Ouverture de la 2ème session ordinaire 2016 : Le parlement face à...

Ouverture de la 2ème session ordinaire 2016 : Le parlement face à de nouveaux défis

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La Représentation nationale béninoise  a procédé lundi 17 octobre 2016 au Palais des gouverneurs à Porto-Novo, à l’ouverture de la 2ème session ordinaire de l’année 2016. Encore appelée session budgétaire, la cérémonie d’ouverture a été rehaussée par la présence du Secrétaire général de l’Union inter parlementaire (Uip). Les ministres du gouvernement, les présidents des institutions, les chefs des missions diplomatiques, les autorités politico-administratives,  les autorités religieuses, ainsi que les têtes couronnées étaient aussi de la partie. C’était une occasion pour le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, de faire un bilan partiel et aussi d’annoncer les nouveaux défis auxquels le parlement doit faire face.

Deux discours ont marqué cette ouverture. Il s’agit du discours d’ouverture du président Adrien Houngbédji et celui du Secrétaire général de l’Uip, Martin Chungong. Pour le président Adrien Houngbédji, cette ouverture est un événement surtout avec la présence du Secrétaire général de l’Uip qui représente cette institution au service des parlements de la sous-région. Elle a été créée en 1898, et comptabilise donc 128 ans d’existence. Elle a pour mission de former, d’informer et de mobiliser les parlementaires pour le progrès et le développement. La présence du Sg de l’Uip à cette cérémonie officielle de l’ouverture de la session budgétaire, est la preuve de l’ouverture du parlement béninois vers le monde.

On retient du discours du président Adrien Houngbédji, qu’il y a eu au total,  12 lois votées, 12 autorisations de ratifications des accords internationaux évaluées à plus de 153 milliards de Francs Cfa mis au service du gouvernement. Le président Adrien Houngbédji se dit heureux du fait que les plus innovantes de ces lois soient des initiatives parlementaires. En plus de ces lois et ratifications, il y a l’organisation des séminaires-ateliers qui participent de la formation des députés. « C’est dire que nous avons travaillé à un rythme intensif » a reconnu le président Adrien Houngbédji. Abordant la question du contrôle de l’action gouvernementale, le président Adrien Houngbédji a regretté l’absence du gouvernement lors des plénières pour répondre aux questions. Du coût, 3 questions écrites, 30 questions orales, et 10 questions d’actualités sont toujours sans réponse.

Les questions sur la promotion de la gent féminine, le budget exercice 2017, les préoccupations des syndicats à travers le budget 2017, ont été aussi abordées. Pour ce qui est de la promotion de la gent féminine, le président Adrien Houngbédji a regretté le fait que le Bénin tienne la lanterne rouge de la sous-région. C’est sur ce dernier aspect que s’est focalisé le discours du Sg/Uip. Martin Chungong a, en effet, exhorté les parlementaires béninois à corriger le tir.

Kola PAQUI (Br/Ouémé-Plateau)

Impressions de quelques députés

Moukaram Adjibadé Koussonda

«…Tous les points du discours du président de l’Assemblée nationale m’ont marqué. Le président a fait un très bon discours. Sur toutes les activités menées par l’institution, aucune n’a été négligée. Il a insisté sur le fait que nous n’avons pas pu avoir de vacances parlementaires. Nous travaillons presque tous les jours. La preuve est que nous clôturons une session extraordinaire aujourd’hui et en même temps, nous ouvrons une session ordinaire. Par rapport aux questions que nous adressons au gouvernement, c’est aujourd’hui que j’ai su que ça ne dépendait pas du président de l’Assemblée nationale. Selon lui,  il a accordé un temps au gouvernement actuel de s’installer et de s’imprégner des dossiers. Il a aussi dit que le temps de répit est terminé et que dès cette session ordinaire, toute la journée des jeudis sera consacrée au volet contrôle de l’action gouvernementale. A travers ce volet, les préoccupations mêmes des populations seront prises en compte… »

Gildas Agonkan

«…Comme à ses habitudes, le président Adrien Houngbédji, a toujours prononcé des discours de responsabilité et d’élégance. C’est un discours qui aborde l’ensemble des points des activités parlementaires. J’ai fait le constat qu’il a mis l’accent sur les choses essentielles à savoir la question de la démocratie et la question du budget. Il a fait remarquer que le projet budget vient à une période sensible et de choc hexogène et qu’il va falloir que nous examinions ce projet budget avec tous les paramètres pour donner au peuple béninois un budget de développement. Le président de l’Assemblée nationale a insisté aussi sur la question de la femme; c’est-à-dire, la participation de la femme au niveau des instances de prise de décisions et il a souhaité que nous accompagnions les réformes dans ce domaine-là. Ceci, parce que le Parlement béninois, contrairement aux autres Parlements, est en deçà des quotas au niveau mondial et au niveau du continent Africain. L’autre chose est qu’il a fait venir ici au Bénin, le Secrétaire général de l’Union interparlementaire. C’est révélateur de l’image rayonnant de notre Parlement sur le plan international. Il faut saluer la détermination du président Adrien Houngbédji à faire venir ce personnage important pour toucher du doigt les réalités de notre Parlement… »

Cyprien Togni

«…C’est un discours qui a présenté les points faibles et les points forts des activités au Parlement. Il a surtout mis l’accent sur les questions au gouvernement et les raisons pour lesquelles il y a eu peu de réponses du gouvernement. Quant à la question de la représentation des femmes dans les instances de décision, nous avons entendu le plaidoyer du président de l’Assemblée nationale pour une législation en la matière. Par rapport à cette question, je dis que c’est un dossier déjà abordé au cours de la 6ème législature. Si cela revient à la 7ème législature, on va voir ce que ça va donner. Je ne sais si c’est un problème de loi parce que lors des dernières élections législatives au Bénin, nous avons vu beaucoup de femmes en tant que têtes de listes. Mais nous connaissons les résultats. Elles ne sont que 7 actuellement au Parlement. Donc, il y a un problème de fonds qu’il faut chercher à régler… »

Benoît Dègla

«…Nous avons suivi avec intérêt le discours du président de l’Assemblée nationale. C’est un discours de vérité qui a fait le point de nos activités tout en reconnaissant que les députés n’ont pas été en mesure de jouer l’un de leurs rôles à savoir celui du contrôle de l’action gouvernementale. Par rapport à ça, il a laissé entendre que des solutions sont en train d’être trouvées. Comme vous l’avez entendu vous-mêmes, désormais, tous les jeudis seront consacrés aux questions d’actualités. C’est la seule façon pour nous de savoir que les fonds qu’on met à la disposition du gouvernement sont bien gérés. Le président de l’Assemblée nationale a aussi parlé des défis qui nous attendent par rapport au projet de budget de l’Etat. Il a mis l’accent sur les difficultés actuelles qui sont celles du Bénin au regard de la récession économique au Nigéria. Nous avons voté des lois importantes au Parlement et l’une de ces lois est celle portant sur le partenariat public-privé. Nous pensons d’ailleurs qu’à travers cette loi, le gouvernement pourra bien relever le défi de la mobilisation des
ressources… »

Mohamed Gibigaye

«…L’appréciation que je fais du discours du président de l’Assemblée nationale est un discours très complet qui prend en compte toutes les activités que nous avons menées depuis le 1er avril 2016 jusqu’au 30 septembre. C’est un discours dans lequel le président de l’Assemblée nationale a fait un bilan exhaustif de la production législative, un discours dans lequel il a relevé les points forts et les points faibles de nos activités dans la période de référence et un discours dans lequel il a rappelé les enjeux et les défis qui se dressent devant nous. Le président de l’Assemblée nationale n’a pas manqué de faire constater à l’assistance que le nombre de femmes députés que nous avons est largement en deçà de la moyenne au niveau mondial. Pendant que la moyenne mondiale est de 23% nous sommes à 7 députés sur 83 soit une moyenne de moins de 9% de représentation féminine au niveau de l’Assemblée nationale. Comme il a eu à le dire, il nous revient de travailler pour que les femmes puissent s’intéresser de plus en plus à la politique… »

Lucien Houngnibo

«…Le point qui m’a le plus marqué dans le discours du président de l’Assemblée nationale, c’est la question de l’égalité de chance entre l’homme et la femme au niveau des postes de responsabilité. Je crois qu’il y avait un projet de loi sur la question qui avait été introduit à l’Assemblée nationale au cours de la 6ème législature et qui n’a pas eu du succès. C’est très important que le président de l’Assemblée nationale soit revenu là-dessus. Même si nous prenons la France, le nombre de femmes au Parlement n’est pas aussi équitable au nombre d’hommes. A mon avis, il faut que les femmes aussi commencent par se battre au Bénin pour gagner leurs places. Le pouvoir ne se décrète pas. Ça s’arrache. Les femmes qui sont avec nous aujourd’hui à l’Assemblée nationale ont le mérite d’y être parce qu’elles se sont battues. Si on doit voter une loi, je crois que les femmes doivent avoir à l’esprit qu’elles doivent se battre pour accéder aux instances de décision. Aussi, faudrait-il tenir compte de nos réalités endogènes

Propos recueillis par Kola PAQUI (Br/Ouéné-Plataeu)


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