solidaire. Je m’attacherai à reconstruire le système
éducatif afin d’assurer son adéquation avec les ambitions économiques
de notre pays. Dans cet ordre d’idée, la restructuration du conseil
national de l’éducation et la création de la zone franche du savoir et
de l’innovation, constitueront les principaux leviers de l’action
gouvernementale dans ce secteur. Je ferai du tourisme un véritable
instrument créateur de richesse et d’emplois. Au plan agricole, j’ai
la conviction qu’à la faveur des réformes et mutations à opérer ainsi
qu’aux moyens d’investissements pertinents, notre pays pourra s’élever
au rang de puissance agricole régionale avec une grande capacité de
production dans les secteurs de la production végétale, de l’élevage
et de la pêche. C’est pourquoi, j’entends promouvoir davantage deux
filières agricoles phares en y investissant massivement de façon à
créer de véritables pôles de développement agricole et industriel.
Enfin je ferai de la lutte contre la corruption un combat de tous les
instants et de tous les jours et qui n’épuiseront pas les efforts
inlassables de la justice et de la société civile destinés à mettre un
terme à l’impunité. À cet égard et pour en donner le gage nécessaire,
je déclare du haut de cette tribune, que non seulement je m’y suis
préparé mais j’affirme que je suis déjà prêt maintenant et tout de
suite.
Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,
Comme vous le voyez le mandat qui s’ouvre augure d’heureuses
perspectives que je m’engage à transformer en actions concrètes
destinées à l’essor du Bénin, au bien-être et à l’épanouissement de
nos populations. Je voudrais y associer la communauté internationale,
nos traditionnels partenaires techniques et financiers ainsi que
toutes les bonnes volontés de quelque horizon qu’elles viennent avec
cet immense espoir qu’ils resteront aux côtés de notre pays lorsque
j’aborderai les défis de la reconstruction nationale, ceux de
l’enracinement de la démocratie, ainsi que la lutte contre la pauvreté
et la corruption.
Je m’en voudrais, ici, de ne pas souligner avec force, que
l’enracinement démocratique de notre pays est largement tributaire du
système partisan qui est le nôtre et des valeurs, qu’ensemble, nous
envisageons de promouvoir. Il n’est pas alors sans intérêt de
s’inquiéter du rôle de l’argent dans la compétition politique et le
vote des électeurs. Il nous faut de toute urgence, prendre la mesure
du péril collectif, auquel nous sommes exposés. En termes clairs, si
l’état démocratique que nous aspirons à construire passe par des
élections libres et transparentes tenues à bonne échéance, le vote du
citoyen en tant que moyen d’expression de son adhésion à l’idée
démocratique doit être débarrassé de toute considération financière ou
rétributive. Ici et maintenant, j’appelle à notre conscience citoyenne
et davantage de civisme pour faire cesser le règne de l’argent en
politique.
Deux autres défis majeurs de notre temps sont constitués par le
terrorisme et la criminalité transfrontalière. J’y ferai face avec
courage et détermination en comptant sur la coopération sous régionale
et le soutien de la coopération internationale. Dès lors, nos forces
de défense nationale ainsi que les services de renseignement devront
être désormais engagés en appui aux forces de sécurité publique pour
assurer la protection des populations de nos villes et campagnes.
Mesdames, Messieurs,
Je prends le ferme engagement devant le peuple béninois et devant le
monde ici représenté, que sous mon mandat, la gouvernance au sommet de
l’état, aura constamment à cœur de rechercher et d’identifier où
qu’elles se trouvent les compétences nécessaires dont notre pays a
besoin pour apporter le plus efficacement possible, les réponses
nécessaires aux besoins de développement et de bien-être de nos
populations des villes et des campagnes. C’est la sélection par le
mérite et l’observance des valeurs qui font la qualité d’une
gouvernance. Cette sélection est d‘autant plus efficace si elle se
fonde sur l’égalité réelle des chances lors des concours de
recrutement, lors des appels d’offre public, lors de la reconnaissance
et la récompense de la qualité du travail accompli. À présent, que je
l’engage pour notre pays, pour un nouveau départ, ensemble nous
vaincrons la fatalité, j’y crois fermement, nous avons tout pour
réussir.
Vive la République,
Vive le Bénin,
Je vous remercie.

aCotonou

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