Mission de maintien de paix en Côte d’Ivoire:L’Onu menace de retirer les...

Mission de maintien de paix en Côte d’Ivoire:L’Onu menace de retirer les troupes béninoises

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Les relations entre le président de la République, chef suprême des armées et les militaires ne sont plus au beau-fixe. Les soldats et sous-officiers, pour la plupart, ne sont pas contents du traitement qu’ils subissent, depuis peu, de la part de Yayi Boni. Ils se fâchent pour deux raisons principales qui ont engendré d’autres conséquences.

La grogne devient persistante. Hommes de rang et sous-officiers n’arrivent pas à digérer le fait que le président de la République, qui est le chef suprême des armées, garde le silence sur la situation qui a conduit à la tuerie de l’un de leur collègue, il y a quelques mois. Selon ceux qui se sont confiés à nous (dans la discrétion), il est inconcevable qu’on pourchasse un militaire jusqu’à l’abattre, parce qu’il a revendiqué un droit et que le chef de l’Etat n’en dise rien officiellement jusqu’à ce jour. Les militaires en colère disent ne pas comprendre ce qui justifie le silence de Yayi Boni face à une situation du genre alors que des enquêtes pourraient être menées le plus tôt possible pour situer les responsabilités. Les hommes de rang et sous-officiers estiment qu’il s’agit d’une injustice que le chef suprême des armées devait dénoncer et punir. Celui qui a été tué, l’a été pour le bonheur de tous les autres militaires et pour rien au monde, on ne doit se taire définitivement sur une telle situation, selon les soldats. Ils souhaitent que le chef de l’Etat intervienne pour tirer au clair cette situation pour ne pas créer un fossé entre les officiers et leurs subalternes.
L’autre raison qui justifie la grogne des militaires est aussi relative à la gestion des primes des missions de maintien de paix. A ce jour, ce dossier aussi n’est pas vidé. En tout cas, les rappels n’ont pas été faits à tous les niveaux, malgré la revendication qui a coûté la vie à un des leurs.
Ces deux situations continuent de fâcher les militaires qui ne font qu’en débattre à toutes occasions. Ils expriment intérieurement la colère de subalternes « brimés » par des supérieurs hiérarchiques sans aucune intervention.

L’Onu n’est pas d’accord avec le Bénin

Cette situation de primes impayées aux soldats béninois, ayant pris part aux missions de maintien de paix à l’extérieur, prend une allure grave. L’information est remontée au niveau des responsables de l’organisation des Nations Unies (Onu). D’après des personnes proches de cette structure internationale, les dispositions se prennent déjà pour sanctionner l’Etat béninois face à cette situation. Et déjà, on apprend que tous les soldats béninois en poste en Côte d’Ivoire dans le cadre de la mission de maintien de paix seront rapatriés. Nos sources indiquent que tout est prêt et d’ici quelques semaines, le contingent béninois en Côte d’Ivoire va regagner Cotonou, définitivement. La partition du Bénin pour la mission de maintien de paix en Côte d’Ivoire aura été ainsi suspendue. Et la raison n’est rien d’autre que la mauvaise gestion des primes allouées aux soldats.
Cette décision de l’Onu qui sanctionne le Bénin met également fin à une bonne occasion pour les militaires de se faire un peu de bénéfice.

Le Général Awal Bouko Nagnimi s’en va

Les soldats sont en colère et l’Onu met en œuvre ses sanctions contre l’Etat béninois. Pendant ce temps, le Général Awal Bouko Nagnimi, actuel chef d’état major général des forces armées béninoises fait sa valise. Il va quitter la tête de l’armée et passer la main à un autre officier supérieur. D’après nos informations, le Général Nagnimi va faire valoir ses droits à la retraite dès le premier Avril prochain. Yayi Boni aura la chance de nommer un nouveau chef d’état major général des forces armées béninoises six jours avant de quitter le pouvoir.
Pour le moment, nul ne sait ce que le chef de l’Etat prépare. Mais techniquement, celui qui pourra succéder au général Nagnimi est le général Amoussou, actuel chef d’état major de l’armée de terre (Cemat). Il est l’un des rares officiers supérieurs à remplir le critère prépondérant qui participe à la nomination d’un patron des armées. En effet, les textes exigent qu’il faille, entre autres, avoir commandé la plus grande unité de l’armée béninoise, avant de bénéficier de cette nomination.

Abdourhamane Touré

Actu Bénin

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