Malgré son taux de chômage élevé, le Bénin importe de la main...

Malgré son taux de chômage élevé, le Bénin importe de la main d’œuvre.

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Aussi insolite que cela puisse paraître, c’est pourtant la triste réalité qui confonde les macro-économistes et les sociologues béninois depuis maintenant quelques mois pour ne pas dire depuis quelques années : Le Bénin, un des pays qui a un fort taux de chômage, importe de la main d’œuvre pour ses activités agricoles.

Selon les enquêtes réalisées sur la période de Mars à Décembre 2015 par le cabinet « Primus Group » du professeur Lionel Césaire Amoussou, l’importation au Bénin de la main d’œuvre du Togo par certaines unités de production de produits vivriers et maraîchers remonte dans les années 2003 – 2004.

Toujours selon les résultats de l’enquête, le phénomène est principalement observé pendant la période de l’atténuation progressive des effets des mesures restrictives imposées par le Nigéria – stabilisation du naira et du cours du dollar par rapport à l’euro – sur les activités d’exportation et de réexportation béninoises et la mise en œuvre des mesures du gouvernement du feu Général Mathieu Kérékou pour relancer la compétitivité de l’économie béninoise.

Cette période s’est vue accroître l’exportation de produits agricoles du Bénin vers le Nigéria et l’augmentation exponentielle du nombre de conducteurs de taxi moto dans les grandes villes du pays. Pour le professeur Amoussou, cet état de chose s’explique par l’abandon, par les jeunes, des activités agricoles au profit du commerce ou les services en général.

Mais, malgré que le Bénin forme chaque année des dizaines de centaines d’agronomes toutes catégories confondues dans six Lycées Agricoles (Sékou, Adja Wèrè, Adjahonmè, Akodéha, Pobè et Natitingou), une Université d’Agriculture (l’Université d’Agriculture de Kétou – UAK) et de facultés d’agronomie dans les universités d’Abomey Calavi et de Parakou, le phénomène continue et s’étend davantage.

En effet, de petites unités de production agricole situées dans les campagnes du pays font de plus en plus recours aux structures spécialisées dans l’importation de la main d’œuvre du Togo pour satisfaire leur besoin pendant que les jeunes s’entassent dans les villes pour crier au chômage. Cela explique, en partie, l’échec des politiques de relance du secteur primaire béninois et des plans stratégiques de réduction du chômage mis en œuvre par les gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays depuis 2001.

Sauf erreur d’appréciation, les jeunes béninois instruits dont la majorité est accro à la bureaucratie et à la politique politicienne (les deux étant intimement liées), manquent autant de repères que d’inspirations pour faire face aux défis socio-économiques contemporains liés aux contextes du Bénin, de la sous-région et de l’Afrique toute entière qui se dressent devant eux.

Benin web TV

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  1. Tant que le secteur des Zmidjans et celui de l’essence frelate seront d’actualits, la main d’oeuvre extrieure sera toujours sollicite car les bninois de ces secteurs estiment que les travaux champtres sont trop pnibles.

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