Opportunité de révision de la constitution : 55% de Béninois disent NON

Opportunité de révision de la constitution : 55% de Béninois disent NON

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Promesse de campagne du candidat Patrice Talon, la révision de la constitution est le 1er chantier auquel s’est attaqué le gouvernement de la rupture avec l’installation de la commission Djogbénou. Le Chef de l’Etat avait même annoncé son intention d’aller au bout de cette réforme avant la fin de cette année. Mais depuis que la Commission a déposé son rapport, l’élan du départ n’est plus le même. On sent un relâchement, peut-être à cause de l’opinion publique défavorable. Les Béninois, dans leur grande majorité, trouvent inopportune la révision de la constitution. Cela a été confirmé dans un sondage réalisé au profit de votre quotidien Matin Libre par le cabinet Plus value research and marketing (Pvrm Sarl). 55% des Béninois interrogés sur un échantillon de 609 personnes réparties sur toute l’étendue du territoire national sont contre la révision de la constitution ou, du moins, la trouvent inopportune pour le moment. Ceci vient confirmer le sentiment général des Béninois à l’annonce de cette réforme constitutionnelle et institutionnelle. Il faut rappeler que ce projet a rencontré des résistances même dans le camp de la coalition de la rupture, notamment le point relatif au mandat unique. 6 mois après l’avènement du régime du Nouveau départ, on peut dire que les Béninois n’ont pas changé d’avis. Leurs préoccupations du moment sont ailleurs. Les suppressions avec leur cortège de nouveaux chômeurs, les réformes du préfet du Littoral Modeste Toboula qui en rajoutent aux difficultés des populations, la morosité économique, la mévente suite à la dépréciation du naïra, etc. sont autant de problèmes dont la résolution préoccupe plus les populations qu’un projet de réforme constitutionnelle.

9 départements sur 12 sont antirévisionnistes

Alibori (78%), Plateau (67%), Atacora (65%), Zou (59%), Donga (59%), Mono (56%), Borgou (55%), Atlantique (54%) et Ouémé (53%) sont les neuf départements hostiles à toute révision de la constitution sur les 12 que compte le Bénin. Dans ce lot figurent deux départements, le Zou et l’Atlantique qu’on peut qualifier de fiefs du président Patrice Talon selon les statistiques de la présidentielle de 2016. De même dans les Collines fief de l’ancien Chef d’Etat Boni Yayi, les populations sont favorables à la révision à hauteur de 61% contre 66% dans le Littoral et 63% dans le Couffo. On peut donc en déduire que l’idée d’une révision de la loi fondamentale n’emballe pas les Béninois qu’ils soient pour ou contre le régime de la Rupture. De même, le sondage révèle que 60% des antirévisionnistes ont entre 35 et 60 ans. On pourrait dire que cela dénote d’une maturité et d’une expérience qui confèrent à cette catégorie de personnes une capacité d’analyse des sujets d’une grande préoccupation. Mais d’un autre côté cet argument est battu en brèche par le fait que parmi ses 60%, il y a plus de femmes ménagères, d’artisans et acteurs du secteur agricole. C’est dire que même dans les coins les plus reculés, les populations ont leur avis sur les sujets qui font polémiques.

B.H

Le peuple a faim…

Alors que la nécessité de réviser la Constitution se fait de plus en plus sentir, la majorité des Béninois trouve inopportun le projet de grandes réformes proposé par Patrice Talon. Selon l’étude réalisée par le cabinet  Plus value research and marketing, 55% des Béninois  n’apprécient pas les propositions faites par le Chef de l’Etat. Pour eux, il y a d’autres priorités. Evidemment, la situation socio-économique nationale est invivable. Les Béninois tirent le diable par la queue. Ils sont nombreux à se plaindre de la morosité économique. Il faut noter que le Bénin est touché par la crise du Naira et la récession économique que connaît le Nigéria. La dévaluation du Naira décourage les opérateurs économiques nigérians à s’approvisionner au Bénin. Ils devront désormais dépenser davantage. Outre la filière des véhicules d’occasion qui tourne pratiquement au ralenti, les revendeurs béninois n’écoulent plus les   produits alimentaires comme le riz, le maïs ou encore la volaille. Faute d’acheteurs. Il y a une mévente généralisée. De nombreux jeunes sont au chômage, les activités nourries par la filière des véhicules d’occasion ayant disparu.  Par ailleurs, certaines réformes initiées pour renforcer la sécurité à Cotonou, la plus grande ville commerciale du Bénin, ont influencé les activités économiques. Depuis le mois de juillet, un arrêté préfectoral réglemente la circulation des  engins à deux roues dans la zone commerciale. Par cet arrêté, le préfet du département du Littoral, Modeste Toboula interdit, jusqu’à nouvel ordre, à tout engin à deux roues, l’entrée dans le centre commercial, allant de la rue Mtn-Notre Dame jusqu’à l’immeuble Mawulé. Des petits revendeurs occupant les voies publiques devront aussi être dégagés dans les prochains jours. Le ministère du Cadre de vie s’est engagé à déplacer lesdits occupants se trouvant aux abords de l’axe carrefour Lègba - carrefour Saint Michel (Cotonou). Et ce, alors que les fêtes de fin d’année seront célébrées dans moins de deux mois. La situation est bien complexe. Ces vendeurs risquent de faire moins de chiffres d’affaires. Il y a  d’ailleurs des signes annonciateurs : à mi-novembre, les vendeurs n’ont pas encore lancé les ventes promotionnelles. Le peuple souffre. Il ne peut que juger malvenu le projet de réformes constitutionnelles de Patrice Talon.

A.S


Matin Libre

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