Manœuvres politiques:Les illusions de Yayi pour 2021

Manœuvres politiques:Les illusions de Yayi pour 2021

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Revenir à la Marina un jour. Pourquoi pas ? L’ex-chef de l’Etat Yayi Boni y croit fermement. Dans cette perspective de 2021, il se bat comme un beau diable pour donner un nouveau souffle à son premier soutien, les Fcbe plus que jamais agonisantes. Au même moment, il orchestre diverses manœuvres pour faire échec aux réformes institutionnelles et politiques engagées par Patrice Talon, l’actuel président de la République.

L’un des sujets soumis à la révision est justement d’empêcher tout ancien chef d’Etat de se représenter à une élection présidentielle.
Derrière ses lunettes teintées toujours fixées sur son visage depuis qu’il a quitté les affaires, l’ex-chef de l’Etat Yayi Boni est encore loin d’une retraite politique. Celui qui avait promis qu’après le pouvoir, il se consacrera à l’évangélisation, ou qu’il rêve d’une carrière internationale, laisse plutôt échapper des rumeurs sur ses intentions de revenir à la tête de ce pays en 2021. C’est un personnage qu’il n’est plus loisible de présenter. Tout le monde le connait. C’est un animal politique dont il faut beaucoup se méfier, ont souvent confié ses proches. Même ses adversaires ne l’ignorent point. Après avoir tenté de soulever une partie du pays contre le nouveau régime, et après avoir quémandé sa liberté à Abidjan auprès de son successeur en présence des présidents ivoiriens et togolais, Yayi Boni a une autre idée derrière la tête. C’est de reconquérir le pouvoir sur la même pelouse, c’est-à-dire la voie des urnes par laquelle il est venu et reparti. Revoilà Yayi Boni, dans un optimiste béat se faire des illusions sur le fait qu’il peut faire le même coup que Feu Général Mathieu Kérékou, qui ayant perdu l’élection en 1991 face à Nicéphore Soglo, a pris sa revanche en 1996 par la voie des urnes. Yayi Boni compte sérieusement exploiter des erreurs de Patrice Talon pour revenir le défier, car n’ayant jamais digéré que ce soit son ennemi juré, qui ait étouffé son plus ancien rêve, celui de s’éterniser au pouvoir. Le temps des rumeurs passera et l’homme lèvera le suspense sur cette candidature si la constitution ne l’empêche. La volonté de se représenter existe. Il reste les questions liées à la stratégie. Avec quels soutiens et moyens peut-il aller à la reconquête du pouvoir sans prendre le risque de subir un nouvel échec devant la machine qu’imposera son ennemi en 2021 ?

Un front anti-Talon

Ceux qui suivent ce qui se passe sur les réseaux sociaux ont compris que la première opposition aux actions du président Patrice Talon est animée par des internautes qui tirent à boulets rouges et sans objectivité sur le régime du Nouveau départ. Ils animent une fronde dont le but est de s’attaquer aux actions que pose le gouvernement du nouveau départ. Ce sont des mercenaires à la solde de l’argent et aux ordres des barons du régime défunt qui n’ont jamais digéré leur défaite en mars dernier. Des groupes constitués opèrent sous le couvert de cellules de communication ayant reçu comme consigne de salir le nom du chef de l’Etat. La plupart de ces cellules ont fonctionné avant et pendant l’élection présidentielle. Après quelques jours de congés, elles ont repris du poil de la bête. Mais elles ont du mal à aborder, dans leur campagne de médisante et de calomnie, les sujets qui trouvent écho dans l’opinion publique, certes impatiente, mais compréhensive à l’égard d’un régime qui doit tracer un nouveau chemin de fer pour bien gouverner. Cela prendra du temps, mais le pays gagnera en y arrivant.

Maintenir les groupes parlementaires

En envisageant qu’il pourrait revenir en 2021, le chef de l’Etat essaie de redonner couleur aux Fcbe sans le soutien desquelles, son rêve ne sera qu’illusion. Il veut d’abord miser sur les groupes parlementaires qui l’ont soutenu jusqu’à la fin de son mandat. Alors qu’ils sont menacés d’éclatement, Yayi Boni joue son va-tout pour qu’ils soient conservés. Parfois, c’est à coup d’argent que les députés sont priés de ne pas démissionner de leur groupe parlementaire. Derrière ses manœuvres, on cite avec insistance le nom de l’ex-chef de l’Etat. Sa stratégie consiste à remobiliser toute la famille Fcbe derrière lui afin qu’il continue d’en garder les commandes et l’utiliser comme une force d’opposition qui peut faire dérailler le nouveau président. Mais, s’enfermant souvent dans ses illusions, il a oublié qu’avant même qu’il ne quitte le pouvoir, le déluge avait commencé dans son entourage. Aujourd’hui, les choses vont de mal en pire. Le régime du Nouveau départ a déjà enregistré de nombreux soutiens qui, jadis, étaient les boucliers de Yayi Boni. A l’Assemblée nationale, les députés qui étaient acquis à sa cause dont un certain Rachidi Gbadamassi ne dansent plus au rythme de la même musique que lui et pour la plupart, ils ont manifesté leur désir à accompagner le Nouveau départ. Une raison supplémentaire pour se convaincre que l’entreprise cynique et la foi machiavélique de Yayi Boni portent en elles les germes d’un échec lamentable.

Faire échec à la modification de l’article 44 de la Constitution

Tous les jours que Dieu fait, l’ex-chef de l’Etat consulte les astres et il lui a été révélé que les réformes institutionnelles et politiques seront le premier obstacle à la réalisation de son rêve. La Commission technique installée pour faire avancer ce projet de réformes devrait aboutir à des résultats dans le but d’introduire dans la constitution un mandat unique dont la durée sera précisée. Une fois son mandat exécuté, la loi ne permettra plus à un ancien président de revenir au pouvoir à la Poutine après avoir positionné un partisan crédible. L’article 44 de la constitution du 11 décembre édicte les conditions d’éligibilité à la fonction du président de la République. En plus des dispositions qui existaient, elles seront complétées par ce verrou qui exclut la candidature de tout ancien président de la République. C’est une promesse faite par le président de la République, et il l’a même consignée dans les sujets soumis à la Commission Djogbénou. Laquelle est de cet avis et y travaille. Seulement, au sein de cette commission, on note quelques oppositions à cette réforme. Dans ce débat de haut vol, les arguments des partisans de l’ex-chef de l’Etat plaident en faveur de la mise à l’écart de cette nouveauté. Selon nos informations, ce discours est une confidence faite par Yayi Boni à ses proches. Et puis ils soutiennent que si la partie concernant les anciens chefs de l’Etat était introduite, cela suppose que c’est une nouvelle république et donc on remet le compteur à zéro. Toutes ces prises de positions concourent à préparer le terrain pour Yayi Boni. Mais ils sont plus nombreux à soutenir que ce critère soit introduit dans la nouvelle constitution. Dans ces conditions, l’ex-chef de l’Etat, qui est né le 1er juillet 1952, ne pourra plus partir à la reconquête du pouvoir. Son plan B, c’est alors de se présenter aux élections législatives de 2020, puis plus tard aux municipales. Diriger la ville de Parakou, l’une de ses dernières batailles.

FN

Actu Bénin

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7 COMMENTAIRES

  1. article assez intéressant sauf que tous ces plans de l’ex Président semble avoir la mémoire courte.Yayi n’est pas Kerekou et même si le frère Melchior disposait encore de toutes ses facultés,le peuple Béninois est mûr et ne se laissera plus distraire aussi facilement. Conseillons à Yayi de se replier sur sa ferme de Tchourou. À ce niveau il pourrait encore se rendre utile.

  2. on ne peut jamais refuser quelqu’un de rver, le peuple est l et s’il ne se cache pas on va le faire cacher (yayi boni)

  3. Non ne rêvez pas mes gars yayi revenir ce ne serait pas au BENIN peut être ailleurs. Il a fini avec le pouvoir au BÉNIN,donc bon repos à lui sans tapage

  4. Ci même loin du pouvoir l’ancien président est craint au point qu’on continue d’écrire des articles du genre sur lui ça veut dire qu’il n’est pas n’importe qui. Bravo Yayi mais je souhaiterais qu’on le laisse se reposer un peu par ce que ça ne sert plus à rien de continuer à le saboter.

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