Nominations à de hautes fonctions:Yayi viole des principes admis

Nominations à de hautes fonctions:Yayi viole des principes admis

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Alors qu’il était absent du territoire national, le chef de l’Etat sortant, le président Yayi Boni, a nommé hier lundi 22 mars 2016, le député Marcel Alain de Souza au poste de commissaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Ce précédent est en violation avec les principes universellement admis au niveau des chefs d’Etat.

Le président Yayi Boni fait feu de tout bois. Il ne contrôle plus les actes qu’il pose. En décidant de nommer le député Marcel de Souza aux fonctions de commissaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest, le président sortant a violé les principes universellement admis dans ce domaine. En effet, un chef d’Etat en fin de mandat n’est plus autorisé à procéder à des nominations de fonctionnaires à de hautes fonctions aussi bien, à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Car, dans ces conditions, la jurisprudence voudrait que ce soit le président nouvellement élu qui ait l’occasion de proposer des cadres à nommer. En 2006, alors que le président Mathieu Kérékou était en fin de mandat constitutionnel, et que le poste de président de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) était devenu vacant, l’ancien chef de l’Etat n’avait pu proposer un cadre. Des indiscrétions font savoir que le président Mathieu Kérékou s’apprêtait à officialiser le nom d’un cadre béninois. Mais ses pairs le lui ont déconseillé lui suggérant de laisser le nouveau président élu, Yayi Boni à le faire. Ce principe non écrit voudrait que le nouveau président puisse se sentir concerné par la gestion de l’homme qu’il propose dans les institutions sous régionales. C’est ce qui avait bloqué la proposition par Kérékou d’un cadre à la présidence de la Boad. Alors, le président Yayi Boni avait eu l’opportunité de proposition d’un nom à ce poste. C’est vrai que ses collègues chefs d’Etat de la sous-région n’avaient pas apprécié les noms qu’il avait avancés. Celui de Abdoulaye Bio Tchané avait tacitement reçu l’adhésion des autres présidents. Malgré lui, le président Yayi Boni a été amené à entériner la préférence de ses collègues. Cette préférence était celle de la compétence avérée, parce qu’il revenait de la Direction Afrique du Fonds monétaire international (Fmi). Cependant, il y avait une sorte de caution morale de Yayi Boni sur la nomination de Abdoulaye Bio Tchané. Le même principe devrait être observé en ce qui concerne la proposition d’un cadre béninois au poste de président de la commission de la Cedeao. Yayi Boni devrait laisser son successeur Patrice Talon proposer un nom à nomination. Encore qu’il y avait un fonctionnaire béninois en la personne de Jean Pierre Ezin qui est plus indiqué à assumer cette fonction. Mais pour marquer le coup au professeur Albert Tévoédjrè dont Jean Pierre Ezin est proche, il a été sacrifié sur l’autel des règlements de comptes. Ainsi va le Bénin de Yayi Boni. Mais, tout finira bientôt.

Jean-Claude Kouagou

Actu Bénin

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