Mauvaise gestion des entreprises publiques :Le Dg Libercom au cœur d’un scandale

Mauvaise gestion des entreprises publiques :Le Dg Libercom au cœur d’un scandale

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Nommé pour faire aboutir le processus de dénationalisation qui s’enlisait, Idrissou Djima à la tête de Libercom Sa n’a pu apporter des réponses appro-priées au bout de 24 mois de gestion. En lieu et place de solutions, le Directeur général s’apprête à laisser au personnel une maison dont tous les indicateurs sont au rouge avec à la clé un scandale digne d’un « Libercom gate ».

Abusée et bernée au bout de quelques mois de promesses non tenues, un élément du personnel féminin de Libercom Sa n’a pas hésité à partager avec ceux qui la croisent des images obscènes d’une personnalité de premier plan à la tête de ce qui aurait pu être une grande entreprise publique dans le secteur des télécommunications. Une image vidéo d’une obscénité telle qu’elle nous a obligés à voir de près ce qui se passait dans cette institution. La moisson dépasse notre espérance. Aujourd’hui, la gouvernance à la tête de Libercom Sa est marquée par le harcèlement du personnel féminin, des recrutements et missions fantaisistes, des promotions de canapé, des formations sans intérêt pour l’entreprise, des nominations punitives lorsqu’elles ne font pas la promotion des agents soumis ou ayant accepté de jouer le rôle de taupe, etc. Tels sont, à première vue, ce que partagent avec toute personne intéressée les membres du personnel qui résistent encore au diktat de ceux qui tiennent la direction générale de Libercom Sa. Et lorsqu’on pousse les investigations au sein de l’entreprise, la surprise est davantage grande. Avec précision, on se rend à l’évidence que la mauvaise gestion caractéristique est érigée en mode de gouvernance au sein de cette entreprise publique qui cherche désespérément un acheteur privé.

La gestion stricto sensu

Dire que Libercom Sa est en cessation de paiement est peu dire. Car, la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), une entreprise publique, est au fronton de la liste de ses créanciers. La preuve de cette affirmation est que cette dernière n’hésite plus à mettre hors tension les installations de Libercom Sa. L’entreprise n’est pas à jour en ce qui concerne les cotisations sociales. Les fournisseurs en général et ceux ayant assuré des prestations en faveur de Libercom au cours de ces derniers mois sont restés impayés. Pendant ce temps, pour satisfaire les fantasmes de personnes incrédules, Libercom Sa recrute du personnel inutile, orga-nise pour des « agents spéciaux » des formations fantaisistes même au-delà des frontières du Bénin. Pour ce qui concerne les promotions, inutile de faire un dessin. Imaginez que dans cette entreprise, dans un secteur d’excellence qu’est la télécommunication, il est possible de quitter le bas de l’échelle, pendant qu’il y a des personnes qualifiées laissées sur le carreau, pour se retrouver à la tête de la direction du personnel en passant par le poste de chef de protocole en l’espace de quelques mois. Le comble est que tout ceci se fait quasiment avec la bénédiction du Conseil d’administration. Par décence, nous n’aborderons pas ici les contre-performances de l’entreprise au regard de la concurrence dans le secteur.

Menace et intimidation du personnel

Face à ces faits de mauvaise gestion, très peu nombreux sont les éléments du personnel qui réagissaient dans le sens de défendre les intérêts de la maison Libercom Sa. Autrement, tout s’y fait à l’image du comportement des acteurs pu-blics en général au Bénin face aux dérives du régime finissant jusqu’au jour où le peuple a décidé de prendre ses responsabilités. Heureusement pour la nation. Le Directeur général, afin de mieux maîtriser le personnel, a tout simplement mis fin à l’intervention du syndicat d’origine de la maison en installant une organisation syndicale, taillée sur mesure dans le genre « patriote », pour la rendre obéissante en choyant ses responsables quasiment nommés.

Au sein du personnel de Libercom Sa, des tentatives n’ont pas manqué pour résister à l’imposture. Mais celles-ci ont été étouffées sous les menaces écrites et verbales, des intimidations ouvertes en réunion comme au drapeau, etc. Pendant ce temps, les dociles sont promus et bénéficient d’avantages divers. Toutes choses mises en œuvre pour décourager à jamais ceux qui osent défendre les intérêts de l’entreprise. Pire, le Directeur général ne cessait d’arguer que son candidat sera bientôt élu à la tête du pays et qu’il sera davantage puissant pour en finir avec les insoumis et réactionnaires.

Le cas Libercom Sa est aujourd’hui la face cachée de l’iceberg dans l’océan dans lequel le régime de Patrice Talon aura la charge de conduire le navire Bénin au cours de ces cinq prochaines années. Peut-être qu’à Libercom Sa ce qui se passe est de loin minime comparé aux dérives qui marquent la gestion d’autres entreprises publiques pendant les dix dernières années. Nous y reviendrons pour la gouverne du « Nouveau départ ».

Abdourhamane Touré


 

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